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mercredi 18 juin 2025

Douleur et Gloire


Douleur et Gloire
 
Salvador Mallo est un réalisateur tourmenté et en fin de carrière qui a connu le succès mais qui ne réalise plus de films à cause des nombreuses douleurs physiques et psychiques dont il souffre. Par hasard, il retrouve Zulema, une de ses actrices, qui lui donne l'adresse d'Alberto Crespo, un acteur d’un de ses grands succès avec qui il est brouillé depuis trente-deux ans. À son contact, il sombre peu à peu dans l’addiction à l’héroïne. Frappé d'une terrible dépression au moment même où Sabor, son film le plus acclamé, est réédité, il se retrouve submergé par des fragments de son existence et il se remémore également des souvenirs de son enfance auprès de sa mère à Paterna. Salvador va connaître toute une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d'autres par le souvenir, certaines ravivant parfois ses souffrances, d'autres le relançant dans le processus créatif et lui permettant d'approcher le sens de sa vie.
 

Douleur et Gloire
Réalisation : Pedro Almodóvar
Scénario : Pedro Almodóvar
Musique : Alberto Iglesias
Production : El Deseo
Genre : Drame
Titre en vo : Dolor y gloria
Pays d’origine : Espagne
Parution : 22 mars 2019
Langue d'origine : Espagnol
Durée : 113 min
 
Casting :
Antonio Banderas : Salvador Mallo, un réalisateur que les douleurs physiques et morales empêchent de tourner
Asier Flores : Salvador Mallo, enfant
Asier Etxeandia : Alberto Crespo
Nora Navas : Mercedes, l'assistante de Salvador
Leonardo Sbaraglia : Federico Delgado, le grand amour de Salvador
Julieta Serrano : Jacinta, la mère de Salvador en fin de vie
Penélope Cruz : Jacinta, jeune
César Vicente : Eduardo, le jeune maçon à qui Salvador apprend à lire et à écrire
Cecilia Roth : Zulema, une actrice amie de Salvador
Raúl Arévalo : Le père de Salvador
Susi Sánchez : Beata
Rosalía : Rosita, la villageoise qui chante
Pedro Casablanc : Dr. Galindo
Julián López : Le présentateur de la cinémathèque
Eva Martín : La radiologue
Sara Sierra : Conchita
Xavi Sáez : Un spectateur à la cinémathèque
Agustín Almodóvar : Le prêtre
Topacio Fresh : Une spectatrice à la cinémathèque
 
Mon avis :
 Il est bien entendu inutile de rappeler l’importance de Pedro Almodóvar dans le petit monde du Septième Art de ces quatre dernières décennies car bon, comment dire, si le réalisateur espagnol est, sans aucune contestation possible, le plus connu de son pays en dehors des frontières de celui-ci et que, même aux yeux du grand public plus avide de films à grand spectacle hollywoodien, Pedro Almodóvar n’est pas un inconnu, il faut également reconnaitre que ses œuvres, nombreuses, de qualités, sont pour beaucoup pour la reconnaissance que le réalisateur ibérique connait auprès des critiques comme du public depuis bien longtemps désormais. Curieusement, depuis que ce blog existe, je n’avais pas encore eu l’occasion de vous parler du sieur Almodóvar et, au vu de l’importance du réalisateur, c’était presque une hérésie ! Fort heureusement, le hasard faisant souvent bien les choses, hier soir, j’ai eu l’opportunité de voir un de ses longs métrages les plus récents, l’excellent Douleur et Gloire. Paru en 2019, ce film est, probablement, un des plus intéressants de Pedro Almodóvar puisque, en le regardant, il est difficile de ne pas se dire que celui-ci est, en quelque sorte, le portrait du réalisateur lui-même, de son enfance, de sa réussite, de ses faiblesses, de ses doutes et, naturellement, de ses amours et amitiés perdus. Pour camper son alter ego devant la caméra, rien de tel qu’Antonio Banderas qui est, sans aucun doute possible, l’acteur fétiche d’Almodóvar : en effet, c’est ce dernier qui le fit débuter lors de ses premiers films, dans les années 80, et, après l’intermède américain de l’acteur, qui le fit revenir à ses cotés dans les années 2010. Un duo de choc de qualité, donc, pour un film qui l’est tout autant : Douleur et Gloire est donc une œuvre autobiographique, comme je l’ai dit précédemment, mais c’est également une œuvre d’une intelligence rare, sincère où un Banderas plus faillible que jamais mais néanmoins magistral, campe un Almodóvar plus vrai que nature au point même que, lors de chaque scène, chaque dialogue, le spectateur se demande où est la part de réel et la part de fiction. Les amateurs de Pedro Almodóvar seront, une nouvelle fois, totalement conquis par cette énième réalisation de leur réalisateur favori et si, naturellement, une part plus importante du grand public passera tranquillement son chemin, quelque part, cela importe peu : après tout, cela ne reste qu’une affaire de gouts et l’on ne peut pas obliger des gens qui ne jurent que par des films d’actions ou de super-slips à apprécier une œuvre que l’on qualifiera de plus intellectuelle. Bref, vous l’avez compris, Douleur et Gloire est une superbe réussite du sieur Almodóvar, une de plus diront certains, et, incontestablement, la preuve évidente que le réalisateur espagnol à encore pas mal de choses à nous raconter, alors, pourquoi bouder son plaisir et ne pas continuer, encore et encore, à voir ou revoir ses créations…
 

Points Positifs
 :
- Probablement un des tous meilleurs films de Pedro Almodóvar et, en tous cas, sans nul doute son plus sincère, son plus personnel puisqu’il est évidant, en le visionnant, que nous avons affaire à une œuvre autobiographique qui nous fait découvrir, de superbe manière, le passé et le présent du réalisateur.
- Un casting de qualité, comme il est de coutume avec Almodóvar et si, parmi les têtes d’affiches, le grand public reconnaitra particulièrement Penélope Cruz et Antonio Banderas, c’est surtout ce dernier qui crève l’écran avec une interprétation magistrale de ce vieux réalisateur sur le déclin qui, obnubilé par ses diverses douleurs corporelles, n’ose plus faire de cinéma.
- Malgré un coté nostalgique qui transparait pendant une bonne partie du film, Douleur et Gloire est, avant toute chose, un bel hymne à la vie : certes, le passé est omniprésent, certes, il y a eu bon nombre de séparations, de disparitions et de diverses fâcheries, mais l’avenir peut être tout de même prometteur.
- Les fans du sieur Almodóvar retrouveront naturellement un bon nombre des thématiques habituelles du réalisateur comme le rapport à la mère, les premiers émois amoureux, le poids du passé, etc.
 
Points Négatifs :
- Bien évidement et, comme c’est à chaque fois le cas avec tous les films de Pedro Almodóvar, le grand public, nettement plus habitué à des longs métrages à grand spectacle et où prime l’action au détriment de la réflexion, passera tranquillement son chemin en se demandant pourquoi le réalisateur espagnol est toujours porté aux nues. Cela reste, naturellement, une affaire de gouts personnels…
- Les détracteurs de Pedro Almodóvar regretteront peut-être que celui-ci ne sorte quasiment jamais de ses thèmes de prédilections – le poids du passé, le rapport a la mère, les émois amoureux homosexuels – mais bon, peut-on vraiment lui en vouloir vu qu’il est tellement doué et se renouvelle à chaque fois ?
 
Ma note : 8,5/10

mardi 20 mai 2025

Entretien avec un Vampire


Entretien avec un Vampire
 
De nos jours, dans une chambre d'hôtel de San Francisco, un journaliste enregistre sur son magnétophone le récit d'un vampire vieux de plusieurs siècles. Louis de Pointe du Lac était un jeune propriétaire de domaine agricole, la Pointe-du-lac, près de La Nouvelle-Orléans au XVIIIe siècle. Après le décès en couche de sa femme, il rencontre un vampire, Lestat de Lioncourt, qui lui offre l'immortalité, en échange d'une vie luxueuse de colon français. Après avoir profité de son dernier coucher de soleil, Louis est presque vidé de son sang par Lestat, qui lui offre ensuite sa propre substance de vampire. La vie de mortel de Louis est alors terminée. Ses sens sont décuplés, il découvre un monde aux senteurs, aux sons inédits, mais une vie fondée sur la mort des autres. Ceux qui font don de leur sang contre leur gré.
 

Entretien avec un Vampire
Réalisation : Neil Jordan
Scénario : Anne Rice, d'après son roman Interview with The Vampire
Musique : Elliot Goldenthal
Production : Geffen Pictures
Genre : Horreur, Fantastique
Titre en vo : Interview with the Vampire
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais, français
Date de sortie : 11 novembre 1994
Durée : 123 mn
 
Casting :
Brad Pitt : Louis de Pointe du Lac
Tom Cruise : Lestat de Lioncourt
Kirsten Dunst : Claudia
Antonio Banderas : Armand
Stephen Rea : Santiago
Christian Slater : Daniel Malloy
Thandie Newton : Yvette
Domiziana Giordano : Madeleine
Bellina Logan : La fille de la taverne
Lyla Hay Owen : La veuve St. Clair
Lee E. Scharfstein : L'amant de la veuve St. Clair
Indra Ové : Prostituée de La Nouvelle-Orléans
Helen McCrory : Une autre prostituée
Laure Marsac : la fille sur scène dans le théâtre à Paris
 
Mon avis : 
Remis au gout du jour de superbe manière par le Dracula de Francis Ford Coppola, en 1992, le mythe du vampire était alors à la mode en ce début des années 90. Et donc, ce ne fut pas vraiment une surprise qu’une autre œuvre vampiresque, Entretien avec un Vampire, premier volet des Chroniques des Vampires de l’auteur nord-américaine Anne Rice soit, fut, à son tour, porter a l’écran. Bien entendu, avec une telle entrée en matière, on pourrait se dire que ce long métrage ne faisait que surfer sur l’effet de mode de l’époque, c’est un fait, de plus, Francis Ford Coppola ayant réalisé avec Dracula ce qui était bel et bien un chef d’œuvre, nombreux furent celles et ceux qui dénigrèrent cet Entretien avec un Vampire. Pourtant, de mon point de vu, cela est pour le moins injuste. Naturellement, au petit jeu des comparaisons, Dracula lui est largement supérieur, mais bon, quelque part, est-ce un défaut d’être inférieur à un chef d’œuvre ? Je ne le pense pas. Certes, les traditionnels fans du roman original, ultrarigoristes au possible, auront, bien entendu, trouvé a redire, oubliant au passage qu’Anne Rice elle-même s’était chargée de l’adaptation, ce qui, il me semble, n’était pas rien. Et puis, certes, d’un point de vu personnel, il y avait bel et bien la problématique Tom Cruise, un acteur que je déteste, cependant, dans le cas présent, force est de constater que je l’ai trouvé plutôt correct, pour ne pas dire bon, notre scientologue en Lestat. Mais bon, de toutes façons, quelque soit le film, on ne mettra jamais tout le monde d’accord, c’est un fait, cependant, s’il y a bel et bien un constat que l’on peut faire avec Entretien avec un Vampire, c’est que celui-ci est un bon film, pas un chef d’œuvre, certes, mais un sacré bon film qui, au demeurant, nous proposait sur le grand écran une énième version de la créature vampiresque, nettement plus humaine, en bien ou en mal, de ces créatures des ténèbres. Bien plus ambigües, d’une sensualité a toute épreuve, se posant, pour certains, des questions sur leur non-existence éternelle, Entretien avec un Vampire nous présentait, donc, des vampires aristocrates, beaux comme des diables et érotiques a souhait, la bisexualité étant de mise chez ses créatures de la nuit made in Anne Rice. Ajoutons a cela des décors magnifiques, des costumes qui le sont tout autant et une ambiance envoutante au possible, des acteurs tout bonnement parfaits dans leurs rôles respectifs comme Brad Pitt et Tom Cruise, donc, mais surtout, la révélation du film, la (alors) toute jeune Kirsten Dunst, tout simplement parfaite en Claudia, la petite fille vampire a la fois cruelle et touchante, et, au final, il est difficile de ne pas reconnaitre que l’on obtenait un excellent long métrage dont les multiples visionnages ne m’ont jamais lassés, bien au contraire…
 

Points Positifs
 :
- Adaptation d’un roman culte d’Anne Rice, Entretien avec un Vampire est non seulement une bonne adaptation mais avant tout, un fort bon film qui nous présente une vision différente de ces créatures des ténèbres. Bien plus proches des humains, de par leurs passions, de caractères, les vampires, ici, tiennent davantage à de magnifiques aristocrates à la beauté fascinante et à l’érotisme certain.
- Si le casting est irréprochable (oui, même Tom Cruise s’en sort), il est indéniable que c’est la jeune Kirsten Dunst qui crève l’écran : adorable petite fille et tueuse sans merci, le personnage de Claudia est l’un des plus marquants du film.
- La thématique de la bisexualité est largement présente tout au long du film, sans oublier celle de l’homoparentalité : après tout, Claudia est la « fille » de Louis et de Lestat.
- Une œuvre captivante, envoutante par moments et a l’ambiance désabusée. Certes, les vampires d’Anne Rice sont magnifiques, mais, au final, tellement malheureux et tragiques.
- Décors, costumes, musique, ambiance sont un plus indéniable pour l’immersion dans l’histoire.
 
Points Négatifs :
- J’ai toujours trouvé que ce film est trop court, particulièrement la partie qui se déroule à Paris qui, de mon point de vu, aurait pût être davantage développée.
- Je reconnais que Tom Cruise passe très bien en Lestat, cependant, je déteste vraiment cet acteur, alors… oui, je sais, je ne suis pas objectif.
- Plutôt que de nous pondre la piètre reprise de Sympathy for the Devil par les Guns N' Roses, n’aurait-il pas été préférable de conclure le film avec la version originale des Rolling Stones ?
 
Ma note : 8/10