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mardi 20 mai 2025

Dracula


Dracula
 
Transylvanie, 1462. Le comte Vlad Dracula, chevalier roumain, part en guerre contre les Turcs en laissant derrière lui sa femme Elizabeta. Cette dernière met fin à ses jours lorsqu'elle apprend la fausse nouvelle de la mort de son bien-aimé. Fou de douleur, Vlad Dracul renie l'Église et déclare vouloir venger la mort de sa princesse damnée à l'aide des pouvoirs obscurs, devenant ainsi un vampire sous le nom de Dracula. Quatre siècles plus tard, en 1897, Jonathan Harker, un jeune clerc de notaire est envoyé en Transylvanie afin de conclure la vente de l'Abbaye de Carfax à un mystérieux comte qui n'est autre que Dracula. Au moment de la signature finale de la vente, Dracula découvre que Mina, la fiancée de Harker est semblable en tous points à sa défunte épouse Elizabeta. Dracula décide d'aller la retrouver à Londres et se fait transporter sur le Demeter dans des caisses remplies de sa terre natale. Harker, quant à lui, est prisonnier des femmes vampires qui le vident de son sang, le rendant ainsi inapte à s'échapper du château.
 

Dracula
Réalisation : Francis Ford Coppola
Scénario : James V. Hart, d'après Dracula de Bram Stoker
Musique : Wojciech Kilar
Production : Columbia Pictures, American Zoetrope, Osiris Films
Genre : Fantastique, Horreur, Drame, Romance
Titre en vo : Bram Stoker's Dracula
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais, roumain, grec, bulgare, latin
Date de sortie : 13 novembre 1992
Durée : 127 mn
 
Casting :
Gary Oldman : le comte Vlad Dracul / Dracula
Winona Ryder : Mina Murray / Elisabeta
Keanu Reeves : Jonathan Harker
Anthony Hopkins : Abraham Van Helsing
Richard E. Grant : Dr. Jack Seward
Sadie Frost : Lucy Westenra
Cary Elwes : Lord Arthur Holmwood
Billy Campbell : Quincey P. Morris
Tom Waits : R.M. Renfield
Jay Robinson : M. Hawkins
Monica Bellucci : concubine de Dracula
Michaela Bercu : concubine de Dracula
Florina Kendrick : concubine de Dracula
 
Mon avis :
 Soucieux, bien entendu, d’empiler les sous, Universal se lança, pendant les années 90, dans des remakes des grands mythes qui avaient fait la gloire du cinéma de la Hammer dans les années 50 et 60, c’est-à-dire, FrankensteinLe Loup-GarouL’Homme InvisibleLa Momie et donc, pour commencer, un certain Dracula dont la réalisation fut orchestrée par le grand Francis Ford Coppola en personne. Se voulant nettement plus fidèle au roman de Stoker que les autres films dédiés au plus célèbre des vampires, Bram Stoker’s Dracula frappa fort avec une publicité et un merchandising limite excessifs, qui clamait haut et fort son statut de chef-d’œuvre. Ce côté chef-d’œuvre préfabriqué, qui, accessoirement, ne fut pas une première dans le cinéma venant d’outre atlantique et qui se poursuit encore de nos jours, avait de quoi gêner, surtout à l’époque où je me souviens très bien que le public se scinda alors en deux et ce, de manière assez distincte. Ainsi, d’un coté, nous avions ceux qui descendirent l’œuvre de Coppola, la considérant comme un fourre-tout sans saveur et lourdingue, tandis que d’autres, eux, considérèrent celle-ci comme étant une œuvre flamboyante et sensationnelle. Et, justement, il faut tout de même reconnaitre que ces derniers n’avaient pas tout à fait tort puisque, en toute franchise, la réalisation du sieur Coppola était aussi impressionnante que tentaculaire, virevoltant dans tous les sens avec tous les éléments faisant directement la renommée d’un classique hollywoodien : effets spéciaux époustouflants, musique baroque et exacerbée, casting abondamment fourni, scènes d’anthologie, poésie, hémoglobine, érotisme. Bref, un cocktail qui pourrait se montrer comme étant un peu trop parfait, mais qui n’était pas exempt de défauts. D’ailleurs, étant un grand amateur de l’œuvre, que j’ai dut voir deux ou trois fois au cinéma, avant de poursuivre au fil des ans, sur le petit écran, je ne peux nier ces derniers, les plus cités et évidents étant, naturellement, les performances de Keanu Reeves, surtout, et Anthony Hopkins. Pourquoi ? Le premier, d’une platitude navrante, était tout simplement inexistant et essaya de nous faire croire qu’il était le héros de l’histoire avant de décrocher complètement, l’autre, lui, cabotinait beaucoup trop pour un rôle se voulant efficace et sobre. C’est dit, c’est fait et maintenant passons à toute autre chose car, fort heureusement, Dracula possède bien plus de qualités que de défauts. Absente dans tous les nombreux films mettant en scène le suceur de sang, la vision du conquérant qu’il fut avant que Stoker ne reprenne le personnage était enfin exploité dans une intro pour le moins flamboyante, où le sang et les larmes se rejoignent dans un trip baroque et gore, très proche de Excalibur. Ainsi, dans un ciel rouge, Vlad empale les ennemis à la chaîne avant de voir sa vie s’écrouler suite au décès de son épouse, qui, le croyant mort aux mains des turcs, s’est suicidée. Entre tragédie et peinture historique (excellent effet que sont ces ombres chinoises), l’intro, donc, frappait fort par ses images tonitruantes et blasphématoires (la croix qui saigne sous le coup d’une épée, l’ange pleurant du sang, le suicide d’Elizabeta) et nous envoyait l’un des plus beaux plans du film, montrant Vlad rejoindre son château sur une route d’empalés. Pas d’images numériques, les mate painting et les trompe-l’œil sont rois, et apportaient un cachet supérieur à la dite séquence, inoubliable. Ensuite, quelques siècles s’écoulent et nous nous retrouvons à la fin du dix-neuvième siècle, à Londres, où Mina Harker voit son fiancé partir pour la Transylvanie où ce dernier doit établir un contrat avec un certain comte Dracula. Chemin tortueux, cocher griffu, loups affamés, brouillard, gitans apeurés, château gothique : bref on redécouvre avec un plaisir certain tout ce qui a toujours fait la force de l’univers du célèbre vampire, ici sous la forme d’un vieillard blanc comme un linceul, aux manières distinguées et inquiétantes. Gary Oldman, ici grimé, est méconnaissable, mais on sera ravi de son jeu d’acteur reprenant le coté blafard et imprévisible d’un Nosferatu le Vampire avec la grâce et l’accent roumain du Dracula de Browning. Dans la première partie du film, Francis Ford Coppola hésite à choisir un héros : le comte, Mina, ou Jonathan ? Les trois à la fois en quelque sorte, ce qui n’est pas chose aisée. Quoi qu’il en soit, exploitant divinement bien la personnalité du comte, Coppola fit subir à Oldman de nombreuses transformations sidérantes, brillamment mises en images : vieillard, jeune aristocrate, loup-garou, rats, brouillard verdâtre et goule. Oldman, incontestablement, est très à l’aise dans son rôle, incarnant un Dracula parfois sadique et cruel, parfois tourmenté et amoureux, voire romantique et effrayant. A déguster, naturellement, en version originale, cela va de soi, pour goûter à toute l’essence de sa voix envoûtante et ténébreuse. Sans nul doute, pour ce qui est du personnage de Dracula, le sieur Oldman est tout bonnement parfait, nous livrant là une prestation magistrale et à laquelle, personnellement, je ne m’attendais guère. Pour ce qui est des autres acteurs, Winona Ryder et Sadie Frost occupent le casting féminin de manière très convaincante, illuminant le film de leur beauté radieuse, parfois sombre et déchaînée. Mention spéciale à la trop rare Sadie Frost, sensuelle en diable. On passera le cas Reeves/Hopkins (voir plus haut) critiquable au possible, ainsi que les autres protagonistes masculins, décidément peu en verve dans cette adaptation – en dehors d’un certain Tom Waits, finalement assez bon dans un rôle totalement déjanté – pour signaler l’un des premiers rôles de Monica Bellucci en femelle diabolique. Accompagnée d’ailleurs des deux autres femmes de Dracula, elle ne passe que fugitivement à l’écran mais son apparition aura marqué les esprits pour ce qui restera comme une scène d’anthologie pour tout adolescent boutonneux qui se respecte, je veux, bien entendu, parler du célèbre viol où ce benêt de Jonathan tombe entre les mains expertes des trois créatures, ce qui ne semble pas le ravir – décidément, non seulement Keanu Reeves est mauvais dans ce film mais en plus, il est limite idiot ! Autre scène marquante, celle où le sieur Coppola fait exploser sa narration le temps d’une longue séquence assez phénoménale où le comte arrive enfin dans la ville de Londres pendant une lourde tempête. Alors que la musique prodigieuse de Kilar se déchaîne en quelques instants, la caméra accélère ses mouvements, tourne, s’égare, filme la folie (baiser saphique, piquouze pas très catholique, geyser de sang) jusqu’à déboucher vers une image là encore assez courte mais quasi impensable pour un film se voulant hollywoodien, c’est-à-dire, le viol sauvage de Lucie par un lycanthrope soudain devenu libidineux, s’enfuyant après avoir déposé une délicate morsure sur le cou de sa victime. Forcément, on arrive avec cette scène, entre autres, à l’un des nœuds du problème aux yeux de certains : en effet, le sieur Coppola injecte dans son adaptation un romantisme forcené qui n’a décidément pas plu à tout le monde, mais étrangement inédit dans l’univers filmique du comte et donc, forcément intéressant. Une histoire d’amour, plus que de sexe d’ailleurs, malgré l’érotisme présent de l’œuvre, se tissant rapidement autour de Mina et de Vlad, à travers deux magnifiques scènes : les caresses échangées sur un beau loup blanc, et la découverte de l’absinthe. Pour la petite histoire, beaucoup ont vu en Dracula une métaphore sur le sida, qui devient ainsi le vampirisme. La scène d’amour entre Mina et Dracula est assez parlante, puisque le sang peut être rallié au sperme et la succion de la plaie à une fellation. Lucie étant également visée comme une condamnée, dont les prises de sang et le mal sont facilement assimilables au sida. Quand à l’action, elle explosera lors d’un final expéditif un poil trop expéditif, mais qui avait au moins le mérite de s’achever sur une séquence plutôt émouvante et sanglante, où tout se termina là où tout avait commencé. Cependant, pourquoi Coppola a-t-il placé la belle chanson d’Annie Lennox Love Song for a Vampire au fin fond du générique et non après la séquence en question ? Bizarre et un peu déstabilisant. Quoi qu’il en soit, en forçant le trait sur la notion « opéra baroque et sanglant », Francis Ford Coppola nous proposa des scènes épatantes comme la mort grand guignolesque de Mina et son réveil dans la crypte, ainsi que des idées fabuleuses – la rencontre entre Dracula et le cinéma dans l’une des meilleures scènes, selon moi, du film, où le Comte déambule dans les rues d’un Londres au fait du modernisme de l’époque ! Souvent garni de détails savoureux (les ombres à travers la vitre lors de la discussion Mina/Dracula, les empalés encore présents dans la cour de Dracula), le film jouait fort habillement avec des raccords surréalistes souvent originaux et assez réussis, pour peu que l’on ait le cœur bien accroché, j’entends bien, tout en nous proposant un nouveau regard sur un mythe, à l’époque, totalement épuisé, et qui, fatalement, revint alors sur le devant de la scène. En conclusion, si Dracula n’est pas une œuvre certifiée parfaite à 100%, j’en conviens, elle reste tout de même le fruit d’un travail conséquent et une vision quasi-unique du grand suceur de sang qu’est Dracula. Et, finalement, cela suffit amplement, ce, malgré quelques défauts regrettables pour ce qui est du casting ainsi qu’un certain coté fourretout que l’on ne peut occulter. Mais bon, comme je l’ai souligné, au vu de ses immenses qualités, nettement plus nombreuses que ses défauts, et de la vision d’un réalisateur de génie, reconnaitre que ce Dracula est un véritable chef d’œuvre du genre est, de mon point de vu, une évidence et j’irais peut-être même un peu plus loin en affirmant, sans la moindre exagération, que celui-ci est la meilleure adaptation de l’œuvre de Stocker mais aussi le plus grand film de vampires de tous les temps.
 

Points Positifs
 :
- Sans nul doute la meilleure adaptation du cultissime Dracula de Bram Stocker, en tous cas, la plus fidèle. Flamboyant, d’une inventivité rare, bourré de bonnes idées, Francis Ford Coppola s’est surpasser sur ce film est nous a tout simplement pondu une œuvre magnifique et intemporelle.
- Si l’histoire d’amour entre Mina Harker et Dracula est totalement absente du roman, ici, elle sublime littéralement l’histoire et fait du vampire un personnage tragique et pour lequel on éprouve même de la compassion, ce, malgré tous ses crimes.
- Gary Oldman est tout simplement stupéfiant dans le rôle de Dracula et, en toute sincérité, rien que pour sa prestation, ce film mérite le détour.
- Winona Ryder et Sadie Frost crèvent tout bonnement l’écran.
- Clins d’œil a d’autres adaptations du vampire, effets cinématographiques qui renvoient au début du cinéma, jeux d’ombres, effets spéciaux bluffant – même lorsque l’on devine les grosses ficelles de ces derniers – jeux de lumières, d’ombres. Bref, chaque scène, ou presque, est un régal pour le spectateur.
- Un érotisme parfaitement assumé mais qui ne dénote nullement dans ce film.
 
Points Négatifs :
- La prestation catastrophique de Keanu Reeves dans le rôle de Jonathan Harker. Il faut dire qu’à la base, ce personnage n’est pas le plus emballant qui soit, mais là, c’est une véritable purge et on se demande même si le premier gus venu n’aurait pas fait mieux que ce pauvre Keanu Reeves dont le charisme, ici, tient davantage de celui d’une huitre !?
- Un Anthony Hopkins qui en fait des tonnes et qui finit par faire perdre toute crédibilité à son personnage.
- Dans l’ensemble, il faut reconnaitre que le casting masculin est loin d’être à la hauteur de ce que l’on était en droit d’attendre. Nous pas que tout ce petit monde soit mauvais, loin de là, mais bon, en comparaison du casting féminin, il n’y a pas photo.
- Dommage que le film ne soit pas un poil plus long.
 
Ma note : 8,5/10

vendredi 25 avril 2025

Matrix Revolutions


Matrix Revolutions
 
Les passagers du Nébuchadnézzar ont été recueillis par le Hammer après la destruction du premier par les Sentinelles. Néo est tombé dans une sorte de coma (il est en fait coincé dans un monde intermédiaire dont il sera libéré par Trinity) après avoir court-circuité quatre Sentinelles. La contre-attaque des autres hovercrafts a échoué à cause d'un EMP déclenché trop tôt qui a endommagé les vaisseaux et les équipages se sont fait massacrer par les Machines toujours en chemin pour Zion. Le seul survivant, dans le coma lui aussi, est Bane (contrôlé par Smith). Le Hammer est à la recherche du Logos, le vaisseau du capitaine Niobe. Néo va voir l'Oracle une dernière fois. Elle lui fait comprendre qu'il doit se rendre à la ville des Machines, le vrai emplacement de la Source et que Smith (qu'elle définit comme le double négatif de Néo) est la clé de la fin de la guerre. Après le départ de Néo, Smith et ses clones arrivent et l'Oracle le laisse l'absorber. Le Smith possédant l'Oracle devient capable de transgresser les lois de la Matrice (comme Néo) et« voit » sa victoire grâce aux pouvoirs de l'Oracle.
 

Matrix Revolutions
Réalisation : Larry et Andy Wachowski
Scénario : Larry et Andy Wachowski
Musique : Don Davis
Production : Warner Bros
Genre : Science-Fiction, Cyberpunk
Titre en vo : The Matrix Revolutions
Pays d'origine : Etats-Unis, Australie
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 27 octobre 2003
Durée : 129 mn
 
Casting :
Keanu Reeves : Néo
Carrie-Anne Moss : Trinity
Laurence Fishburne : Morpheus
Hugo Weaving : Agent Smith
Mary Alice : L'Oracle
Jada Pinkett Smith : Capitaine Niobe
Sing Ngai : Séraphin
Ian Bliss : Bane
Nona Gaye : Zee
Harold Perrineau Jr. : Link
Essie Davis : Maggie
Harry Lennix : Commandant Lock
Nathaniel Lees : Commandant Mifune
Lambert Wilson : Le Mérovingien
Monica Bellucci : Persephone
Anthony Zerbe : Conseiller Hamann
Helmut Bakaitis : L'Architecte
Bruce Spence : L'homme du train
Clayton Watson : Le Kid
 
Mon avis :
 Après Matrix qui, pour rappel, avait été un des films les plus marquants de la fin du vingtième siècle puis Matrix Reloaded qui s’était avéré être une suite pour le moins réussie, c’est au tour du troisième volet, ce fameux Matrix Revolutions d’avoir droit sa critique sur ce blog. Dernier film de la célèbre trilogie des frères Wachowski, celui-ci, en fait, fut tourner au même moment que Matrix Reloaded et la jonction entre les deux longs métrages se fait le plus naturellement du monde dès les premières minutes. Pourtant, là où on aurait put croire que nous allions avoir affaire a un long film de plus de quatre heures diviser en deux, ce Matrix Revolutions est franchement différent de son prédécesseur, et ce, principalement pour la simple et bonne raison que la quasi-totalité de l’action se déroule dans la ville de Zion, assiégée par les machines, la Matrice, elle, étant quasiment absente, en dehors du début et de la fin avec le combat apocalyptique entre Néo et l’Agent Smith. Cependant, si l’on retrouve tous les éléments qui avaient fait la force de cette œuvre – univers, protagonistes – si l’on ne peut nier que, une fois de plus, comme prévu, c’est toujours aussi spectaculaire et que, enfin, on en voit finalement le bout, c’est avec un certain regret, et ce revisionage me la confirmer, que je dois reconnaitre que ce dernier volet n’est pas a la hauteur de ses prédécesseur. Certes, la conclusion n’est pas mauvaise, loin de là, certes, dans le déroulement de l’intrigue générale, c’est ce que l’on était en droit d’attendre, hélas, et ce n’est pas un mince défaut, bien au contraire, Matrix Revolutions pèche par ses longueurs, ses extrêmes longueurs qui font que, au bout d’un moment, eh ben, je me suis surpris en plein combat entre humains et machines a m’ennuyer, ce qui est un comble. Alors oui, je sais, depuis quelques années, le cinéma a tendance à aller vers le toujours plus et, bien des films de plus en plus longs ou qui nous proposent des combats qui durent une demi-heure voir plus (repensez un peu a la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson), sauf que, le problème, c’est que ça ne marche pas toujours et que souvent, on n’attend qu’une chose, que celui-ci prenne fin. Car si cette attaque de Zion par les machines devait être le point d’orgue de ce film, eh ben, force est de constater que celle-ci est raté, la faute, vous l’avez compris, a une durée excessive qui finit par gâcher l’ensemble. Qui plus est, le problème, c’est que ces longueurs, mises bout a bout – il y en a d’autres, c’est comme le vaisseau de Niobe et Morpheus qui met trois heures a arriver a Zion – font que l’on passe trop de temps sur des détails loin d’être indispensables et que, au final, le principal est galvaudé : ainsi, lorsqu’arrive l’affrontement entre Néo et l’Agent Smith, je n’ai pas put m’empêcher de me dire : « oh non, encore un truc qui va durer des lustres ! » Pourtant, ce n’est pas vraiment le cas, mais vu que j’avais été saoulé par l’attaque de Zion qui avait duré des heures, je n’ai pas put l’apprécier a sa juste valeur. Dommage, oui, fort dommage car une œuvre comme Matrix méritait une autre conclusion, surtout que les bonnes idées ne manquaient pas et que tout était en place pour en faire un incontournable. Le problème, c’est que, comme souvent de nos jours, cette manie de vouloir étirer des films en longueur, même quand cela ne se justifie pas et, ici, force est de constater que ce fut bel et bien le cas…
 

Points Positifs
 :
- Scénaristiquement parlant, il n’y a rien à redire : nous avons enfin les réponses à toutes nos questions (enfin, je pense), les agissements des divers protagonistes, leur destin, sont on ne peut plus acceptables et c’est fou ce que ce film regorge de bonnes idées.
- Pour ce qui est des bonnes idées, le passage dans la station de métro en est une qui m’a bien plut. De même, la façon dont Néo vient à bout de l’Agent Smith est bien trouvée également. Et puis, le monde des machines avait l’air pas mal… hélas, on le voit à peine !
- Malgré tout, il reste une flopée de scènes marquantes dans ce troisième volet, et puis, le coté christique de Néo à la fin, c’est pas mal.
- Comme dans les volets précédant, pour ce qui est des effets spéciaux, c’est une fois de plus une pure merveille, même si c’est moins spectaculaire ou flagrant que dans les autres films ; cela est dut au fait que la majeure partie de l’intrigue a lieu dans le monde réel et que, du coup, on n’a pas droit a des types qui se battent en faisant des acrobaties.
 
Points Négatifs :
- C’est beaucoup trop long, énormément long même, au point que l’on finisse par bailler voir quasiment s’assoupir… mais à quoi cela sert-il de nous pondre des scènes de combat qui n’en finissent plus !? L’attaque de Zion en devient une véritable souffrance, et, du coup, tout ce qui s’en suit en devient pénible…
- Du coup, on se retrouve avec un troisième volet quasi-bancal et où, finalement, il ne se passe pas grand-chose vu que, les deux tiers du temps, on a droit a des humains qui se battent contre des machines ou le vaisseau de Niobe qui vole dans un couloir. Bref, le début est bien, la fin également, pour le reste, c’est un peu bof.
- Dommage car en raccourcissant pas mal de choses et en donnant de l’importance a d’autres scènes, l’équilibre de ce Matrix Revolutions aurait été plus réussi et ce film aurait été aussi bon que ses prédécesseurs.
 
Ma note : 7/10

Matrix Reloaded


Matrix Reloaded
 
Néo parvient à mieux contrôler ses dons et pouvoirs naturels. Cependant, le temps presse : Sion va être attaquée par 250000 sentinelles robotiques, programmées pour anéantir les derniers humains. Morpheus tente de galvaniser les habitants de Sion en leur rappelant la parole de l'Oracle : l'Élu est capable d'arrêter la guerre contre les machines. Alors que tous les espoirs sont sur lui, Neo est confronté à une résistance croissante. De son côté, son ennemi, le programme d'éradication appelé Agent Smith, a perdu sa fonction initiale et devient un programme libre de se propager dans la Matrice. Son seul but : contrôler la Matrice puis le monde réel, mais il reste un unique obstacle devant lui : Néo.
 

Matrix Reloaded
Réalisation : Larry et Andy Wachowski
Scénario : Larry et Andy Wachowski
Musique : Don Davis
Production : Warner Bros
Genre : Science-Fiction, Cyberpunk
Titre en vo : The Matrix Reloaded
Pays d'origine : Etats-Unis, Australie
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 7 mai 2003
Durée : 132 mn
 
Casting :
Keanu Reeves : Néo
Carrie-Anne Moss : Trinity
Laurence Fishburne : Morpheus
Hugo Weaving : Agent Smith
Matt McColm : Agent Thompson
Monica Bellucci : Persephone
Gloria Foster : L'Oracle
Lambert Wilson : Le Mérovingien
Randall Duk Kim : Le Maître des Clés
Sing Ngai : Séraphin
Jada Pinkett Smith : Capitaine Niobe
Essie Davis : Maggie
Neil et Adrien Rayment : Les Jumeaux
Harry Lennix : Commandant Lock
Harold Perrineau Jr. : Link
Anthony Zerbe : Conseiller Hamann
Helmut Bakaitis : L'Architecte
 
Mon avis :
 Comme vous l’avez sans nul doute remarqué, dans ma critique précédente je vous ai parlé de l’un des films les plus marquants de la fin du siècle dernier, le célèbre et cultissime Matrix. Forcément, puisque j’étais si bien lancer, il me fallait poursuivre mes critiques des autres volets de la saga et vous parler, donc, à présent, de ce Matrix Reloaded, second volet d’une trilogie qui aura sans nul doute marquée son époque et je pense, en affirmant cela, que toutes celles et ceux qui l’on connut seront plus ou moins d’accord avec moi. Ceci étant dit, tout d’abord, avec cette suite que les fans auront attendue pendant quatre longues années, ce qui en ressort, principalement, c’est que l’effet de surprise ressenti lors du premier volet ne fonctionne plus. Nous sommes désormais en terrain familier, et, que ce soit le synopsis – ce monde imaginaire crée par les machines pour que ces dernières puissent se nourrir des humains – ou les effets spéciaux – bullet time et compagnie – tout cela n’a plus rien de nouveau. Pourtant, force est de constater que les frères Wachowski (a l’époque, ils étaient encore deux frères) vont encore plus loin dans cette suite, sublimant des effets spéciaux pourtant déjà exceptionnels dans le premier film. Ce fait, incontestable et que j’avais oublié, est selon moi important car si au fil des ans, on devient blasé par tout un tas de choses, on ne peut nier que même près de deux décennies plus tard, rares sont ceux qui peuvent rivaliser avec cette trilogie. Ceci étant dit, quid du scénario ? Eh ben, ma foi, la aussi, ce fut une bonne surprise car malgré le fait que l’on soit en terrain connu et que ce film n’est que le second de la trilogie – place toujours batarde en temps normal – il faut lui reconnaitre sa qualité scénaristique indéniable : on apprend pas mal de choses sur la Matrice, sur la lutte entre les humains et les machines, sur les programmes libres qui jouent leur propre jeu, mais aussi, pas mal de nouvelles questions pour le moins intrigantes suite a la rencontre entre Néo et l’Architecte, celle-ci semblant avoir déjà eu lieu plusieurs fois auparavant. Ajoutons a cela des scènes d’actions toujours aussi impressionnantes et un approfondissement général de l’univers de l’œuvre et vous comprendrez mon enthousiasme final quant a se second volet de Matrix. Dommage qu’une certaine facilité scénaristique prenne parfois le pas sur l’ensemble et que de longues discussions métaphysiques pas toujours simple a saisir viennent un peu gâcher l’ensemble, mais bon, ce ne sont que des détails qui n’empêchent nullement ce Matrix Reloaded d’être un excellent film.
 

Points Positifs
 :
Matrix avait placé la barre très haut en 1999, Matrix Reloaded réussi l’exploit, quatre années plus tard, de faire encore mieux, pourtant, ce n’était pas gagner. Mais sincèrement, les effets spéciaux sont encore plus impressionnants que dans le premier volet.
- Un approfondissement de nos connaissances de l’univers de la Matrice, de son histoire, de la lutte entre humains et machines, de l’existence de programmes qui jouent leur propre jeu, mais aussi, ne l’oublions pas, tout un tas de nouvelles questions qui viennent remettre en cause bon nombre de nos certitudes.
- Mine de rien, il y a une flopée de scènes cultes : la poursuite sur l’autoroute, Néo contre les hommes du Mérovingien, Néo, toujours lui, contre des dizaines d’Agent Smith.
- Bien évidement, tout ce que l’on avait aimé dans le premier volet est encore présent ici : esthétique générale, synopsis, personnages plutôt réussis, effets spéciaux, scènes d’actions à couper le souffle, etc.
 
Points Négatifs :
- Bien entendu, ici, l’effet de surprise ressenti lors du premier volet ne marche plus, ce qui n’est pas non plus un véritable défaut en soi, la chose étant logique. Mais bon, ça compte tout de même.
- La scène de la danse a Sion : la première fois que je l’ai vu, je l’ai trouvée ridicule, et deux décennies plus tard, mon opinion n’a pas changée…
 
Ma note : 8,5/10

Matrix


Matrix
 
Programmeur anonyme dans un service administratif le jour, Thomas Anderson devient Neo la nuit venue. Sous ce pseudonyme, il est l'un des pirates les plus recherchés du cyberespace. A cheval entre deux mondes, Neo est assailli par d'étranges songes et des messages cryptés provenant d'un certain Morpheus. Celui-ci l'exhorte à aller au-delà des apparences et à trouver la réponse à la question qui hante constamment ses pensées : qu'est-ce que la Matrice ? Nul ne le sait, et aucun homme n'est encore parvenu à en percer les défenses. Mais Morpheus est persuadé que Neo est l'Elu, le libérateur mythique de l'humanité annoncé selon la prophétie. Ensemble, ils se lancent dans une lutte sans retour contre la Matrice et ses terribles agents...
 

Matrix
Réalisation : Larry et Andy Wachowski
Scénario : Larry et Andy Wachowski
Musique : Don Davis
Production : Warner Bros
Genre : Science-Fiction
Titre en vo : The Matrix
Pays d'origine : Etats-Unis, Australie
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 31 mars 1999
Durée : 135 mn
 
Casting :
Keanu Reeves : Néo ou Thomas A. Anderson
Carrie-Anne Moss : Trinity
Laurence Fishburne : Morpheus
Hugo Weaving : Agent Smith
Gloria Foster : L'Oracle
Joe Pantoliano : Cypher ou Mr Reagan
Marcus Chong : Tank
Ada Nicodemou : Dujour
Matt Doran : Le Mulot
Belinda McClory : Switch
Julian Arahanga : Apoc
Anthony Ray Parker : Dozer
Paul Goddard : Agent Brown
Robert Taylor : Agent Jones
Steve Dodd : l'homme aveugle
 
Mon avis :
 Dans le petit monde du Septième Art, tout le monde sait que certaines œuvres, lorsqu’elles sortent, marquent tellement le genre qu’elles en deviennent des incontournables, et ce, qu’on les apprécie ou non, car bon, comment dire, même celles et ceux, et ils doivent être nombreux de par le monde, qui n’ont pas aimé Matrix reconnaissent du moins qu’il y eut un avant et un après Matrix, ne serait-ce que dans le domaine des effets spéciaux qui, avec ce film, stupéfièrent littéralement a la fois les critiques et les spectateurs. Car en cette année 1999, en cette fin de siècle, la sortie de Matrix fut un véritable coup de tonnerre, quelque chose d’énorme, que les plus jeunes, blasés, ne peuvent pas comprendre, et qui annonçait, en quelque sorte, ce qui serait le cinéma des années 2000 où rien ou presque ne serait plus impossible. Effets spéciaux éblouissant, donc, fameux bullet-time entrés depuis dans la norme et copiés dans tant d’œuvres, chorégraphies de combats totalement improbables et hallucinantes, usage des ralentis jusqu’à n’en plus finir, avec Matrix, les frères Wachowski lancèrent un véritable pavé dans la marre, ringardisant d’un coup, un seul, tous les films d’actions sortis auparavant, mais ce n’est pas tout, car Matrix, ce n’est pas qu’un film – enfin, une franchise car il y eut des suites – où l’on voit des mecs courir sur des murs et éviter des balles dans des positions pour le moins absurdes, non, Matrix, c’est aussi une œuvre de science-fiction, et pas des moindres. En effet, imaginez un monde, le notre, qui en fait, ne serait pas réel, tout n’étant qu’illusion – la nourriture, les voitures, les immeubles, notre vie en gros – crée par des machines, celles-ci ayant pris le contrôle environ 200 ans auparavant et nous maintenant en vie, comme du bétail, dans des cocons, afin de les nourrir. Une vision cauchemardesque où, en dehors de quelques individus qui connaissent la vérité, le reste de l’humanité continue à vivre sa vie comme si de rien n’était, et ce, dans l’illusion la plus totale. Et au sein de ces quelques « éveillés », il y aurait un certain élu, le fameux Neo – Keanu Reeves – pris en main par un certain Morpheus – excellent Laurence Fishburne – et qui, vous l’avez compris, va devoir lutter contre cette fameuse Matrice. Bref, vous l’avez sans doute compris, si le scénario est suffisamment intéressant et possède quelques bonnes idées de part ses propos et son coté paranoïaque – en gros, il faut se méfier de tout le monde et on est contrôler dans l’ombre, ce qui plaira aux complotistes de tout poil – au final, l’histoire en elle-même est plutôt convenue et l’on est plus marqué par tout ce déploiement d’effets spéciaux tout bonnement incroyables pour l’époque que par tout ce fatras pseudo-philosophique que l’on nous assène au cours du film. Cependant, cela n’empêche nullement ce Matrix d’être un bon film, car même si un quart de siècle plus tard, on est moins impressionner par les effets spéciaux, rien que pour le côté historique, il se doit d’être vu par tout cinéphile digne de ce nom, surtout pour les amateurs de SF, naturellement…
 

Points Positifs
 :
- Tous ceux de ma génération en conviendront sans peine : lors de sa sortie, en 1999, Matrix fut un véritable coup de tonnerre, un truc qui aura marqué l’histoire du cinéma, surtout pour ses effets spéciaux, bluffant a l’époque et copiés a maintes reprises depuis.
- Des types qui courent sur les murs, qui font des bonds incroyables, qui évitent les balles en se contorsionnant, les bullet time, la façon d’user des ralentis ; effectivement, il y eu un avant et un après Matrix.
- Mine de rien, le synopsis est loin d’être à jeter, bien au contraire : ce monde où tout est illusion et où une humanité vit, sans le savoir, sous le contrôle des machines afin de nourrir ces dernières, c’est plutôt pas mal.
- L’esthétique générale du film avec, bien entendu, ces protagonistes qui portent du cuir ou des costumes, tous sombres…
- Je suis un vieux fan inconditionnel de Trinity – ah, Carrie-Anne Moss – mais je dois reconnaitre qu’il a plutôt la classe l’Agent Smith.
 
Points Négatifs :
- Le problème, parfois, avec certaines œuvres qui révolutionnent l’histoire des effets spéciaux, c’est qu’avec le temps, elles impressionnent moins, et, sincèrement, un quart de siècle plus tard, cela commence a devenir le cas même si tout cela reste plutôt excellent – et puis, Matrix fut tellement copié qu’au bout d’un moment, ça ne fait plus le même effet.
- Tout le coté pseudo-philosophique, c’est un peu saoulant à la longue, il faut le reconnaitre.
 
Ma note : 8,5/10