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mardi 24 juin 2025

Berserk – L'Âge d'Or


Berserk – L'Âge d'Or
 
Midland : un royaume pris, depuis un siècle, dans l'étau d'une guerre sans merci avec ses voisins. Sur les champs de bataille, Guts, un jeune mercenaire lutte pour survivre au quotidien. Malgré son jeune âge, il se bat avec la rage d'un chien fou, déploie une effroyable dextérité et traîne derrière lui une épée au gabarit impressionnant. Alors qu'il sort d'une énième bataille, il est pris à partie par une bande de mercenaires, qui s'imaginent pouvoir le détrousser. Le choc est rude, et leur chef est obligé d'intervenir pour éviter que ses lieutenants ne se fassent massacrer en quelques instants. Après un affrontement en combat singulier, Guts se retrouve embrigadé et découvre qu’il a affaire à la Troupe des Faucons, des mercenaires aguerris dirigés par Griffith, un jeune homme charismatique et mystérieux, qui semble promis à une ascension fulgurante…
 

Berserk – L'Âge d'Or
Réalisation : Toshiyuki Kubooka
Scénario : Ichirō Ōkouchi
Musique : Shirō Sagisu, Susumu Hirasawa
Production : Dybex
Genre : Fantasy
Titre en vo : Beruseruku Ōgon Jidai-hen
Pays d'origine : Japon
Langue d'origine : japonais
Date de sortie : 04 février 2012 – 23 juin 2012 – 04 février 2013
Durée : 225 mn
 
Casting :
Hiroaki Iwanaga : Guts
Takahiro Sakurai : Griffith / Femto
Toa Yukinari : Casca
Aki Toyosaki : Charlotte
Yuki Kaji : Judeau
Yoshirou Matsumoto : Korkus
Takahiro Fujiwara : Pippin
Minako Kotobuki : Rickert
Kazuki Yao : Gaston
Nobuyuki Katsube : Roi de Midland
Rikiya Koyama : Comte Julius
Kenta Miyake : Nosferatu Zodd
Yūichi Nakamura : Silat
Shinji Ogawa : Void
Chafurin : Ubik
Miyuki Sawashiro : Slan
Rikiya Koyama : Conrad
Akio Otsuka : Chevalier Squelette
 
Mon avis :
 Il est difficile de ne pas reconnaitre que Berserk restera à tout jamais comme étant un des plus grands mangas de tous les temps, une œuvre somptueuse, magnifique et qui aurait put rester inachevée puisque, comme les nombreux fans de la saga le savent bien, si son auteur, Kentarō Miura, nous a quitter brutalement le 6 mai 2021, il y a de cela un an paraissait le tout premier tome réalisé par les successeurs du maitre, Kōji Mori, mangaka lui aussi et meilleur ami de ce dernier, ainsi que le Studio Gaga, c’est-à-dire, les anciens collaborateurs du sieur Miura. Cependant, si les nombreux fans de Berserk pouvaient retrouver le sourire en se disant que, ainsi, ils auraient droit à la conclusion de leur manga préféré, il était évident que, d’un autre coté, sans Kentarō Miura, ce ne serait plus vraiment la même chose. Etant moi-même un fan absolu de Berserk, je me suis dit, en attendant la parution du prochain volet, qu’il serait dommage de ne pas regarder son adaptation sur grand écran, le fameux Berserk – L’Âge d’Or. Composé, à la base, de trois films – L'Œuf du RoiLa Bataille de Doldrey et L'Avent – je me suis dit qu’une seule critique suffisait vu que, premièrement, je me suis taper les trois à la suite, deuxièmement, eh bien, disons que vu que tous les éléments narratifs se suivent, je ne voyais pas l’intérêt de vous pondre trois critiques !? Plus de quatre d’heures de film, donc, qui revient, dans les grandes lignes, sur ce qui est, sans aucun doute possible, le meilleur arc du manga, celui de L’Âge d’Or et qui va, grosso modo, de la fin du troisième tome au cultissime treizième – bref, le long flashback où le sieur Miura nous narre l’enfance de Guts, sa rencontre avec Griffith, son entrée dans la Troupe du Faucon puis, tous les événements qui ont lieu jusqu’au fameux Avent. Naturellement, et sans grande surprise, malgré la durée conséquente de ces trois films, certains passages manquent à l’appel et si l’on peut accepter sans sourciller que des protagonistes soient moins développés, dommage que l’enfance de Guts passe à la trappe. Cependant, malgré ces quelques défauts, pour le reste, disons que c’est du tout bon ! Assez récent puisque sortit sur nos écrans il y a sensiblement une décennie, Berserk – L’Âge d’Or est, visuellement parlant, une belle réussite pour ce qui est de l’animation en elle-même. De même, on retrouve ici toute la violence du manga qui atteint son paroxysme lors du fameux Avent où toute la Troupe du Faucon est massacrée, Casca violée devant Guts et où Griffith devient un God Hand – je ne pense pas que l’on puisse encore parler de spoiler vu l’ancienneté du manga. Du coup, les fans de l’œuvre originale en ont pour leur argent et retrouveront avec plaisir un arc narratif qui, accessoirement, est tout simplement le meilleur du manga. Quand aux autres, celles et ceux qui ne connaissent pas Berserk, seront-ils attirés par ce film, est-ce que celui-ci leur donnera envie de découvrir le manga ? Ma foi, vu que celui-ci représente une excellente entrée en matière pour découvrir l’univers de Berserk, pourquoi pas ?!
 

Points Positifs
 :
- Une excellente adaptation de ce qui restera comme étant le meilleur arc narratif de Berserk, célèbre manga qui est, sans nul doute, le meilleur de ces trente dernières années. Il faut dire que L’Âge d’Or – un très long flashback dans le manga – a acquis depuis longtemps un statut tellement culte qu’il est difficile de ne pas s’extasier devant le scénario de folie du sieur Kentarō Miura qui atteint son paroxysme dans un final d’une horreur et d’une noirceur absolue.
- On est toujours en droit d’avoir des doutes quand à la qualité d’une adaptation d’une œuvre aussi culte, or, dans le cas qui nous préoccupe ici, force est de constater que, malgré quelques raccourcis, Berserk – L’Âge d’Or est une très bonne adaptation qui ravira, sans nul doute, les nombreux fans du manga original.
- Le plaisir, incommensurable, de retrouver Guts, Casca, Griffith et le reste de la Troupe du Faucon sur grand écran !
- Même si on connait les événements par cœur, il est difficile de ne pas être choqués et horrifiés par les événements qui ont lieu pendant l’Avent…
- Une animation moderne et de qualité, une bande originale réussie, des décors magnifiques, bref, que demander de plus ?
 
Points Négatifs :
- L’adaptation est réussie dans l’ensemble, il est tout de même dommage que, malgré ses plus de quatre heures – si l’on met les trois films bout à bout – celle-ci fasse l’impasse sur la jeunesse de Guts et que quelques protagonistes n’aient pas été davantage développés.
- On ne va pas se mentir, même si Berserk – L’Âge d’Or est une bonne entrée en matière pour découvrir l’univers de Berserk, cela reste avant toute chose une adaptation qui ravira principalement les fans de l’œuvre originale.
- Comme je le soulignais régulièrement dans mes critiques du manga, Berserk est une œuvre très spéciale et toute cette violence risque de ne pas plaire a tout le monde, certains ne voyant que le coté très bourrin de celle-ci. Pourtant, lorsque l’on creuse un peu…
 
Ma note : 8/10

dimanche 18 mai 2025

Valse avec Bachir


Valse avec Bachir
 
En 1982, durant l'opération Paix en Galilée, le jeune Ari Folman, dix-neuf ans, fait son service militaire. Vingt-quatre ans plus tard, en 2006, il rencontre un ami de cette époque, Boaz, qui lui parle d'un rêve étrange qu'il fait toutes les nuits depuis plus de deux ans, mettant en scène des chiens qu'il a tués durant la guerre. Ari tente alors de se rappeler cette période de sa vie, sans y parvenir. Il parvient cependant à se remémorer une scène qu'il ne peut interpréter : lui et deux jeunes soldats sortant nus de la mer sous la lumière de fusées éclairantes dans la baie de Beyrouth. Il pense alors qu'il s'agit des scènes du massacre de Sabra et Chatila, où l'armée israélienne à couvert les milices phalangistes chrétiennes partisanes de Bachir Gemayel, mais sans en être sûr, sans même savoir s'il était réellement présent près du camp cette nuit du 17 septembre 1982. Ari Folman décide de rencontrer des compagnons de cette période et de les questionner sur la guerre.
 

Valse avec Bachir
Réalisation : Ari Folman
Scénario : Ari Folman
Musique : Max Richter
Production : Bridgit Folman Film Gang, Razor Film Produktion GmbH
Genre : Animation, Guerre
Titre en vo : Vals Im Bashir
Pays d'origine : Israël, France, Allemagne
Langue d'origine : hébreu, anglais
Date de sortie : 05 juin 2008
Durée : 90 mn
 
Casting :
Ari Folman : son propre rôle
Miki Leon : Boaz Rein-Buskila
Ori Sivan : son propre rôle
Yehezkel Lazarov : Carmi Cna'an
Ronny Dayag : son propre rôle
Shmuel Frenkel : son propre rôle
Dr Zahava Solomon : son propre rôle
Ron Ben-Yishai : son propre rôle
Dror Harazi : son propre rôle
 
Mon avis :
 De temps à autre, au cours d’une vie, on tombe parfois sur ce que y est, tout simplement, un chef d’œuvre, et, la plus part du temps, cela nous tombe dessus de façon tout à fait inattendue. Alors certes, Valse avec Bachir, d’entrée de jeu, était fort prometteur et je me doutais bien que, après avoir entendu moult louanges à son sujet, je n’avais que peu de chances d’être déçu. Non pas que je fasse énormément confiance aux critiques puisque j’ai plutôt tendance à me méfier de celles-ci, mais plutôt que, au vu du sujet traité, je veux, bien entendu, parler de la guerre du Liban en 82, et de l’esthétique sombre, mélange de BD européenne et fausse 3D, j’étais persuader, avant coup, que ce long métrage d’animation allait me plaire. Et donc, sur ce point, je n’ai nullement été déçu, bien au contraire. Il faut dire que, histoire d’expliquer mon enthousiasme, dans Valse avec Bachir, la démarche psychanalytique est l’essence même de cette œuvre autobiographique d’un réalisateur israélien, Ari Folman, légitimement traumatisé par son expérience de jeune soldat durant la guerre du Liban de 1982. D’ailleurs, le début du film nous plonge d’emblée dans une vision cauchemardesque bivalente : l’esthétique ultra réaliste et sombre de la bande dessinée, voir du jeu vidéo, et la terreur nocturne incluse dans la diégèse du film (le héros se trouve pris dans des visions noires terrifiantes qu’il n’arrive guère à s’expliquer). Ainsi, lors d’une discussion avec un de ses camarades de guerre, il relate ses craintes et tente de remonter le passé, afin d’associer ses propres images à une réalité qu’il pense avoir connu. De personnage en personnage retrouvé, le héros retrace son expérience traumatique, allant au plus profond de son Histoire puisque c’est la Shoah qui est aussi traitée ici. En effet, il va se rendre compte qu’en laissant les chrétiens libanais perpétrer ces massacres, lui, comme ses compatriotes israéliens, se sont mis dans la position des bourreaux, comme les sympathisants nazis lors de la Seconde Guerre Mondiale qui ont laissé faire. L’histoire sert-elle de leçon ? L’homme sous l’autorité, en temps de guerre, ne devient-il pas un animal, à l’image de ces chiens errants et menaçants qu’on voit courir dès les premières images du film ? Tel est le questionnement philosophique de cette œuvre magistrale, magnifiée par une esthétique hyper obscure alliant la bande dessinée contemporaine européenne et le jeu vidéo. Instantanément, on est embarqué dans une aventure humaine d’où on ne peut sortir indemne. Le personnage principal, voyageant au plus profond de lui-même et de ses souvenirs qui reviennent petit à petit à la surface, accompagné par une bande son mêlant des musiques de l’époque, à du classique et de la musique de jeu, redevient le jeune soldat qu’il a été, coupable d’avoir su et de n’avoir rien fait, en recherche d’une rédemption, qu’il cherche pour lui et son peuple entier. La conclusion du film, elle, transgresse l’univers animé et mêle les images de plus en plus réalistes des massacres, aux vraies images, comme elles avaient pu être filmées à l’époque. Le procédé, bien que régulièrement utilisé (voir par exemple La Liste de Schindler où l’on voit ce que sont devenus les vrais descendants), renforce l’émotion que peut ressentir le personnage à la révélation de son propre vécu, et celle du spectateur par la même occasion. La barrière jusque là maintenue par l’effet d’animation est anéantie face à la réalité, achevant le film sur une vision cauchemardesque malheureusement vraie et intense. Le réalisateur, par l’incarnation de son héros, a effectué sa catharsis, aussi dérangeante soit-elle pour lui et la position d’Israël face à ces massacres.
 

Points Positifs
 :
- Un véritable chef d’œuvre du cinéma d’animation et qui, en toute franchise, transgresse allègrement les genres. Il faut dire que Valse avec Bachir est une œuvre bien plus profonde qu’on pourrait le penser de prime abord et que, plus qu’une simple autobiographie de son narrateur, Ari Folman, c’est un pan de l’Histoire la plus sombre de l’état d’Israël qui nous est montrer ici, ce, avec les implications que cela entraine…
- Une animation particulière mais oh combien réussie, un choix de couleurs restreint mais qui s’avère être une des grandes réussites de ce film, bref, visuellement, Valse avec Bachir est une merveille !
- Les amateurs d’Histoire seront bien entendu aux anges devant la retranscription de la fameuse Guerre du Liban qui eu lieue au début des années 80, guerre oh combien dramatique et qui rappellera bien de sombres souvenirs avec les tristement célèbres massacres de Sabra et Chatila.
- Le parallèle établi entre le comportement de l’armée israélienne lors de la Guerre du Liban et les nazis lors de la Seconde Guerre Mondiale. Et dire que Valse avec Bachir est un film israélien…
- Justement, sur ce point, à mettre en parallèle entre le comportement de la société israélienne qui est une démocratie et ses voisins arabes qui jamais ne se remettent en question, bien au contraire, ce, n’en déplaise a l’extrême gauche et aux wokistes qui ne cessent de critiquer Israël depuis le 7 Octobre…
 
Points Négatifs :
- De par sa conception même, ses multiples flashbacks et scènes oniriques, Valse avec Bachir n’est pas un film grand public, bien au contraire. Justement, celui-ci risque d’être très rapidement perdu devant ce dessin animé bien singulier. Cela est plutôt dommage mais bon, que voulez vous…
- Une œuvre qui, de par son origine, ne plaira bien évidement pas a tous les détracteurs de l’état d’Israël, aux antisémites de tout poil, aux adeptes de Mélenchon, aux wokistes, a l’extrême gauche et, bien entendu, a bon nombre des musulmans. Mais bon, est-il nécessaire de le rappeler ?
 
Ma note : 8,5/10

La Planète Sauvage


La Planète Sauvage
 
Sur la planète Ygam vivent les Draags, une espèce d'humanoïdes mesurant douze mètres de haut. Ils ont atteint les plus hauts sommets de la connaissance. Leur existence s’écoule lentement, toute entière tournée vers la méditation. Les enfants des Draags raffolent de minuscules animaux familiers, les Oms, ramenés d'une lointaine planète dévastée, Terra. Peu de Draags envisagent les Oms comme des créatures intelligentes, même s’ils sont doués d'une faculté d’adaptation certaine. Certains Draags considèrent même cette espèce comme nuisible, car si les Oms de luxe font la joie des petits, les spécimens qui s’échappent et retournent à l’état sauvage tendent à proliférer dans les parcs et volent des biens appartenant aux Draags. Terr est un bébé dont la mère, une Om sauvage, meurt lorsque des enfants Draags s'amusent avec. Tiwa, la fille de Sinh, est attendrie par le bébé et le recueille.
 

La Planète Sauvage
Réalisation : René Laloux
Scénario : René Laloux et Roland Topor d'après le roman de Stefan Wul
Musique : Alain Goraguer
Production : Les films Armorial, Service de la recherche ORTF, Československý Filmexport
Genre : Science-Fiction
Titre en vo : La Planète Sauvage
Pays d'origine : France, Tchécoslovaquie
Langue d'origine : français
Date de sortie : 06 décembre 1973
Durée : 72 mn
 
Casting :
Jennifer Drake : Tiwa
Éric Baugin : Terr enfant
William Coryn : Terr adolescent
Jean Topart : maître Sinh
Jean Valmont : Terr adulte et le narrateur
Jeanine Forney : la fiancée de Terr
Sylvie Lenoir : la voix
Yves Barsacq : un Om
Gérard Hernandez : un maître Draag
Philippe Ogouz : un Draag
Denis Boileau : un Draag
Julien Thomast : un jeune Om
 
Mon avis :
 Avant de rentrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire, la critique à proprement parler de La Planète Sauvage, film d’animation de science-fiction de René Laloux et de Roland Topor qui, pour la petite histoire, a fêter son cinquantième anniversaire il y a de cela deux ans, je tenais à m’attarder un peu sur mon histoire personnelle vis-à-vis de cette œuvre, puisque, en effet, mon ressenti, pendant bien des années, est un peu symptomatique de ce qui m’arrive un peu trop souvent à mon gout, c’est-à-dire, juger une œuvre sur une première impression et persister, coute que coute, dans ce jugement, ce, sans aucune volonté de lui donner une seconde chance. Ainsi, dans le cas présent, disons que La Planète Sauvage est un cas d’école typique. Forcément, tous ceux qui connaissent cette œuvre, qu’ils l’aient vu ou, du moins, qu’ils sachent de quoi il en retourne, peuvent  imaginer comment un enfant de six ou sept ans peut l’apprécier à sa juste valeur ? En effet, ce fut, plus ou moins, à cet âge bien tendre, que j'ai découvert cette fameuse Planète Sauvage présenté, lors de sa diffusion sur le petit écran, au début des années 80, comme étant une pure merveille, le chef d’œuvre du cinéma d’animation français. Bien évidemment, ayant à cette époque d’autres préoccupations, d’autres gouts, et surtout, un vécu qui n’est pas celui d’aujourd’hui, le visionnage de ce film me laissa dans un état de perplexité total, voire pire, me dégouta a un point que, quatre décennies s’écoulèrent avant que je ne retente l’expérience ! Ainsi, pendant bien des années, j’en étais resté à mon ressenti d’alors, estimant que, comme cette « chose » était française, qu’il en avait été fait des tonnes à son sujet, que, franchement, c’était à mille lieux de véritables dessins animés de qualité et que cette Planète Sauvage et ses animations sous LSD tenaient davantage du délire pseudo-intellectuel bien de chez nous qu’autre chose. Et le temps passa, passa, les années d’abord, puis les décennies, sans que je ne daigne retenter l’expérience. Et puis, curieusement, il y a de cela quelques années, j’avais lu un court article sur ce film et, alors que je l’avais presque oublié – mais l’on n’oublie jamais totalement La Planète Sauvage, ne serais-ce que pour ses dessins – j’eu la curieuse envie de le revoir, de découvrir, avec un regard plus mur et expérimenté, si, finalement, cette œuvre ne méritait pas que je lui donne une seconde chance. Bien entendu, me souvenant tout de même de mon vieux ressentit, je n’attendais pas grand chose de ce second visionnage, quatre décennies après, de La Planète Sauvage, pourtant, au bout de quelques minutes de film, je dus constater, un peu surpris, que, finalement, ce n’était pas aussi nul que dans mes souvenirs. D’ailleurs, la bande originale que je m’imaginais être un truc acide lambda s’avéra être, autre surprise, plutôt réussie, avec certes, une sonorité de l’époque, mais pas franchement désagréable, bien au contraire. Et puis, si les dessins, comme dans mon souvenir, étaient et restaient pour le moins particulier, je devais reconnaitre que, si je ne suis pas un immense fan de ceux-ci, loin de là, je ne pouvais m’empêcher de leur trouver une certaine qualité, me disant que le sieur Roland Topor, dans sa partie, était plutôt un bon. Spécial donc, un peu daté, certes, mais moins désagréable que prévu et d’ailleurs, nouvelle surprise, petit à petit, alors que l’intrigue avançait, je commençais a me prendre au jeu, à me dire que telle idée était plutôt pas mal, à m’amuser de rechercher les références et même, les inspirations que cette Planète Sauvage donna a d’autres œuvres ultérieures. Et puis, oui, c’était spécial, mais en fait, je me surpris à me dire que, finalement, c’était quand même pas mal pour l’époque et que, même si je ne voyais toujours pas en ce film d’animation le chef d’œuvre annoncé par certains, et bien, celui-ci n’en restait pas moins comme étant plutôt bon ! Alors, certes, je ne suis pas rentré dans le vif du scénario, laissant le plaisir de la découverte a celles et ceux qui souhaiteraient tenter l’expérience. Pour les autres, ceux qui connaissent déjà cette œuvre, disons que celle-ci est en fait une adaptation d’un roman de Stefan Wul, Oms en Série, paru en 1957 et que, au vu des petites recherches que j’ai effectué, elle est plus ou moins fidèle. Alors, il y aurait probablement beaucoup à dire sur cette Planète Sauvage, je ne le nie pas, mais je laisse cela à d’autres, autrement plus doués que moi, quant à moi, mon opinion au sujet de cette œuvre aura bien changer : certes, il aura fallu quarante ans, environ, pour cela, mais bon, comme on a coutume de le dire, vaut mieux tard que jamais, mais quoi qu’il en soit, si La Planète Sauvage n’est pas forcément un chef d’œuvre, si le passage du temps à jouer, forcément, sur la perception que les plus jeunes peuvent avoir de celle-ci, nul doute que nous avons tout de même une œuvre de qualité, plutôt audacieuse – en France – pour l’époque et qui mérite d’être vue, par tout amateur du genre, au moins une fois dans sa vie… 
 

Points Positifs
 :
- Sans aucun doute le meilleur film d’animation de science-fiction français, une œuvre culte aux yeux de pas mal de monde et qui, malgré les décennies écoulés et un certain vieillissement compréhensible, n’a rien perdu de son intérêt pour les amateurs du genre.
- Malgré le coté un peu daté de la chose, force est de constater que les dessins du sieur Roland Topor sont de toute beauté et que cet univers proposé est oh combien enchanteur pour les yeux.
- Une intrigue nettement plus profonde qu’on pourrait le penser de prime abord et qui s’avère être une ode à la fraternité entre les peuples, quelque soient leurs différences.
- Un univers plutôt riche, assez étonnant avec ses créatures improbables et qui fourmille de bonnes idées.
- Une bande originale en adéquation avec son époque – c’est du progressif – mais qui n’en reste pas moins plutôt réussie.
 
Points Négatifs :
- Une conclusion trop rapide selon moi, ce qui est dommage car il y avait, je pense, de quoi s’attarder un peu plus sur cette dernière partie.
- Dommage tout de même que Tiwa n’apparaisse plus une fois passé la moitié du film. Au vu de sa relation avec Terr, c’est un peu problématique.
- Il faut reconnaitre que La Planète Sauvage accuse nettement son âge et que l’ensemble apparait comme étant un peu daté.
- Malheureusement, je vois mal comment un public moderne peut accrocher à une œuvre d’un autre temps et qui, par son animation naïve, son style, sa narration et sa musique risque de laisser indifférent pas mal de monde…
 
Ma note : 7,5/10

jeudi 24 avril 2025

The End of Evangelion


The End of Evangelion
 
Quatorze heures après la mort du dernier Ange, la NERV se fait attaquer par les forces d’autodéfense Japonaises manipulées par la SEELE (organisation manipulant le Monde afin de déclencher le Plan de Complémentarité de l’Homme) dans le but de récupérer l’EVA-01 pour déclencher le Troisième Impact car ils ont compris que Gendo Ikari les as trahis et compte le provoquer pour un but personnel. Tandis que le personnel de la NERV se fait massacrer de toutes les manières possibles, Misato part à la recherche de Shinji, traumatisé par les dernières révélations dû à la mort de Kaoru Nagisa Tandis qu’Asuka se fait assiéger par l’armée dans son EVA, cachée sous un lac…
 

The End of Evangelion
Réalisation : Hideaki Anno, Kazuya Tsurumaki
Scénario : Hideaki Anno
Musique : Shirō Sagisu
Générique : Shirō Sagisu
Production : Gainax, Production IG
Genre : Mecha, Post-Apocalyptique, Psychologie
Titre en vo : Shin Seiki Evangerion Gekijō-ban
Pays d’origine : Japon
Date de sortie : 19 juillet 1997
Langue d'origine : japonais
Nombre d’épisodes : 85 mn
 
Casting :
Kotono Mitsuishi : Misato Katsuragi
Megumi Hayashibara : Rei Ayanami
Megumi Ogata : Shinji Ikari
Yuko Miyamura : Asuka Soryu Langley
Akira Ishida : Kaworu Nagisa
Fumihiko Tachiki : Gendō Ikari
Yuriko Yamaguchi : Ritsuko Akagi
Hiro Yūki : Makoto Hyûga
Junko Iwao : Hikari Horaki
Kōichi Yamadera : Ryôji Kaji
Megumi Hayashibara : Pen-Pen
Megumi Hayashibara : Yui Ikari
Miki Nagasawa : Maya Ibuki
Motomu Kiyokawa : Kōzō Fuyutsuki
Mugihito : Kiele Lorentz
Takehito Koyasu : Shigeru Aoba
Tetsuya Iwanaga : Kensuke Aida
Tomokazu Seki : Tôji Suzuhara
 
Mon avis :
 Dans ma critique précédente, je vous avais parlé de Neon Genesis Evangelion et, comme je l’avais souligné dans celle-ci, je pense ne pas me tromper en affirmant que celle-ci restera a jamais comme étant une des séries d’animation nippone parmi les plus réussies, les plus cultes, mais aussi, il faut le reconnaitre, parmi les plus controversées du genre. Il faut dire que le magistral coup de poing asséné aux spectateurs par son créateur, Hideaki Anno, dans les deux derniers épisodes qui, au passage, en laissèrent plus d’un totalement abasourdi y est pour beaucoup. Totalement conceptuelle, gorgée de plans fixes, n’expliquant pas grand chose et se permettant de faire la morale aux fans a qui l’auteur leur invitait de s’ouvrir aux autres, ce final, hallucinant, aura valût au sieur Anno moult injures et autres menaces de la part d’otakus traumatisés. Pourtant, les choses n’étaient pas totalement finies et il restait un certain The End of Evangelion, long métrage censé nous proposer une fin alternative a la saga, qui nous donnerait aussi toutes les explications attendues et qui permettrait, enfin, de satisfaire les fans frustrés. Or, les choses furent un poil plus compliquées que cela comme il fallait s’en douter avec une œuvre comme Evangelion. Pourtant, je dois reconnaitre que tout cela débutait plutôt bien et que les quarante premières minutes du film ont de quoi ravir les fans : on a enfin droit à une véritable suite au vingt-quatrième épisode et l'on retrouve tout nos protagonistes après la mort du dix-septième et, normalement, dernier ange. L'attaque de la SEELE enclenche directement l'intrigue, on ne perd pas de temps et c'est totalement logique. Le retour d'Asuka dans l'EVA 02 est une bonne chose car sa combativité rend les scènes d'action ultra badass. De plus la mort de Misato est vraiment une scène magnifique, avec une mise en scène très travaillé et logique vis a vis de la personnalité de la jeune femme. Bref, a priori, il n'y avait quasiment vraiment rien à jeter dans cette première partie, a part peut-être cette scène de masturbation au tout début qui est, il faut le reconnaitre, franchement glauque. Le problème c’est que, ensuite, il faut le reconnaitre, tout cela part complètement en vrille ! Ainsi, a partir du moment où Rei fusionne avec la source de la vie, on rentre dans une phase complètement What The Fuck à base de Rei géante, de tête de Rei partout et de croix chrétienne sur toute la surface de la planète. A ce moment là je me suis quand même demandé comment on pouvait imaginer un truc pareil et si je me suis accrocher afin d’essayer de tout comprendre, je dois reconnaitre que ce ne fut pas évidant, bien au contraire. En tout cas le rôle de l'EVA 01 va devenir enfin très important par la suite, après que Shinji après moult hésitations, se décide enfin à rentrer dans le robot. Mais ce sentiment que ressent le héros rappelle qu'il est aussi humain que nous, que c'est un ado qui se voit confié une tâche beaucoup trop importante alors qu'il n'a rien d'exceptionnel et que finalement le détester, c'est un peu nous détester nous mêmes. Et nous rentrons ensuite dans la partie finale qui m'a renversé avec des dialogues d'une profondeur que j'ai rarement voir jamais entendu dans une œuvre. La fin de Gendo Ikari est excellente et, d’un point de vu personnel, celle-ci m'a personnellement beaucoup parlé : on comprend enfin pourquoi cet homme était si froid, si inexpressif, c'est a la mort de sa femme qu'il a changé, on le savait. Et puis les dernières minutes concluent avec des phrases qui ne touchent pas que les personnages, mais nous tous êtres humains. Nos vies tout entières sont remises en question, le but de nos existences se pose et l'on a matière à se prendre une sacré claque dans la gueule. D'ailleurs, le projet complémentarité de l'homme des deux derniers épisodes de la série aura finalement pour utilité de compléter les propos de la fin de ce film. Ici, face a la complémentarité de l'homme qui a fusionné tout les êtres vivants sur terre en une seule entité, Shinji décide de faire le choix de séparer de nouveau tout le monde. Rei lui rappelle cette vérité quelque peu effrayante concernant les barrières que nos identités créent. Égoïsme, intérêt divergent, peur de l'inconnu etc. Ici, Anno a clairement voulu donner de l'espoir après avoir donner sa vision très personnelle et dépressive tout au long de Neon Genesis Evangelion. Toute notre vie nous chercherons le bonheur sans définitivement le trouver, et toute notre vie nous chercherons à donner un but a nos existences, mais avec l'importance capitale que nous devons rester nous mêmes. Bien évidement, une œuvre comme The End of Evangelion peut donner le vertige et malgré quelques scènes franchement discutables et dérangeantes, une seconde partie totalement hallucinante pour ne pas dire délirante et un Anno qui n’a pas put s’empêcher de s’en prendre a ses fans courroucés, ce film n’en reste pas moins une réussite indéniable qui confirme à merveille que Neon Genesis Evangelion, dans son ensemble, c’est-à-dire, la série, les films, le manga, est un véritable chef d'œuvre qui mérite amplement son statu culte aujourd'hui. D’ailleurs, puisque j’ai fait mention du manga, je pense qu’il sera grand temps, à l’occasion, que je m’y attaque, mais bon, ceci, naturellement, est déjà une autre histoire…
 

Points Positifs
 :
- Que vous ayez, ou pas, apprécier le final de Neon Genesis Evangelion, il est évidant que The End of Evangelion est la conclusion parfaite pour une œuvre que l’on peut qualifier, sans problème, de culte. D’ailleurs, plus qu’une fin alternative, ce film est, en fait, une conclusion qui complète à merveille les deux derniers épisodes de la série.
- Une première partie qui renoue avec les heures de gloire de la série et qui, malgré son coté massacre a tout va, marque franchement les esprits. Le point d’orgue, bien entendu, étant la mort de Misato, tout simplement parfaite dans sa réalisation.
- Une seconde partie hallucinante et qui a de quoi laisser le spectateur perplexe mais qui n’en reste pas moins, avec du recul, excellente, surtout au vu des dialogues entre les protagonistes et des quelques révélations qui nous sont faites : origine des Anges, Plan de Complémentarité de l’Homme, AT-Field, etc.
- On retrouve, bien entendu, les thématiques chères à l’auteur : difficultés de communication, impossibilité de montrer ses sentiments, rapports aux parents pour le moins difficile, repli sur sois même, peur de s’ouvrir, obsessions diverses, etc.
- Même si Shinji n’a jamais été aussi pleurnichard et détestable que dans ce film, il faut reconnaitre qu’il reste, indéniablement, un des protagonistes les plus crédibles – de par ses nombreuses faiblesses et son humanité – de toute l’histoire de l’animation nippone.
- Asuka revient pour un ultime affrontement que l’on peut qualifié de magistral, quand a sa mort, horrible, ma foi, elle est parfaite !
- Pour ce qui est de l’animation, force est de constater que si la série originale flirtait déjà avec l’excellence pour son époque, le film, lui, est encore meilleur. Un pur régal, visuellement parlant !
 
Points Négatifs :
- Si, bien entendu, The End of Evangelion est nettement moins conceptuelle, dans sa réalisation, que les deux derniers épisodes de la série, il faut reconnaitre que la seconde partie du film part dans de sacrés délires et que si certains espéraient, enfin, obtenir toutes les réponses qu’ils attendaient, ce ne fut pas vraiment le cas.
- Etait-il vraiment nécessaire que Hideaki Anno s’en prenne aux fans de la série qui lui en voulaient énormément en raison de la conclusion de cette dernière et qui lui avaient envoyé moult lettres d’injures ? Franchement, je ne pense pas que c’était le lieu ni le moment…
- Il y a tout de même quelques scènes que l’on peut qualifier de limite pour ne pas dire plus. D’ailleurs, la scène, au début, où Shinji se masturbe en regardant Asuka qui est dans le coma, franchement…
 
Ma note : 8,5/10

Neon Genesis Evangelion


Neon Genesis Evangelion
 
En 2000, une gigantesque explosion se produit en Antarctique, provoquant un cataclysme (raz-de-marée, fonte des calottes polaires) qui dévaste une grande partie de la planète. Les autorités déclarent que cette catastrophe était due à la chute d'un astéroïde sur la planète. Quinze ans plus tard, l'humanité a surmonté cet événement, appelé le Second Impact. Mais de mystérieuses créatures nommées Anges font leur apparition, et tentent de détruire Tokyo-3, la nouvelle capitale forteresse du Japon, construite après le Second Impact. Pour les combattre, l'organisation secrète NERV a mis au point une arme ultime, l'Evangelion ou l'Eva, robot géant anthropoïde piloté. Shinji Ikari, quatorze ans, se rend à Tokyo-3 sur invitation de son père, qu'il n'a pas revu depuis dix ans. Il est loin de se douter qu'il sera impliqué dans un conflit qui pourrait bien signifier la fin de l'humanité quoi qu'il arrive...
 

Neon Genesis Evangelion
Réalisation : Hideaki Anno
Scénario : Hideaki Anno
Musique : Shirō Sagisu
Générique : Shirō Sagisu
Production : Gainax
Genre : Mecha, Post-Apocalyptique, Psychologie
Titre en vo : Shin Seiki Evangerion
Pays d’origine : Japon
Chaîne d’origine : TV Tokyo
Diffusion d’origine : 04 octobre 1995 – 27 mars 1996
Langue d'origine : japonais
Nombre d’épisodes : 26 x 25 minutes
 
Casting :
Kotono Mitsuishi : Misato Katsuragi
Megumi Hayashibara : Rei Ayanami
Megumi Ogata : Shinji Ikari
Yuko Miyamura : Asuka Soryu Langley
Akira Ishida : Kaworu Nagisa
Fumihiko Tachiki : Gendō Ikari
Yuriko Yamaguchi : Ritsuko Akagi
Hiro Yūki : Makoto Hyûga
Junko Iwao : Hikari Horaki
Kōichi Yamadera : Ryôji Kaji
Megumi Hayashibara : Pen-Pen
Megumi Hayashibara : Yui Ikari
Miki Nagasawa : Maya Ibuki
Motomu Kiyokawa : Kōzō Fuyutsuki
Mugihito : Kiele Lorentz
Takehito Koyasu : Shigeru Aoba
Tetsuya Iwanaga : Kensuke Aida
Tomokazu Seki : Tôji Suzuhara
 
Mon avis :
 Abordons à présent le cas de ce qui fut, sans aucune discussion possible, une des séries animés nippones parmi les plus clivantes de l’histoire du genre, je veux, bien entendu, parler de Neon Genesis Evangelion. Œuvre du sieur Hideaki Anno qui, pour la petite histoire, fut l’auteur, également, du cultissime Nadia, le Secret de l’Eau Bleu dont je vous ai parler le mois dernier, Neon Genesis Evangelion est considéré, encore de nos jours, comme étant, tout simplement, une des meilleures et des plus légendaires séries animées japonaises, une œuvre totalement inclassable et d’une originalité folle et que, bien entendu, j’avais découvert lors de sa première diffusion, a la fin des années 90. Mais Neon Genesis Evangelion, ce fut, aussi, une œuvre pour le moins clivante qui divisa fortement le public, y compris ses fans les plus ultras qui, encore aujourd’hui, ne se sont toujours pas remis de sa conclusion ou, plutôt, devrais-je dire, de ses diverses conclusions. Mais avant d’aborder celle-ci, il faut bien comprendre ce qu’est Neon Genesis Evangelion et, cela, je pense que la plupart des gens n’ont pas bien compris où Hideaki Anno a voulu en venir en créant cette série. Les Anges ? Lilith ? Adam ? Toutes ces références Bibliques ne rimaient, en réalité, à rien et les gars de la Gainax trouvaient, de leur propre aveu, tout simplement cela plutôt cool, spirituel et exotique. L'objectif d'Evangelion ne fut pas de créer une histoire compliquée en usant et abusant du principe de rétention d'information, quand bien même cela alimente aujourd'hui encore largement l'adoration des fans. Non, l'objectif d'Evangelion résidait en réalité ailleurs. Il faut en savoir un peu plus sur Anno pour le comprendre. Ainsi, il fut pendant deux ans, avant de créer Evangelion, un otaku de la pire espèce, collectionnant par exemple des centaines de parodies hentaï de Sailor Moon, ce qui, ma foi, pose un peu le personnage. La phrase de Shinji, « je ne dois pas fuir », c'est celle qu'il a eu besoin de se répéter quatre jours durant pour trouver le courage de quitter son appartement pour rejoindre la Gainax. Le résultat ? Une série pensée comme un piège à otakus, tâchant de leur faire comprendre tant bien que mal qu'il vaut mieux qu'ils sortent de chez eux et qu'ils découvrent un peu le monde. Ainsi, la première moitié des 26 épisodes rassemble ainsi tous les éléments à même de séduire ce public avec son harem de bombes sexuelles, ses combats de méchas, son humour, ses peluches à merchandising (le pingouin), et ainsi de suite. Les derniers épisodes, ensuite, inversent brutalement la donne en déconstruisant la totalité des symboles des otakus pour les mettre face à leur propre réalité. Les pilotes sont alors montrés sous leur véritable jour : ils sont lâches, faibles, introvertis, pervers, bref ils sont à l'image du public auquel Anno veut s'adresser ! La série met ainsi en scène l'évolution de Shinji, l'antihéros, qui, du premier au dernier épisode, parvient à sortir de sa misère pour retrouver la réalité : il quitte la fiction, le cocon maternel que représentent les Eva pour retrouver le monde réel au cours des deux derniers épisodes. C'est d'ailleurs pourquoi ceux-ci sont aussi abstraits. Outre les lourdes difficultés financières rencontrées par le studio – qui sont la véritable raison des interminables plans fixes – la manière dont est conçue la série fait progressivement passer l'histoire au second plan pour ramener les personnages, et surtout, à travers eux, les spectateurs, vers la vie réelle. Neon Genesis Evangelion fut une série importante car elle eu l'audace unique de scier la branche sur laquelle elle était assise, car elle osa s'en prendre à son public en dénonçant sa perversité et ses excès et, plus encore, car elle essaya, tant bien que mal, de le soigner. Naturellement, elle n'aurait jamais pu devenir aussi culte sans d'autres qualités. Ainsi, elle reste aujourd'hui encore une référence à de multiples égards. Sa mise en scène, par exemple, est complètement hallucinante et bizarre, alternant plans fixes, morts, avec en arrière plan le bruit obsédant des cigales ou encore sur fond de Bach, avec d'autres plans d'une violence inouïe qui, un quart de siècle plus tard, me donne encore des frissons et qui, d'ailleurs, fut à l'origine d'une guerre ouverte entre Tokyo TV et la Gainax… Maintenant, en raison de toutes ces qualités, en raison de sa manière de laisser l'histoire s'écrire et se construire dans la tête du spectateur, sans jamais trop en dire, Neon Genesis Evangelion aura réussi à devenir la pire drogue dure de toute l'histoire de la japanimation, devenant, dans la foulée, un business hallucinant. Triste ironie du sort, pour une série qui prétendait soigner les excès de son public...
 

Points Positifs
 :
- Sans aucune discussion possible, Neon Genesis Evangelion est une des plus grandes séries animées de tous les temps, rien que ça ! Bien évidement, on pourrait me contredire, pester contre cette conclusion particulière qui en aura traumatiser plus d’un et peu compréhensible à première vue, cependant, rarement une œuvre n’aura été aussi parfaitement maitrisée par son auteur et aura marquer toute une génération de fans, en bien comme en mal…
- Les thématiques présentes dans Evangelion sont tellement nombreuses qu’il est difficile d’en faire une liste sans en oublier certaines : difficultés de communication avec les autres, impossibilité de montrer ses sentiments, rapports aux parents pour le moins difficiles, volonté de plaire, repli sur sois même, désir de suicide, image que l’on fabrique afin de se protéger de la société et du regard que celle-ci nous porte, sens de la vie, etc.
- Bien évidement, Neon Genesis Evangelion est une série de méchas, bien évidement, il y a des affrontements entre robots géants que l’on peut qualifier de dantesques, bien évidement, on a droit a tout un tas de références Bibliques et Kabbalistiques, bien évidement, les petits gars de chez Gainax nous bombardent de fan service avec des héroïnes dévêtues, des petites culotes et autres joyeusetés du même genre, cependant, Evangelion, c’est aussi et surtout, une série destinée avant toute chose aux otakus et qui n’est guère tendre avec eux, les invitants a quitter leur monde imaginaire pour s’ouvrir aux autres !
- Des personnages tout bonnement exceptionnels ! Certes, Shinji peut en agacer plus d’un a force de geindre et de pleurnicher tout au long de la série, mais il s’avère être, finalement, peut-être le personnage le plus crédible qu’il m’a été donné de voir dans une série d’animation. Quand aux autres, Misato, Rei, Asuka, principalement, voir Gendō Ikari et quelques autres, c’est un pur régal tant le caractère de tout ce petit monde a été travailler avec minutie et marque les esprits.
- Coté animation, bien entendu, Evangelion accuse un petit peu son âge, cependant, en se remettant dans le contexte de l’époque, la fin des années 90, force est de constater que nous avons affaire a un pur régal et que celle-ci est parfaite !
- Le design des Anges, variés, originaux, surprenants, sont tout simplement magnifiques.
- Les affrontements, dantesques et brutaux, ne sont, finalement, pas très longs et, ma foi, c’est plutôt une bonne chose.
- Une bande originale excellente et un générique qui l’est tout autant.
 
Points Négatifs :
- Si je comprends ce que Hideaki Anno a voulut nous démontrer avec cette conclusion, force est de constater qu’elle est spéciale, très spéciale même et que, ma foi, j’aurai nettement préférée une fin moins conceptuelle que celle-ci.
- Privé de budget, en conflit ouvert avec TV Tokyo, les petits gars de chez Gainax ont eu quelques difficultés pour les derniers épisodes de la série et, ma foi, cela se remarque grandement, surtout dans les deux derniers épisodes, avec cette succession de plans fixes et de scènes tirées des épisodes précédents.
- Bien entendu, Neon Genesis Evangelion est une œuvre très particulière qui, en fait, n’est pas une série de méchas. Du coup, une très grosse partie du public amateur du genre se sera littéralement tromper sur cette dernière et aura finit par prendre la fuite, surtout au vu des ultimes épisodes de la saga…
 
Ma note : 9/10