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samedi 3 mai 2025

The Thing


The Thing
 
Pendant l'hiver 1982 en Antarctique, un hélicoptère norvégien pourchasse un chien près d'une station de recherche américaine. Tandis que les Américains accourent, une grenade détruit par accident l'hélicoptère et tue le pilote. Le tireur hors de contrôle continue de tirer sur le chien et blesse un Américain. Le lieutenant Garry, commandant du poste, tire alors sur le Norvégien, qui meurt. Le pilote d'hélicoptère, R. J. MacReady et le docteur Copper, volent jusqu'au camp norvégien et trouvent des ruines calcinées, avec le corps d'un homme qui s'est suicidé et un gros bloc de glace avec une cavité creuse. Dehors, ils découvrent les restes brûlés d'un cadavre humanoïde à deux faces. De retour à la station, le biologiste Blair effectue une autopsie sur la chose, mais ne trouve des organes normaux. Clark, le maître-chien de la station, conduit le chien dans le chenil avec les chiens de traîneau de la station. L'animal subit une monstrueuse métamorphose et les attaque. MacReady tire l'alarme incendie après avoir entendu les chiens hurler, descend avec une carabine et commence à tirer sur la créature qui est en train d'absorber un des chiens. La chose tente de se sauver par le plafond. Childs (un autre membre de la station) incinère la créature avec un lance-flammes. Une autopsie révèle que la chose est capable d'imiter parfaitement toute autre forme de vie. Sachant que le chien est resté dans la station toute la journée, Blair soupçonne que n'importe qui peut être remplacé et imité par la créature.
 

The Thing
Réalisation : John Carpenter
Scénario : Bill Lancaster, d'après l'œuvre de John W. Campbell
Musique : Ennio Morricone
Production : Universal Pictures, Turman-Foster Company
Genre : Horreur, Science-Fiction
Titre en vo : John Carpenter's The Thing
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 25 juin 1982
Durée : 109 mn
 
Casting :
Kurt Russell : R. J. MacReady, pilote d'hélicoptère
Wilford Brimley : Dr. Blair, chef du département scientifique et biologiste
Keith David : Childs, mécanicien
David Clennon : Palmer, assistant mécanicien et copilote
T.K. Carter : Nauls, cuisinier
Donald Moffat : Garry, responsable de la sécurité
Thomas G. Waites : Windows, responsable de la liaison radio et de l'informatique
Richard Masur : Clark, responsable des chiens de traineaux
Richard A. Dysart : le docteur Copper, médecin
Joel Polis : Fuchs, assistant biologiste
Charles Hallahan : Vance Norris, géologue
Peter Maloney : George Bennings, météorologue
Larry Franco : le norvégien avec un fusil
Adrienne Barbeau : la voix de l'ordinateur
John Carpenter : un norvégien dans les images vidéo
Jed : le chien
 
Mon avis :
 Poursuivons avec mes critiques des classiques du cinéma fantastique et de Science-Fiction avec, à présent, ce qui est, sans aucune discussion possible, un des films les plus connus des années 80, du moins, pour ce qui est du genre cité précédemment, je veux, bien entendu, parler de The Thing. Pour la petite histoire, celui-ci est, avant toute chose, le remake d’un long métrage plus ancien et datant des années 50, La Chose d’un Autre Monde, film tiré d’un roman de John W. Campbell, Who Goes There?, et qui ravira particulièrement les amateurs de vieux films, ce dernier accusant pas mal son âge et, surtout, son anticommunisme franchement agaçant pour ne pas dire ridicule – mais bon, en remettant les choses dans leur contextes, il faut se souvenir qu’aux Etats-Unis, alors, nous étions en plein Maccartisme. Cependant, The Thing, lui, est une œuvre qui, en toute franchise, est bien plus intéressante – alors que ce n’est pas toujours le cas avec les remakes – au point même que, pour la plupart des gens, si La Chose d’un Autre Monde est une œuvre inconnue, il en est tout autrement de The Thing, film devenu culte depuis sa sortie, en 1982. Il faut dire que, avec ce long métrage, le réalisateur, John Carpenter, à réaliser un travail remarquable : premièrement, en respectant davantage l’œuvre originale, ensuite, en faisant fit de tout ce coté qui agaçait tant le spectateur dans La Chose d’un Autre Monde – anticommunisme, créature ridicule, romance pathétique et inutile – pour nous livrer, à la place, une œuvre qui, au demeurant, tient davantage de l’horreur pure que de la Science-Fiction. Ainsi, entre les diverses apparitions de la créature – métamorphe ce qui nous permet de la voir sous diverses formes différentes, le plus souvent horrible – le coté angoissant au possible renforcé par le huit-clos que représente la station polaire et, bien entendu, la paranoïa qui transparait au sein du petit groupe de scientifiques puisque, très rapidement, tout le monde se méfie de tout le monde, The Thing est une réussite indéniable et, accessoirement, un des plus beaux exemples du genre, surtout de son époque – une époque, au demeurant, bien plus faste pour le cinéma d’horreur qu’actuellement. Naturellement, on pourra noter quelques petites faiblesses, ici et là, quelques imperfections – personnages stéréotypés pour certains, raccourcis scénaristiques – qui empêchent ce film d’atteindre le statut si envier de chef d’œuvre, mais bon, malgré cela, il n’en reste pas moins que The Thing est un bon film, que dis-je, un très bon film d’horreur et si les plus jeunes d’entre nous risquent de tiquer un peu devant ce cinéma d’un autre temps, il est indéniable que les autres, eux, savoureront avec plaisir une œuvre qui, malgré ses quatre décennies, n’a rien perdue de sa force…
 

Points Positifs
 :
- Un des meilleurs films d’horreurs – oui, nous sommes plus dans cette catégorie que dans la SF pure et dure – des années 80, une œuvre culte et que tout cinéphile digne de ce nom se doit d’avoir vu au moins une fois dans sa vie.
- Formidable huit-clos paranoïaque a l’ambiance pesante, The Thing nous tient en haleine de la première à la dernière minute. Il faut dire que John Carpenter livre ici un excellent travail et sait comment captiver l’intérêt du spectateur.
- Même s’il ne s’agit que du remake d’une vieille adaptation d’un vieux roman, c’est The Thing qui, au final, est le plus connu, ce qui, ma foi, n’est pas anodin.
- Pour l’époque, les effets spéciaux sont plutôt bons, c’est incontestable – après, il vaut mieux être suffisamment agé ou habituer au genre pour ne pas être choquer par ceux-ci… oui, c’était bien avant l’ère du numérique.
- Un casting efficace et plutôt bon dans l’ensemble avec, en tête de liste, Kurt Russell égal à lui-même.
 
Points Négatifs :
- On ne peut pas vraiment dire que les protagonistes soient tous charismatiques, c’est plutôt une équipe d’individus plutôt stéréotypés dans l’ensemble.
- Quelques raccourcis scénaristiques par moments et j’aurai préféré que le film soit un poil plus long.
- Si vous êtes trop jeunes ou si vous n’êtes pas familier avec les vieux films – quoi que, j’ai un peu de mal a estimer que The Thing est si vieux que ça puisque j’avais sensiblement huit ans lorsqu’il est sortit – vous risquez d’être dubitatif avec ces effets spéciaux d’un autre âge. Après tout, c’est normal que ce long métrage accuse un peu son âge…
 
Ma note : 7,5/10

mercredi 2 avril 2025

Il était une fois en Amérique


Il était une fois en Amérique
 
New York, quatre tueurs de la mafia américaine sont à la recherche de David Aaronson dit Noodles, un gangster lié à la prohibition. Sa fiancée, Eve, dit ne pas savoir où il se trouve et est tuée. Fat Moe Gelly, propriétaire du bar que fréquente Noodles, est torturé et finit par indiquer où se trouve Noodles. Il est dans une fumerie d'opium, à l'arrière d'un théâtre chinois. En effet, Noodles essaye d'oublier la mort de ses trois amis Patrick Goldberg, Philippe Stein et Maximilian Bercovicz. Repensant a son passé, Noodles se souvient d’un camion brûlé et des cadavres des trois gangsters, dont celui de Max complètement carbonisé. Noodles, bouleversé, observe la scène à distance parmi la foule. Dans la fumerie, Noodles doit cependant s'en aller de toute urgence : deux des quatre hommes à sa poursuite font irruption dans le théâtre chinois. Prévenu par les tenanciers, il arrive à se réveiller et à s'échapper par une sortie dérobée. Il se rend au bar de Moe. Il sauve ce dernier, qui avait été passé à tabac et pris en otage, en tuant le troisième bandit, assassin d'Eve. Moe l'avertit que les gangsters sont déjà passés chez lui, lui laissant entendre le sort funeste qu'ils ont réservé à sa compagne. Noodles n'a plus rien. Ses amis et sa compagne sont morts, et il est en danger de mort avec des tueurs à ses trousses. Voulant fuir, il se rend à la planque contenant le trésor de la bande, située dans une consigne de gare en ayant au préalable récupéré la clé cachée chez Fat Moe. Mais dans la valise qui contenait le magot, de vieux journaux ont été substitués aux billets de banque. C'est donc sans un sou qu'il quitte précipitamment New York en prenant le premier autocar en partance. C'est ainsi qu'il part par hasard pour Buffalo, pour un exil qui ne prendra fin que bien des années plus tard.
 

Il était une fois en Amérique
Réalisation : Sergio Leone
Scénario : Leonardo Benvenuti, Piero De Bernardi, Sergio Leone
Musique : Ennio Morricone
Production : Rafran Cinematografica, The Ladd Company
Genre : Western, Guerre
Titre en vo : C'era una volta in America
Pays d'origine : Italie, Etats-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 17 février 1984
Durée : 269 mn
 
Casting :
Robert De Niro : David « Noodles » Aaronson
Scott Tiler : Noodles jeune
James Woods : Maximilian « Max » Bercovicz / le sénateur Christopher Bailey
Rusty Jacobs : Max jeune / David Bailey
William Forsythe : Philip « Cockeye » Stein
Adrian Curran : Cockeye jeune
James Hayden : Patrick « Patsy » Goldberg
Brian Bloom : Patsy jeune
Larry Rapp : « Fat » Moe Gelly
Mike Monetti : « Fat » Moe Gelly jeune
Elizabeth McGovern : Deborah Gelly, la sœur de Moe
Jennifer Connelly : Deborah Gelly jeune
Tuesday Weld : Carol
Darlanne Fluegel : Eve
Treat Williams : James Conway O'Donnell
Joe Pesci : Frankie Minolti
Burt Young : Joe
James Russo : Bugsy
Danny Aiello : le chef de la police Vincent Aiello
Richard Foronjy : l'officier « Face de pet » Whitey
Amy Rider : Peggy
Julie Cohen : Peggy jeune
Estelle Harris : la mère de Peggy
Dutch Miller : Van Linden
Robert Harper : Sharkey
Richard Bright : Chicken Joe
Karen Shallo : Lucy Aiello, la femme du chef de police
Angelo Florio : Willie
Noah Moazezi : Dominic
Arnon Milchan : le chauffeur de la limousine dans laquelle Noodles viole Deborah
Clem Caserta : Al Capuano
Mike Gendel : Irving Gold
Mario Brega : Mandy
Marcia Jean Kurtz : la mère de Max
Marty Licana : le gardien du cimetière
Louise Fletcher : la directrice du cimetière
 
Mon avis :
 Après vous avoir proposé les critiques de Il était une fois dans l’Ouest puis de Il était une fois la Révolution, abordons, à présent, le cas du dernier volet de la célèbre et cultissime trilogie du grand Sergio Leone avec, bien entendu, ce chef d’œuvre absolu qu’est Il était une fois en Amérique. Ultime long métrage du réalisateur italien, son testament dont il consacra douze années de sa vie, notamment pour préparer le scénario adapté du livre The Hoods  d’un ancien truand, Harry Grey, Il était une fois en Amérique nous fait suivre le destin de Noodles sur trois époques différentes, régulièrement lié à trois amis dont Max et un amour pour Deborah qu'il a rencontre lors de sa jeunesse. Ultime testament qui fut pourtant massacré à sa sortie, notamment par les producteurs américain qui en modifièrent la narration et le coupèrent d'environ deux heures. Et pourtant.., que dire de cette immense et magnifique fresque ? Qu'entre autre, ici le mot Cinéma prend tout son sens. Chaque seconde, chaque plan, cadre ou image, sont d'une telle beauté, émotion et richesse durant ce voyage intemporel à travers trois époques. D'une justesse d'écriture, Il était une fois en Amérique revient sur le destin de Noodle à travers sa jeunesse où il faisait ses premiers pas avec une bande de gamin aussi débrouillarde qu'attachante, durant l'époque de la prohibition où il devient un gangster respecté et enfin lors de sa vieillesse et d'un retour sur les terres où il a grandit. Sergio Leone évoque son amour de jeunesse qui va le suivre toute sa vie, une relation faite d'attente, de déception, de cruauté et d'amour qu'il rend tour à tour touchante et naïve lorsqu'ils sont jeunes puis cruelle par la suite. Il s'attarde aussi sur les relations d'amitié qu'il nouera avec les gamins avec qui il a grandit et notamment Max, une tête brûlée qu'il admire lorsqu'il est jeune. Les personnages, leurs évolutions et les relations qu'ils entretiennent sont traités avec justesse, subtilité et passion. Chaque protagoniste est approfondi et révèle au fur et à mesure du film ses parts d'ombres et de lumières. A travers le destin des personnages, Sergio Leone traite de l'amour, de l'amitié, la trahison, la loyauté, de la vie et des dilemmes qu'elle nous propose ou encore de l'amertume et du regret. Séparé sur trois époques, elles sont toutes passionnantes, que ce soit la jeunesse où Leone capte à merveille les sentiments enfantins, leurs naïvetés et leurs visions de la vie, sachant les rendre particulièrement attachant, innocent et attendrissant, l'âge d'or de la prohibition ou la vieillesse. L'histoire est, tout le long passionnante, nous emmenant vers des horizons parfois inattendus dont on peut chacun y interpréter certains éléments et judicieusement traitée à travers un montage ingénieux. Le film est long et le rythme plutôt lent mais tellement passionnant. Il ne laisse strictement rien au hasard, chaque plan est intelligemment choisi et ses cadres sont régulièrement truffés de détails et d'idées. Il braque souvent sa caméra au plus près des personnages et en fait ressortir toute l'émotion et la dramaturgie à l'image des scènes de danses de Déborah enfant observé en cachette par Noodles, des différentes séquences de vies, de joies instantanées, de profondes tristesses, d'amitiés ou même de simples regards. Force est de constater que Il était une fois en Amérique est une œuvre forte et mélancolique, accentuée par une magnifique bande originale signée Ennio Morricone, composée bien avant le tournage. Souvent présente, elle colle toujours parfaitement à l'image et son envoûtante flûte de paon est inoubliable. D'ailleurs Leone avait déclaré que Morricone n'était pas son musicien mais son scénariste, cette phrase prenant ici tout son sens. Pour ce qui est du casting, Robert De Niro trouve là l'un de ses plus grands rôles. Il retranscrit à merveille toute la vie de Noodles son amour, ses amis et ses échecs. D'une sobriété exemplaire, il en fait ressortir toute l'émotion. Face à lui, James Woods est magistral, dans ce qui est l'un de ses plus grands rôles. Les jeunes acteurs sont naturels et touchants, tout comme Elizabeth McGovern. Bref, avec Il était une fois en Amérique, Sergio Leone signe un ultime film, un testament intemporel, mélancolique, magnifique et envoûtant. Un film sur la vie, ses dilemmes, sa cruauté, sa nostalgie ou encore sa recherche du temps perdu, un film où chaque seconde est riche et chargée d'émotion, bref, sans la moindre exagération, un véritable chef d’œuvre…
 

Points Positifs
 :
- Un des plus grands films de tous les temps, tout simplement. Il faut dire que Il était une fois en Amérique est un long métrage tout simplement parfait de bout en bout et qui, malgré son coté grandiloquent et ses prêt de quatre heures, s’avère être captivant de la première à la dernière minute. Grandiose, sublime, étonnant même par moments, celui-ci n’a rien perdu de sa force prêt de quatre décennies après sa sortie.
- Un casting que l’on peut qualifier sans peine de cinq étoiles et où Robert De Niro joue peut-être son plus grand rôle devant la caméra. Il faut dire que celui-ci est tout simplement dans ce rôle de perdant magnifique qui, finalement, aura tout raté dans sa vie.
- La bande originale d’Ennio Morricone est tout simplement somptueuse et colle parfaitement à l’ambiance mélancolique qui se dégage de ce film. Pour la petite histoire, celle-ci aurait été faite bien des années avant la sortie du film et Leone s’en était fortement inspiré pour son scénario.
- Une reconstitution historique superbe et qui nous replonge dans trois périodes différentes : le début des années 20, les années 30 et la fin des années 60.
- L’intrigue n’est pas présentée dans l’ordre chronologique mais ce n’est nullement un problème et, par ailleurs, c’est un vrai régal que de voir les nombreux liens fait entre les diverses scènes, même si celles-ci se déroulent dans des temporalités différentes.
- L’ambiance terriblement mélancolique et plutôt triste qui se dégage tout au long de l’histoire.
- Le coté envoutant, lié fortement à la fumerie d’opium, où le spectateur finit par se dire qu’une bonne partie de ce qu’il voit à l’écran n’est peut-être que le songe éveillé de Noodles ?
 
Points Négatifs :
- A moins de détester les films de gangsters, je ne vois pas quels défauts on peut trouver à ce film ?
- L’intrigue, ici, n’est pas présentée dans l’ordre chronologique et il se peut que certains aient un peu de mal avec ce choix narratif, même si, reconnaissons le, l’histoire en elle-même soit assez simple à suivre.
 
Ma note : 10/10

Il était une fois la Révolution


Il était une fois la Révolution
 
Mexique, 1913. Un pilleur de diligences, Juan Miranda, et un Irlandais, ancien membre de l'IRA spécialiste en explosifs, John Mallory, font connaissance. Juan a toujours rêvé de dévaliser la banque centrale de Mesa Verde et voit en John le complice idéal pour son braquage. Il fait chanter John afin de le persuader de s'associer à l'affaire. Tous deux se trouvent plongés en plein cœur de la tourmente de la révolution mexicaine, et Mesa Verde se révèle plus riche en prisonniers politiques qu'en lingots d'or. Malgré eux, les deux amis deviennent les héros d'une guerre qui n'est pas la leur...
 

Il était une fois la Révolution
Réalisation : Sergio Leone
Scénario : Sergio Leone et Sergio Donati
Musique : Ennio Morricone
Production : Rafran Cinematografica, Euro International Film (EIA), San Miura
Genre : Western, Guerre
Titre en vo : Giù la testa
Pays d'origine : Italie
Langue d'origine : anglais, italien, espagnol
Date de sortie : 29 octobre 1971
Durée : 157 mn
 
Casting :
James Coburn : John H. Mallory
Rod Steiger : Juan Miranda
Romolo Valli : Dr Villega
Antoine Saint-John : Colonel Günther « Gutierez » Reza
Franco Graziosi : Gouverneur Don Jaime
Rik Battaglia : Général Santerna
David Warbeck : Sean Nolan, le meilleur ami de John
Vivienne Chandler : La petite amie de John
Maria Monti : Adelita, la femme dans la diligence
Jean Rougeul : Le prêtre dans la diligence
Antonio Casale : Le notaire dans la diligence
Memè Perlini : Peon
Edmondo Tieghi : Papa Miranda
 
Mon avis :
 On pourrait tout à faire dire que rien ne ressemblait davantage a un film de Sergio Leone qu’un autre film de Sergio Leone. Ainsi, et dès les premières minutes de ce second volet de ce qui sera la trilogie des Il était une fois – Il était une fois dans l’Ouest en 1969 et Il était une fois l’Amérique en 1984 – on est en terrain familier et l’on retrouve tous les éléments traditionnels des œuvres du réalisateur, c’est-à-dire, des plans rapprochés sur les visages des acteurs, des paysages magnifiques, de longs plans séquences, une musique omniprésente et entrainante du légendaire Ennio Morricone, mais aussi, ne l’oublions pas, un certain humour omniprésent, ainsi que des personnages hauts en couleur avec ce gout prononcé de Leone pour les duos improbables, ici, composé d’un bandit de grand chemin aux préoccupations terres a terre, excellent Rod Steiger, et d’un révolutionnaire irlandais cynique et lettré, James Coburn, ainsi que, thème récurant dans les films du réalisateur italien, cette impression de fin du monde, ce coté « plus rien ne sera jamais comme avant » prononcé, cette disparition de la liberté du temps passé devant la marche implacable du progrès où les banques ne renferment plus de l’or mais des prisonniers politiques. Ainsi, comme son nom l’indique, Il était une fois la Révolution n’est pas un western, même s’il en reprend les poncifs du genre (d’ailleurs, Sergio Leone ne voulait plus en tourner), mais un film sur une révolution (forcément), celle qui eu lieu au Mexique au début du vingtième siècle – d’ailleurs, après un début pour le moins traditionnel, l’attaque d’une diligence, la surprise est totale de voir débarquer un type en moto ! Mais ici, c’est une vision désabusée du réalisateur pour la chose politicienne auquel nous avons droit : ne croyant plus en rien, et encore moins aux belles promesses, Sergio Leone nous montre les phases sombres et réelles de ce qu’est une révolution et où un peuple crédule, prêt a se soulever, est massacré par le pouvoir en place – terrible scène de fusillades dans les fosses – tout en étant utilisé sans vergogne par ceux qui veulent prendre le pouvoir, quand, ironie suprême, ils ne sont pas tout simplement donnés. Une vision pessimiste, violente, mais tellement réaliste pour une intrigue où deux hommes, que tout opposait a la base – l’un, fuyant une première révolution avortée en Irlande, complètement désabusé et regrettant le temps passé, et l’autre, bandit de grand chemin devenu héros de la révolution malgré lui – vont créer malgré tout des liens d’amitié au fil des événements. Il était une fois la Révolution est un grand film, un très grand film même. Souvent oublié par le grand public dans la filmographie de Sergio Leone, c’est un film profond, qui donne a réfléchir et qui mérite franchement d’être reconnu a sa juste valeur, un film très critique a l’égard des révolutions et plus particulièrement des politiques, mais aussi un film sur une belle histoire d’amitié, bref, un incontournable !
 

Points Positifs
 :
- Moins connu du grand public que d’autres films de Sergio Leone, Il était une fois la Révolution est pourtant l’une de ses plus belles réussites, ne serais-ce que pour son ton désabusé et cynique quand a la chose politicienne et le sort du peuple, celui-ci étant toujours le grand perdant de l’Histoire.
- Rob Steiger et James Coburn sont tout bonnement exceptionnels dans leurs rôles respectifs : le premier pour son jeu plus subtil qu’il n’y parait de prime abord et le second pour son charisme naturel et ce rôle de vieux révolutionnaire cynique qui lui va si bien.
- Comme a chaque film de Leone, on retrouve sa touche, c’est-à-dire, tous les éléments traditionnels qui en font un chef d’œuvre : scénario, plans serrés, paysages magnifiques et grandioses, scènes inoubliables, personnages hauts en couleurs, humour omniprésent, bande son excellente, ambiance de « fin d’un monde ».
- Justement, pour ce qui est des scènes marquantes, comment ne pas mettre en avant celle du dynamitage d’un pont, les fusillades dans des fosses, celle où les révolutionnaires sont vendus par l’un des leurs, celle où les deux trains entrent en collision, voir même, celle du début, dans la diligence.
- Les nombreux flashbacks qui parsèment le film et qui, jusqu’à la fin, nous en apprennent énormément sur le passé de Mallory.
- Mine de rien, n’oublions pas les très nombreuses scènes d’humour qui jalonnent ce film avec, selon moi, en point d’orgue, celle où Juan Miranda prend d’assaut une banque et, a la place de l’or, tombe sur des prisonniers politiques.
 
Points Négatifs :
- La bande originale de Morricone est certes toujours aussi bonne mais, cependant, je la trouve légèrement inférieur a ce qu’il a put faire par ailleurs ; mais bon, cela reste tout de même de fort bonne facture, l’homme ayant toujours livré un travail excellent.
- Si vous êtes un révolutionnaire en herbe qui, en attendant encore et toujours le grand soir, vivez dans un quartier bobo parisien en vous faisant entretenir par vos parents, alors, je ne suis pas sur que vous appréciez grandement un tel film, bien trop cynique et réaliste à votre gout…
 
Ma note : 9,5/10

Il était une fois dans l’Ouest


Il était une fois dans l’Ouest
 
Dans une gare, trois tueurs vêtus de cache-poussière attendent le passager d'un train qui arrive, un mystérieux joueur d'harmonica, afin de l'éliminer, mais celui-ci les abat tous les trois, tout en étant blessé. Plus tard, une famille de fermiers qui s’apprêtait à célébrer les noces du père avec une ancienne prostituée venu de la Nouvelle-Orléans, est sauvagement assassinée par d’autres hommes eux aussi vêtus de cache-poussière et menés par un certain Frank, l'homme de main de Morton qui est chargé de la construction du chemin de fer à travers l'ouest des Etats-Unis. Et tandis que Cheyenne, le hors-la-loi, est poursuivie par les autorités persuadées de sa culpabilité dans l’assassinat de la famille de fermiers, quel rôle joue Harmonica, personnage énigmatique, qui n'explique pas les raisons de sa présence en ces lieux ?
 

Il était une fois dans l'Ouest
Réalisation : Sergio Leone
Scénario : Dario Argento, Bernardo Bertolucci, Sergio Donati, Sergio Leone
Musique : Ennio Morricone
Production : Fulvio Morsella
Genre : Western Spaghetti, Drame
Titre en vo : C'era una volta il West
Pays d’origine : Italie, Etats-Unis
Parution : 21 décembre 1968
Langue d'origine : italien, anglais
Durée : 180 min
 
Casting :
Charles Bronson : L'homme à l'Harmonica
Claudia Cardinale : Jill McBain
Henry Fonda : Frank
Jason Robards : Manuel Gutierrez dit « le Cheyenne »
Gabriele Ferzetti : Morton (patron du chemin de fer)
Frank Wolff : Brett McBain
Lionel Stander : Le barman
Keenan Wynn : Le shérif de Flagstone
Paolo Stoppa : Sam, le cocher
Jack Elam : Snaky (membre du gang de Frank)
Woody Strode : Stony (membre du gang de Frank)
Al Mulloch : Knuckles (membre du gang de Frank)
John Frederick : Jim (membre du gang de Frank)
Aldo Berti : Un joueur de poker (membre du gang de Frank)
Benito Stefanelli : Un joueur de poker (membre du gang de Frank)
Michael Harvey : Le lieutenant de Frank jouant au poker
Aldo Sambrell : Le lieutenant de Cheyenne
Enzo Santaniello : Timmy McBain (l'enfant assassiné par Frank)
Gaetano Santaniello : Patrick McBain
Simonetta Santaniello : Maureen McBain
Marco Zuanelli : Wobbles
Tullio Palmieri : Le charpentier ébéniste de Flagstone
Renato Pinciroli : Le premier enchérisseur aux enchères
Antonio Molino Rojo : Le deuxième enchérisseur aux enchères (membre du gang de Frank)
Frank Braña : L'homme fumant la pipe aux enchères (membre du gang de Frank)
Fabio Testi : L'homme avec le chapeau noir aux enchères (membre du gang de Frank)
Claudio Scarchilli : Un membre du gang de Frank
Claudio Mancini : Le grand frère d’Harmonica
Dino Mele : Harmonica enfant
Antonio Palombi : Le vieux guichetier de la gare
 
Mon avis :
 Il existe parfois des films que l’on ne regarde plus depuis si longtemps que lorsque, finalement, on se décide, bien des années plus tard, a les revoir, c’est comme si c’était une redécouverte, comme si, soudainement, remontait à notre mémoire le simple constat que l’on se trouve devant un pur chef d’œuvre trop longtemps mis de côté. Et justement, dans le cas présent, comment ne pas reconnaitre que ce Il était une fois dans l’Ouest est l’un des plus grands films de l’Histoire (avec un H majuscule, bien entendu) du Septième Art, tout bonnement, ou, du moins, le plus grand western tout court, quoi que, il ne faut pas oublier non plus Le Bon, la Brute et le Truand toujours de Sergio Leone. Car bon, comment dire, ici, tout est parfait, ou presque (oui, ce genre de petits détails insignifiants comme la balle magique de Charles Bronson) et ce long métrage est sans nul doute, non seulement, la plus belle réussite du genre mais aussi, le plus bel hommage qu’on puisse lui rendre. Car si le western, en cette fin des années 60, tombait peu à peu en désuétude et que le western spaghetti lui porta un indéniable coup de grâce, ringardisant bien des films, ce fut aussi par le biais de nos amis italiens, Leone en tête, que celui-ci fut magnifié et, quelque part, sauvé : plus violents, plus sales, plus sexistes et pour la plupart, sans grande morale ou à géométrie variable, les héros du western spaghetti, accessoirement, plus crédibles que leurs prédécesseurs, bouleversèrent les conventions établies tout en entrant immédiatement dans la légende. Et au sommet de tous ces films désormais mythiques, donc, Il était une fois dans l’Ouest, premier volet d’une trilogie qui devint, fatalement, culte. Une œuvre monumentale, magnifiée par le génie incontestable de Sergio Leone, maitre des petits détails et des plans rapprochés, sublimée par la musique d’Ennio Morricone et porté par des acteurs tout bonnement exceptionnels : Charles Bronson, bien sûr, avec son harmonica, vengeur mystérieux dont on ne connaitra les motivations qu’a la toute fin du film, Claudia Cardinale, belle, sublime en femme forte et prête a tout pour survivre, Jason Robards, hors la loi au grand cœur et, surtout, oui, particulièrement Henry Fonda, ici dans un rôle à contre-emploi de son image, implacable, sans pitié et qui n’hésite pas à tuer des enfants, un Henry Fonda qui est, selon moi, la figure marquante du film dans se rôle de salopard fini, ce qui déplu pas mal, d’ailleurs, au public américain. Il était une fois dans l’Ouest, film de vengeance, certes, mais plus que tout, film qui nous montre l’évolution de cette Amérique tant aimée par Leone, une Amérique qui s’industrialise et change d’époque, ceci étant symbolisé par l’avancée du chemin de fer jusqu’au Pacifique, une Amérique où certaines figures n’ont plus leurs places et où, finalement, seul une jeune veuve, ayant su s’adapter et survivre, est prête a voir le siècle suivant. Un film plus profond qu’il n’y parait, inoubliable, mythique, bref, un chef d’œuvre !
 

Points Positifs
 :
- Un monument, tout simplement, un film que l’on voit, revoit, encore et encore, sans jamais se lasser tellement on frôle la perfection absolue… pour ne pas dire qu’on l’a atteinte.
- La bande son d’Ennio Morricone, une fois de plus, tout aussi excellente et culte que le film auquel elle est associée ; histoire de dire à quel point celle-ci avait son importance, les scènes étaient jouée avec la BO en fond sonore.
- Plus qu’une simple histoire de vengeance sous fond de conquête de l’ouest, Il était une fois dans l’Ouest nous montre surtout la fin d’une époque, celle de l’Amérique des débuts, qui s’industrialise de plus en plus et où il n’y a plus de place pour des justiciers au grand cœur ou des hors la loi romantiques comme le Cheyenne…
- Les acteurs, Bronson, Claudia Cardinale, Jason Robards et surtout, Henry Fonda, ici dans un rôle à contre-emploi qui choqua pas mal de monde à l’époque mais qui démontra, mais étais-ce nécessaire, quel grand acteur il était.
- Scènes cultes, phrases cultes, il y en a quasiment du début à la fin du film !
- Le duel final, lorsque l’on apprend pourquoi l’Harmonica en veut à Franck, la musique, le flashback, et la rapidité, après une éternité de préparation, avec laquelle celui-ci se conclut : tout simplement mythique !
- Le début, bien entendu : dix minutes pour lancer le film, avec moult petits détails comme les gouttes d’eau ou la mouche, les trois types qui attendent Bronson, quasiment aucune parole… oppressant à souhait mais tellement génial !
- Bon, en fait, je pourrais citer toutes les scènes du film et ce serait trop long.
 
Points Négatifs :
- En fait, en dehors de cette histoire de balle magique qui blesse Charles Bronson au début du film et qui ne semble pas trop le gêner par la suite, il n’y a rien à redire…
 
Ma note : 10/10