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mercredi 2 juillet 2025

Time Fades Away


Time Fades Away
 
Neil Young
 
1 - Time Fades Away (Neil Young) 5:36
2 - Journey Through The Past (Neil Young) 3:19
3 - Yonder Stands The Sinner (Neil Young) 3:17
4 - L.A. (Neil Young) 3:11
5 - Love In Mind (Neil Young) 1:58
6 - Don't Be Denied (Neil Young) 5:16
7 - The Bridge (Neil Young) 3:05
8 - Last Dance (Neil Young) 8:47
 

Time Fades Away
Musicien : Neil Young
Parution : 15 octobre 1973
Enregistré : 11 février 1973 – 01 avril 1973
Durée : 34:33
Genre : Country Rock
Producteur : Neil Young, Elliot Mazer
Label : Reprise Records
 
Musiciens :
Neil Young : chant, guitare (1, 3, 4, 6, 8), basse (4), piano (2, 5, 7), harmonica (1, 7)
Ben Keith : guitare pedal steel (4, 6, 8), guitare slide (1, 3), chœurs (1)
David Crosby : guitare (3), chant (3, 8)
Tim Drummond : basse (1, 3, 6, 8)
Jack Nitzsche : piano (1, 3, 4, 6, 8), chœurs (6)
Graham Nash : orgue, chant (8)
Johnny Barbata : batterie (1, 3, 4, 6, 8)
 
Mon avis :
 Avant toute chose, je crois qu'un avertissement à destination du lecteur est de mise. Time Fades Away est véritablement un disque à part dans la longue carrière du Canadien, qu'il faut absolument replacer dans son contexte pour comprendre son contenu et la polémique qu'il suscite. L'histoire commence à l'automne 1972. Fort du succès de son désormais mythique Harvest, Neil Young planifie une tournée immense, prévoyant même d'aller jusqu'en Europe. Il convie Danny Whitten à prendre part à celle-ci, mais, lors des préparatifs, les choses tournent court. Abimé par sa surconsommation de drogues en tout genre, Danny est incapable de jouer le moindre morceau dans son intégralité. Furieux devant l'incapacité de son guitariste à faire son boulot convenablement, Neil le congédie avec 200 dollars et un billet d'avion pour L.A. pour seul salaire. Le lendemain, le 18 novembre 1972, Neil est frappé de plein fouet par l'atroce nouvelle: Danny Whitten est mort d'overdose. Inconsolable, se sentant entièrement responsable de la mort de son ami, le Loner noit son chagrin dans l'alcool et pète littéralement les plombs. Dés le début, la tournée est chaotique. Fortement imprégné de Tequila, Neil exaspère son groupe et le public qui, soir après soir, manifeste sa désapprobation et son incompréhension face à l'attitude du chanteur qui ne ressemble en rien au campagnard de Harvest et qui interprète mal les morceaux de son dernier album, considéré, déjà à l'époque, comme son meilleur. De plus, les nouvelles compositions ne plaisent pas : trop bancales, trop sales. Le nouveau son adopté par le groupe (plus lourd, avec quelques réminiscences hard qui rappellent par moments le Crazy Horse) est lui aussi sujet à de fortes critiques de même que le chant éraillé du canadien. Vers la fin janvier, Kenneth Buttrey, le batteur de la formation, en a assez et claque la porte. Il sera remplacé par Johnny Barbata qui assurera le reste de la tournée avec les Stray Gators. Sont également appelés en renfort David Crosby et Graham Nash pour palier à la défaillance vocale de Neil Young. Mais les choses continuent à se gâter immanquablement, la tension entre les musiciens est palpable (Jack Nitzsche aurait même profité du fait que son micro soit éteint pour proférer des insanités sur scène). Le calvaire prend finalement fin au Salt Palace Arena de Salt Lake City, après quoi les Stray Gators arrêteront la tournée, rayant du calendrier les dates européennes. De son côté, Neil Young reprendra le chemin des clubs à partir d'août 1973, en compagnie des Santa Monica Flyers (la section rythmique du Crazy Horse augmentée de Nils Lofgren) et ce jusqu'en novembre dans le but de présenter au public son prochain album, un certain Tonight's The Night... Time Fades Away n'est pas l'enregistrement d'un seul et même concert. Tous les morceaux (sauf deux) sont issus de bandes différentes. Leur seul point commun est d'être issus de la même tournée et de ne pas posséder de version studio. Vous comprendrez donc le désappointement des fans à la sortie de l’album, eux qui rêvaient d'un sublime Heart Of Gold ou d'un The Needle And The Damage Done poignant. Pourtant, malgré (ou à cause de) leur côté cradingue, toutes les compositions présentes sur ce live sont de purs joyaux. Time Fades Away ouvre le bal avec sa basse puissante, son piano sautillant et ses guitares tranchantes. Neil s'y montre ironique, voir acerbe et chante à s'en déchirer les cordes vocales (une infection de la gorge n'allait d'ailleurs pas tarder à lui tomber dessus). Dans le même registre on pourra également citer l'excellent Younder Stands the Sinner, le mélancolique L.A., le sublime Don't Be Denied avec sa guitare écorchée et enfin l'immense Last Dance qui clôture à merveille le disque. Du côté des ballades, on est servi avec Journey Through The Past (écrite à l'origine pour figurer dans le film du même nom), Love In Mind et The Bridge, toutes trois magnifiquement interprétées au piano. Malgré cela, l'accueil fut peu chaleureux, l'album n'atteignant que la vingt-deuxième place au Billboard. A ce jour, il reste le plus méconnu du Canadien et également celui que ce dernier aime le moins. De plus, on le considère comme le premier volet de ce qu'on appelera la Ditch Trilogy, ce tryptique composé de Time Fades Away, On The Beach et Tonight's The Night et qui correspond à la période dite sombre du Canadien. Est-ce la raison pour laquelle il fallut attendre des décennies et l’année 2022 pour avoir droit à une réédition en CD ? Possible, fort possible… Toujours est-il que Time Fades Away est devenu, avec le temps, une véritable relique pour la plupart des fans, leur Saint Graal. Il est vrai qu'on ne peut pas lui reprocher grand' chose (un manque d'unité éventuellement, une trop courte durée comparativement aux concerts donnés à cette époque) et qu'il justifia, pendant longtemps, à lui seul, l'achat d'une platine vinyle. Croyez-moi, le jeu en valait largement la peine...
 

Points Positifs
 :
- Un des plus grands albums de Neil Young et, en tous cas, son meilleur album live, ce, sans discussion possible. Il faut dire que cet opus maudit, décrié par bien des fans et qui fut, pendant des décennies, totalement introuvable puisqu’il fallut attendre 2022 pour avoir droit a une version CD, est un must absolu, un truc énorme, qui transpire la crasse et la mort, ouvrant le bal, de fort belle manière, de la somptueuse Ditch Trilogy.
- Pour ce qui est des compositions présentes dans cet opus et qui, pour la petite histoire, n’existent pas en version studio, force est de constater que celles-ci sont excellentes voir flirtent même avec le sublime ? Ainsi, entre Time Fades Away, Younder Stands the Sinner, Don't Be Denied et le grandiose Last Dance qui clôture en beauté le bal, nous flirtons tout simplement avec l’excellence. Quand aux ballades, comme Journey Through The Past, elles ne sont pas en reste.
- Neil Young chante comme s’il allait s’écrouler à tout instant et sa voie est plus éraillée que jamais, sans occulter le fait qu’il est fortement alcoolisé, cependant, comment ne pas reconnaitre que le Loner flirte avec le divin, mettant alors toutes ses trippes dans ses compositions !?
- Une pochette simple mais qui n’en reste pas moins efficace.
 
Points Négatifs :
- Bien entendu, Time Fades Away est un album oh combien clivant, y compris, parmi les fans de Neil Young, et ce, depuis sa sortie. Il faut dire que cet opus, sale, sans compromis, avec un Loner en pilotage automatique, en aura perturbé plus d’un et s’avère être à mille lieux du nettement plus tranquille Harvest
- Dire qu’il aura fallut attendre environ un demi-siècle pour avoir droit à une version CD de ce chef d’œuvre absolu !
 
Ma note : 9/10

mardi 24 juin 2025

Harvest


Harvest
 
Neil Young
 
1 - Out on the Weekend (Neil Young) 4:35
2 - Harvest (Neil Young) 3:03
3 - A Man Needs a Maid (Neil Young) 4:00
4 - Heart of Gold (Neil Young) 3:05
5 - Are You Ready for the Country ? (Neil Young) 3:21
6 - Old Man (Neil Young) 3:22
7 - There's a World (Neil Young) 3:00
8 - Alabama (Neil Young) 4:02
9 - The Needle and the Damage Done (Neil Young) 2:00
10 - Words (Between the Lines of Age) (Neil Young) 6:42
 

Harvest
Musicien : Neil Young
Parution : 14 février 1972
Enregistré : janvier 1971 – septembre 1971
Durée : 37:10
Genre : Country Rock
Producteur : Neil Young, Elliot Mazer, Jack Nitzsche, Henry Lewy
Label : Reprise Records
 
Musiciens :
Neil Young : chant, guitare, harmonica
Ben Keith : guitare Steel
Kenny Buttrey : batterie
Tim Drummond : basse
Jack Nitzsche : piano, guitare slide et arrangements (3 & 7)
Linda Ronstadt : chant (4 & 6)
James Taylor : chant (4 & 6)
David Crosby : chant (5 & 8)
Graham Nash : chant (5 & 10)
Stephen Stills : chant (8 & 10)
John Harris : piano (2)
London Symphony Orchestra: orchestre (3 & 7)
 
Mon avis :
 Paru en février 1972, il y a un peu plus d’un demi siècle déjà, Harvest est le quatrième album solo de Neil Young et, sans nul doute, l’un de ses plus connus si ce n’est le plus célèbre de sa très longue discographie. Ce qui est sûr, c’est que ce fut avec cet opus que le canadien connu ses plus grands succès et, accessoirement, son seul numéro un de sa carrière, je veux, bien entendu, parler de l’excellent Heart of Gold. Du coup, cet état de fait aura fait dire à certains que ce disque est trop commercial, que Neil Young aura accepté de se renier pour une musique bien plus commerciale, plus consensuel, ce qui est, de mon point de vu, un peu idiot : ainsi donc, pour être crédible, un artiste se devrait d’être maudit tout le temps, de ne connaitre que des échecs ou, du moins, que de piètres succès d’estimes ? Que je sache, je pense que les membres du Velvet Underground auraient préféré en vendre davantage des albums, non ? Et puis, si c’est pour mettre en avant des musiciens obscurs, que personne ne connait et qui n’ont jamais fait grand-chose d’important, au temps pour moi. Et puis, ces mêmes personnes ont tendance à oublier que Neil Young, à l’époque, ce n’était pas non plus n’importe qui et que, s’il n’atteint jamais l’aura des Beatles ou des Stones, le bonhomme, de par son appartenance a Crosby, Stills, Nash & Young était lui aussi une star, certes, à une époque où ces dernières étaient légions mais une star quand même. De plus, le canadien a souvent, au gré de ses albums et de ses collaborations, souvent alternés les genres, passant des disques plus calmes a d’autres, autrement plus violents, plus rocks, alors, qu’Harvest ne le soit pas, c’est un fait, mais prétendre qu’il soit commercial, cela, en toute franchise, non. Victime à l’époque de grave problèmes de dos qui l’empêchaient de trop forcé et donc, de ne presque pouvoir pas utiliser sa guitare électrique, Neil Young, que l’on connaissait donc bien plus violent, nous offre donc avec Harvest ce que l’on peut appeler sans problèmes une véritable petite perle musicale, un classique du genre, un chef d’œuvre absolu comme on il y en avait bon nombre à l’époque, et quasiment plus de nos jours. Disque campagnard s’il en est, Harvest fait partie de ses rares albums que l’on peut écouter tranquillement chez soi, la nuit – il ne réveillera pas les voisins – ou au bord d’une voiture, traversant les grands espaces américains avec une clope au bec et la main sur le volant. Un disque calme, ou prédomine la guitare acoustique, et où la majeure partie des titres sentent bon la country, genre souvent tourner en dérision de nos jours, mais dont l’importance dans l’histoire de la musique est indéniable – après tout, le rock, c’est le mélange du blues et de la country. Un disque d’où sortent des titres tout bonnement prodigieux, comme, pour ne citer que mes préférés, Heart of Gold, bien entendu, mais aussi Harvest, le sublime Old Man que je ne me lasse jamais d’écouter et, comment ne pas le citer, l’excellent Alabama – bien plus électrique – chanson musicalement parfaite en soi, mais avant tout, joli petit brulot contre le sud profond raciste qui nous rappelle le déjà sublime Southern Man paru dans l’album précédant, After the Gold Rush, et qui valut a Neil Young la non moins célèbre réplique de la part du groupe de rock sudiste Lynyrd Skynyrd : Sweet Home Alabama – probablement à prendre moins au premier degré que la légende ne le laissait sous-entendre, Young et Ronnie Van Zant s’appréciant davantage qu’on aurait pu le croire. Harvest est sorti il y a cinquante-trois ans déjà, et, malgré les décennies, force est de constater qu’il n’a rien perdu de son charme, de son intensité et de son intrinsèque valeur musicale. Probablement curieux pour une oreille jeune, de nos jours, il ne s’en avère pas moins comme étant un véritable petit bijou et peut être, comme je vous l’ai déjà dit, considéré comme étant un pur chef d’œuvre. Bien évidemment, Neil Young ne se limita pas à Harvest et sa longue et éclectique carrière est là pour nous le prouver, mais bon, ceci est déjà une autre histoire dont je vous raconterais, naturellement, la suite… 
 

Points Positifs
 :
- Le plus grand album de Neil Young, son chef d’œuvre incontestable, un truc énorme qui nous prouvait, définitivement, tout l’immense talent du canadien – au point même de traumatiser un certain Bob Dylan mais ceci est une autre histoire. Il faut dire que Harvest, résolument country, est un pur joyau du genre mais aussi, un incontournable de la musique populaire de la fin du vingtième siècle.
Heart of GoldOld ManOut on the WeekendThe Needle and the Damage DoneAre You Ready for the Country ?Harvest et, bien évidement, l’excellent Alabama sont des titres majeurs, de pures merveilles, cependant, le reste de l’album mérite largement le coup également.
- Une fois de plus, Neil Young a sut s’entourer d’une belle petite flopée de musiciens. Petite mention spéciale a la belle Linda Ronstadt qui l’accompagne au chant sur Heart of Gold et Old Man.
- Nettement plus acoustique qu’électrique, Harvest est un album calme, tranquille, qui dénote peut-être un peu au sein de la longue discographie de Neil Young, cependant, il n’en reste pas moins excellent et, au demeurant, parfaitement en adéquation avec ce que nous propose le Loner depuis les débuts de sa carrière.
- Une pochette simple mais néanmoins réussie.
 
Points Négatifs :
- A moins d’être totalement allergique a la country music, je ne vois pas ce que l’on peut reprocher a cet album, mais bon, c’est une possibilité et même certains fans de Neil Young préfèrent celui-ci lorsqu’il est plus énervé, plus électrique…
 
Ma note : 9,5/10

jeudi 19 juin 2025

After the Gold Rush


After the Gold Rush
 
Neil Young
 
1 - Tell Me Why (Neil Young) 2:54
2 - After the Gold Rush (Neil Young) 3:45
3 - Only Love Can Break Your Heart (Neil Young) 3:05
4 - Southern Man (Neil Young) 5:41
5 - Till The Morning Comes (Neil Young) 1:17
6 - Oh, Lonesome Me (Don Gibson) 3:47
7 - Don't Let It Bring You Down (Neil Young) 2:56
8 - Birds (Neil Young) 2:34
9 - When You Dance I Can Really Love (Neil Young) 3:44
10 - I Believe in You (Neil Young) 2:24
11 - Cripple Creek Ferry (Neil Young) 1:34
 

After the Gold Rush
Musicien : Neil Young
Parution : 10 août 1970
Enregistré : août 1969 – juin 1970
Durée : 35:10
Genre : Country, Folk, Rock
Producteur : Neil Young, David Briggs, Kendall Pacios
Label : Reprise Records
 
Musiciens :
Neil Young : guitare, harmonica, piano, vibraphone et chant
Danny Whitten : guitare, chant
Ralph Molina : batterie, chant
Billy Talbot : basse
Nils Lofgren : piano, chant
Jack Nitzsche : piano
Greg Reeves : basse
Stephen Stills : chant
Bill Peterson : bugle
Susan Young : Patches
 
Mon avis :
 Sacré Neil Young qui, malgré le temps qui passe et qui ne semble pas avoir de prise sur lui, a su rester fidèle à sa légende, celle d’un vieux baroudeur solitaire, alternant les divers styles musicaux avec autant de talent, que cela soit en solo, ou avec les divers groupes dont il s’est entouré au cours d’une longue et fructueuse carrière : Crazy Horse bien sur, compagnons fidèles, mais aussi Crosby, Stills & Nash voir Pearl Jam, en 1995 et Promise of the Real plus récemment. Bien évidemment, ceux qui me connaissent savent que je suis fan du Loner, une petite passion qui dure depuis presque trente ans déjà et dont je ne me lasse pas, comme cet After the Gold Rush, troisième album du canadien et véritable petit bijou dont je vous parle à présent. Tout d’abord, à l’époque où sorti cet album, il est amusant de rappeler que Young était engagé auprès de son vieux compère, Stephen Stills dans le super groupe CSN&Y (le Y s’étant logiquement ajouté), tout en ayant souhaité conservé son indépendance (on ne se refait pas lorsque l’on est un solitaire) afin de pouvoir poursuivre une carrière solo qui s’annonçait plus que prometteuse mais également (et surtout), pour ne pas tomber dans le piège d’appartenir à un groupe dont il ne serait que l’un des membres. A l’époque, en 1969, 1970, cela aurait put paraître être un pari osé, cependant, très rapidement, l’avenir donnera raison à Young qui poursuivra son envol tandis que ses collègues resteront sur le bas coté. Et justement, After the Gold Rush sorti au même moment que Déjà Vu, nous montre que le Loner avait bien vu son coup. En effet, si dans l’album de CSN&Y, il était évidant que Young était au-dessus du lot, avec ce troisième opus, c’est encore plus flagrant, a croire qu’il gardait ses meilleures productions pour lui – ce dont il n’avait pas forcement tord au vu du résultat. Car After the Gold Rush est, incontestablement, un excellent album, riche, complet, pourvu de très bons titres où l’on retrouve un Neil Young en grande forme, que cela soit sur des chansons qui tendent vers la country, le rock, voir même la pop comme le décalé When You Dance I Can Really Love qui me donne toujours, a chaque fois que je l’écoute, une folle envie de danser (moi qui suis un gros navet question danse). Et si, dans un registre différent, des titres comme Tell Me WhyAfter the Gold Rush ou I Believe in You sont parmi mes préférés de l’album, il est incontestable que le grand moment de celui-ci est le fantastique et rageur Southern Man, véritable brûlot contre le sud profond, l’esclavage et la ségrégation qui est tout bonnement, a mon avis, l’un des rocks les plus réussis de l’Histoire de la musique, un vrai chef d’œuvre. Bref, vous l’avez compris, pour son troisième essai, Neil Young nous offre là un sans faute quasi parfait, que tout amateur de rock se doit d’écouter, au moins une fois dans sa vie.
 

Points Positifs
 :
- La confirmation, indéniable, de tout le talent de Neil Young. Il faut dire que, avec ce troisième opus, le Loner nous prouvait, une fois de plus, à quel point il excellait à merveille, ce, niveau composition comme musicalement, ce qui donne un album franchement bon qui n’est peut-être pas un chef d’œuvre absolu – ceux-ci arriveront très bientôt – mais qui n’en reste pas moins comme étant un incontournable pour les fans.
Southern Man bien sur, sans nul doute l’une des plus grandes chansons de Neil Young et, accessoirement, son titre le plus puissant et, bien entendu, le plus marquant de cet opus. Véritable brulot anti-sudiste, il donne encore, un demi-siècle plus tard, de l’urticaire aux nostalgiques de la Confédération…
Tell Me WhyAfter the Gold RushI Believe in You, When You Dance I Can Really Love voir la reprise de Oh, Lonesome Me, nous avons droit à quelques titres majeurs dans cet opus.
- Musicalement, le Loner est en grande forme et comme il est accompagné par son Crazy Horse ainsi que par tout un tas de musiciens talentueux – dont un certain Stephen Stills – le résultat est, bien entendu, à la hauteur de nos attentes.
- Une pochette simple, certes, mais plutôt réussie.
 
Points Négatifs :
- Moins marquant que Everybody Knows This Is NowhereAfter the Gold Rush souffre un peu de la présence de titres un peu plus moyens que d’habitude. Certes, dans l’ensemble, ceux-ci ne sont pas très nombreux – et, qualitativement parlant, cela reste supérieur à une bonne partie de la concurrence – mais bon, en comparaison de ces quelques chefs d’œuvres qui viendront par la suite, on ne peut pas les occulter…
 
Ma note : 8/10

mardi 10 juin 2025

Everybody Knows This Is Nowhere


Everybody Knows This Is Nowhere
 
Neil Young
 
1 - Cinnamon Girl (Neil Young) 2:58
2 - Everybody Knows This Is Nowhere (Neil Young) 2:26
3 - Round & Round (It Won't Be Long) (Neil Young) 5:49
4 - Down By The River (Neil Young) 9:13
5 - The Losing End (When You're On) (Neil Young) 4:03
6 - Running Dry (Requiem For The Rockets) (Neil Young) 5:30
7 - Cowgirl In The Sand (Neil Young) 10:06
 

Everybody Knows This Is Nowhere
Musicien : Neil Young
Parution : 14 mai 1969
Enregistré : janvier 1969 – mars 1969
Durée : 40:29
Genre : Country, Folk, Rock
Producteur : Neil Young & David Briggs
Label : Reprise Records
 
Musiciens :
Neil Young : guitare, chant
Danny Whitten : guitare, chant sur Cinnamon Girl, chœurs
Ralph Molina : batterie, chœurs
Billy Talbot : basse
Robin Lane : chœurs
Bobby Notkoff : violon
 
Mon avis :
 Avec ce deuxième album, tous ceux qui pouvaient encore douter du talent indéniable de Neil Young seront fixés, le bestiau était sacrément doué (comme on s’en doutait déjà, à l’époque du Buffalo Springfield, et sur son premier album) et les années a venir verraient la confirmation de celui-ci (au point, d’ailleurs, que le magazine Rolling Stones, le considéra, une décennie plus tard, comme l’artiste des années 70, ce qui est amusant lorsque l’on sait que le canadien ne connu qu’un unique numéro un dans les charts dans sa carrière, un certain Heart of Gold). Cependant, en 1969, lorsque paru Everybody Knows This Is Nowhere, le Loner était encore loin de tout ça et force est de constater qu’il avait encore beaucoup à prouver au sein d’un paysage musical que l’on peut qualifier, sans peine, de gargantuesque au vu des grands noms de l’époque. Avec cet album, pourtant, tout était déjà dit en quelque sorte puisque, dès celui-ci, on possède le matériau que l’on retrouvera par la suite : opus très épuré avec des mélodies admirables et ce son brut qui sera désormais la marque de fabrique de Neil Young & Crazy Horse. Tient, justement, la rencontre de Neil Young et de ce qui deviendra son groupe fétiche, ex-Rockets, sera primordiale dans la carrière du Loner et dès leur premier album en commun, on comprend tout de suite que leur rencontre apportera énormément au canadien (même si celui-ci, fidèle à sa légende, altérera régulièrement tout au long de ses nombreux albums, il reviendra toujours a son Cheval fou). Du coup, loin d’un premier essai en solo assez moyen (la faute surtout à un son véritablement exécrable, malheureusement), ce deuxième album nous propose, tout simplement, trois titres qui deviendront immédiatement des standards du maître : Cinnamon GirlDown By The River, et Cowgirl in The Sand. Personnellement, je ne me lasse pas, près de trente ans après avoir découvert cet album, des deux premiers, que j’écoute toujours avec autant de plaisir, tout comme le reste d’un excellant album, décidément inoubliable et qui défie les générations. Une vraie petite perle a écouté encore et encore…
 

Points Positifs
 :
- Le premier chef d’œuvre de Neil Young, un opus qui, encore aujourd’hui et alors que sa carrière est loin d’être achevée, apparait toujours comme étant un des tout meilleur. Il faut dire que, dans Everybody Knows This Is Nowhere, le Loner frôle allègrement avec la perfection tout en atteignant, musicalement parlant, une maturité certaine et trouvant en style plus ou moins définitif que l’on retrouvera dans bien d’autres albums par la suite.
Cinnamon GirlDown By The River, et Cowgirl in The Sand sont, bien évidement, des classiques absolus, cependant, le reste de l’album mérite également le détour.
- C’est dans cet opus qu’apparait, pour la toute première fois, le Crazy Horse, c’est-à-dire, le groupe définitif du Loner, celui qui reviendra sans cesse, encore et encore, au fil des ans. Accessoirement, c’est fou ce que celui-ci apporte a Neil Young, musicalement parlant…
- La pochette pourrait apparaitre comme étant simple – Neil Young, un chien, un arbre – pourtant, elle n’en reste pas moins plutôt réussie dans son genre.
 
Points Négatifs :
- Ceux qui n’apprécient guère les chansons interminables qui durent sensiblement dix minutes risquent de tiquer fortement ici. Bon, je sais, il fallait bien que je trouve un défaut…
- Si Everybody Knows This Is Nowhere est un superbe album, il manque encore une certaine sophistication et un supplément d’âme – qui arrivera par la suite – pour que cet opus puisse être qualifié de chef d’œuvre.
 
Ma note : 8,5/10

mercredi 4 juin 2025

Neil Young


Neil Young
 
Neil Young
 
1 - The Emperor of Wyoming (Neil Young) 2:14
2 - The Loner (Neil Young) 3:55
3 - If I Could Have Her Tonight (Neil Young) 2:15
4 - I've Been Waiting for You (Neil Young) 2:30
5 - The Old Laughing Lady (Neil Young) 5:58
6 - String Quartet from Whiskey Boot Hill (Neil Young) 1:04
7 - Here We Are in the Years (Neil Young) 3:27
8 - What Did You Do to My Life? (Neil Young) 2:28
9 - I've Loved Her So Long (Neil Young) 2:40
10 - The Last Trip to Tulsa (Neil Young) 9:25
 

Neil Young
Musicien : Neil Young
Parution : 12 novembre 1968
Enregistré : août 1968 – octobre 1968
Durée : 35:32
Genre : Country, Folk, Rock
Producteur : Neil Young, David Briggs, Jack Nitzsche, Ry Cooder
Label : Reprise Records
 
Musiciens :
Neil Young : guitare, piano, orgue, clavecin, synthétiseur, chant
Jim Messina : basse
George Grantham : batterie
Jack Nitzsche : piano électrique
Ry Cooder : guitare
Earl Palmer : batterie
Merry Clayton : chœurs
Brenda Holloway : chœurs
Patrice Holloway : chœurs
Gloria Richetta Jones : chœurs
Sherlie Matthews : chœurs
Gracia Nitzsche : chœurs
 
Mon avis :
 « L'album en lui-même était très bon. Mais ils m'ont fichu un nouveau procédé, le CSG, sur les mixes originaux, et ça l'a tué. Le CSG, c'était ce truc de merde qui écrasait littéralement le son pour faire sonner la musique de manière identique, qu'elle soit enregistrée en mono ou stéréo. En d'autres termes, cela a tout foutu en l'air. Il a fallu que la maison de disques choisisse de tester cette idée à la con sur mon disque, mon tout premier disque. En plus, il n'y avait que moi et Jack sur ce disque. Nous avions tout enregistré à deux, piste après piste. A l'époque, je trouvais encore cette technique valable, je voulais voir si elle pouvait vraiment fonctionner. Certaines chansons datent de l'époque Buffalo Springfield. » Je m'étais dit, alors que je m’apprêtais à écrire ma petite critique du premier album de Neil Young, que la citation du Loner résumait assez bien ce que celui-ci valait (et vaux toujours, plus de cinquante ans après sa sortie). Car, incontestablement, ce qui choque, encore aujourd’hui, c’est ce son, légèrement écrasé, qui ne met pas vraiment en valeur le contenu de cette œuvre, qui aurait put être d’un tout autre niveau (mais avec des si, on referait le monde). Car, en 1968, et suite à des divergences avec Stephen Stills qui le poussèrent à quitter les Buffalo Springfield, Neil Young, sur ce premier album de sa très longue, et pour le moment toujours en cour, carrière solo, laissait déjà entrevoir les immenses qualités qui allaient l’imposer comme l’un des plus grands auteurs-compositeurs de l’histoire de la musique de la fin du vingtième siècle. Si les réminiscences de la période Springfield sont encore présentes, ce qui est compréhensible, un titre atypique comme The Last Trip to Tulsa, long de plus de 9 minutes (l’un des plus longs pour l’époque) annonce l’album suivant, l’excellent Everybody Knows This Is Nowhere qui sera d’un niveau supérieur et lancera la carrière du canadien. Mélange de rock, de pop et de country, ce premier album, sans nom, est un parfait mélange de ce qui fera le style de Neil Young dans les décennies suivantes, même s’il faut bien reconnaître que si les compositions sont certes honnêtes, voir très bonnes comme The Loner qui lui vaudra son surnom, la suite sera d’une toute autre facture. Mais cela n’empêche pas ce premier album, malgré un son trop moyen qui gâche l’ensemble, de s’en sortir avec les honneurs, cela, grâce à l’incontestable talent d’un Neil Young qui se cherche encore un peu sur cet opus, mais qui marquera très rapidement de son empreinte, l’Histoire de la musique.
 

Points Positifs
 :
- Un premier opus qui laisse déjà entrevoir tout l’immense talent – que certains avaient déjà devinés du temps du Buffalo Springfield – de Neil Young et que ce dernier laissera éclater, de la plus belle des manières, au fil des décennies suivantes. En effet, si tout n’est pas parfait encore dans cet opus, force est de constater que certains titres, certains textes, nous démontrent déjà que, avec le canadien, nous avons affaire a un grand, a un très grand !
The Loner, incontournable qui sera par la suite le surnom de Neil Young, I've Been Waiting for YouThe Old Laughing Lady et, bien entendu, le monumental The Last Trip to Tulsa qui annonce déjà l’opus suivant, sont, bien évidement, de pures merveilles que l’on peut qualifier de géniales…
- Dans l’ensemble, sans être génial, le reste de l’album se laisse écouter.
 
Points Négatifs :
- Comme l’a toujours dit Neil Young, il y a un gros souci avec le son dans cet album qui fait que celui-ci apparait comme étant trop écrasé et sonne pour le moins singulièrement. Cela est franchement dommage car, en toute sincérité, cet opus aurait gagné une toute autre ampleur avec une production davantage maitrisée.
- S’il y a déjà quelques incontournables et de bonnes chansons dans ce premier album du canadien, force est de constater que certains titres sont, pour le moins, discutables, comme les fameux instrumentaux…
 
Ma note : 7,5/10