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mercredi 2 avril 2025

Il était une fois en Amérique


Il était une fois en Amérique
 
New York, quatre tueurs de la mafia américaine sont à la recherche de David Aaronson dit Noodles, un gangster lié à la prohibition. Sa fiancée, Eve, dit ne pas savoir où il se trouve et est tuée. Fat Moe Gelly, propriétaire du bar que fréquente Noodles, est torturé et finit par indiquer où se trouve Noodles. Il est dans une fumerie d'opium, à l'arrière d'un théâtre chinois. En effet, Noodles essaye d'oublier la mort de ses trois amis Patrick Goldberg, Philippe Stein et Maximilian Bercovicz. Repensant a son passé, Noodles se souvient d’un camion brûlé et des cadavres des trois gangsters, dont celui de Max complètement carbonisé. Noodles, bouleversé, observe la scène à distance parmi la foule. Dans la fumerie, Noodles doit cependant s'en aller de toute urgence : deux des quatre hommes à sa poursuite font irruption dans le théâtre chinois. Prévenu par les tenanciers, il arrive à se réveiller et à s'échapper par une sortie dérobée. Il se rend au bar de Moe. Il sauve ce dernier, qui avait été passé à tabac et pris en otage, en tuant le troisième bandit, assassin d'Eve. Moe l'avertit que les gangsters sont déjà passés chez lui, lui laissant entendre le sort funeste qu'ils ont réservé à sa compagne. Noodles n'a plus rien. Ses amis et sa compagne sont morts, et il est en danger de mort avec des tueurs à ses trousses. Voulant fuir, il se rend à la planque contenant le trésor de la bande, située dans une consigne de gare en ayant au préalable récupéré la clé cachée chez Fat Moe. Mais dans la valise qui contenait le magot, de vieux journaux ont été substitués aux billets de banque. C'est donc sans un sou qu'il quitte précipitamment New York en prenant le premier autocar en partance. C'est ainsi qu'il part par hasard pour Buffalo, pour un exil qui ne prendra fin que bien des années plus tard.
 

Il était une fois en Amérique
Réalisation : Sergio Leone
Scénario : Leonardo Benvenuti, Piero De Bernardi, Sergio Leone
Musique : Ennio Morricone
Production : Rafran Cinematografica, The Ladd Company
Genre : Western, Guerre
Titre en vo : C'era una volta in America
Pays d'origine : Italie, Etats-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 17 février 1984
Durée : 269 mn
 
Casting :
Robert De Niro : David « Noodles » Aaronson
Scott Tiler : Noodles jeune
James Woods : Maximilian « Max » Bercovicz / le sénateur Christopher Bailey
Rusty Jacobs : Max jeune / David Bailey
William Forsythe : Philip « Cockeye » Stein
Adrian Curran : Cockeye jeune
James Hayden : Patrick « Patsy » Goldberg
Brian Bloom : Patsy jeune
Larry Rapp : « Fat » Moe Gelly
Mike Monetti : « Fat » Moe Gelly jeune
Elizabeth McGovern : Deborah Gelly, la sœur de Moe
Jennifer Connelly : Deborah Gelly jeune
Tuesday Weld : Carol
Darlanne Fluegel : Eve
Treat Williams : James Conway O'Donnell
Joe Pesci : Frankie Minolti
Burt Young : Joe
James Russo : Bugsy
Danny Aiello : le chef de la police Vincent Aiello
Richard Foronjy : l'officier « Face de pet » Whitey
Amy Rider : Peggy
Julie Cohen : Peggy jeune
Estelle Harris : la mère de Peggy
Dutch Miller : Van Linden
Robert Harper : Sharkey
Richard Bright : Chicken Joe
Karen Shallo : Lucy Aiello, la femme du chef de police
Angelo Florio : Willie
Noah Moazezi : Dominic
Arnon Milchan : le chauffeur de la limousine dans laquelle Noodles viole Deborah
Clem Caserta : Al Capuano
Mike Gendel : Irving Gold
Mario Brega : Mandy
Marcia Jean Kurtz : la mère de Max
Marty Licana : le gardien du cimetière
Louise Fletcher : la directrice du cimetière
 
Mon avis :
 Après vous avoir proposé les critiques de Il était une fois dans l’Ouest puis de Il était une fois la Révolution, abordons, à présent, le cas du dernier volet de la célèbre et cultissime trilogie du grand Sergio Leone avec, bien entendu, ce chef d’œuvre absolu qu’est Il était une fois en Amérique. Ultime long métrage du réalisateur italien, son testament dont il consacra douze années de sa vie, notamment pour préparer le scénario adapté du livre The Hoods  d’un ancien truand, Harry Grey, Il était une fois en Amérique nous fait suivre le destin de Noodles sur trois époques différentes, régulièrement lié à trois amis dont Max et un amour pour Deborah qu'il a rencontre lors de sa jeunesse. Ultime testament qui fut pourtant massacré à sa sortie, notamment par les producteurs américain qui en modifièrent la narration et le coupèrent d'environ deux heures. Et pourtant.., que dire de cette immense et magnifique fresque ? Qu'entre autre, ici le mot Cinéma prend tout son sens. Chaque seconde, chaque plan, cadre ou image, sont d'une telle beauté, émotion et richesse durant ce voyage intemporel à travers trois époques. D'une justesse d'écriture, Il était une fois en Amérique revient sur le destin de Noodle à travers sa jeunesse où il faisait ses premiers pas avec une bande de gamin aussi débrouillarde qu'attachante, durant l'époque de la prohibition où il devient un gangster respecté et enfin lors de sa vieillesse et d'un retour sur les terres où il a grandit. Sergio Leone évoque son amour de jeunesse qui va le suivre toute sa vie, une relation faite d'attente, de déception, de cruauté et d'amour qu'il rend tour à tour touchante et naïve lorsqu'ils sont jeunes puis cruelle par la suite. Il s'attarde aussi sur les relations d'amitié qu'il nouera avec les gamins avec qui il a grandit et notamment Max, une tête brûlée qu'il admire lorsqu'il est jeune. Les personnages, leurs évolutions et les relations qu'ils entretiennent sont traités avec justesse, subtilité et passion. Chaque protagoniste est approfondi et révèle au fur et à mesure du film ses parts d'ombres et de lumières. A travers le destin des personnages, Sergio Leone traite de l'amour, de l'amitié, la trahison, la loyauté, de la vie et des dilemmes qu'elle nous propose ou encore de l'amertume et du regret. Séparé sur trois époques, elles sont toutes passionnantes, que ce soit la jeunesse où Leone capte à merveille les sentiments enfantins, leurs naïvetés et leurs visions de la vie, sachant les rendre particulièrement attachant, innocent et attendrissant, l'âge d'or de la prohibition ou la vieillesse. L'histoire est, tout le long passionnante, nous emmenant vers des horizons parfois inattendus dont on peut chacun y interpréter certains éléments et judicieusement traitée à travers un montage ingénieux. Le film est long et le rythme plutôt lent mais tellement passionnant. Il ne laisse strictement rien au hasard, chaque plan est intelligemment choisi et ses cadres sont régulièrement truffés de détails et d'idées. Il braque souvent sa caméra au plus près des personnages et en fait ressortir toute l'émotion et la dramaturgie à l'image des scènes de danses de Déborah enfant observé en cachette par Noodles, des différentes séquences de vies, de joies instantanées, de profondes tristesses, d'amitiés ou même de simples regards. Force est de constater que Il était une fois en Amérique est une œuvre forte et mélancolique, accentuée par une magnifique bande originale signée Ennio Morricone, composée bien avant le tournage. Souvent présente, elle colle toujours parfaitement à l'image et son envoûtante flûte de paon est inoubliable. D'ailleurs Leone avait déclaré que Morricone n'était pas son musicien mais son scénariste, cette phrase prenant ici tout son sens. Pour ce qui est du casting, Robert De Niro trouve là l'un de ses plus grands rôles. Il retranscrit à merveille toute la vie de Noodles son amour, ses amis et ses échecs. D'une sobriété exemplaire, il en fait ressortir toute l'émotion. Face à lui, James Woods est magistral, dans ce qui est l'un de ses plus grands rôles. Les jeunes acteurs sont naturels et touchants, tout comme Elizabeth McGovern. Bref, avec Il était une fois en Amérique, Sergio Leone signe un ultime film, un testament intemporel, mélancolique, magnifique et envoûtant. Un film sur la vie, ses dilemmes, sa cruauté, sa nostalgie ou encore sa recherche du temps perdu, un film où chaque seconde est riche et chargée d'émotion, bref, sans la moindre exagération, un véritable chef d’œuvre…
 

Points Positifs
 :
- Un des plus grands films de tous les temps, tout simplement. Il faut dire que Il était une fois en Amérique est un long métrage tout simplement parfait de bout en bout et qui, malgré son coté grandiloquent et ses prêt de quatre heures, s’avère être captivant de la première à la dernière minute. Grandiose, sublime, étonnant même par moments, celui-ci n’a rien perdu de sa force prêt de quatre décennies après sa sortie.
- Un casting que l’on peut qualifier sans peine de cinq étoiles et où Robert De Niro joue peut-être son plus grand rôle devant la caméra. Il faut dire que celui-ci est tout simplement dans ce rôle de perdant magnifique qui, finalement, aura tout raté dans sa vie.
- La bande originale d’Ennio Morricone est tout simplement somptueuse et colle parfaitement à l’ambiance mélancolique qui se dégage de ce film. Pour la petite histoire, celle-ci aurait été faite bien des années avant la sortie du film et Leone s’en était fortement inspiré pour son scénario.
- Une reconstitution historique superbe et qui nous replonge dans trois périodes différentes : le début des années 20, les années 30 et la fin des années 60.
- L’intrigue n’est pas présentée dans l’ordre chronologique mais ce n’est nullement un problème et, par ailleurs, c’est un vrai régal que de voir les nombreux liens fait entre les diverses scènes, même si celles-ci se déroulent dans des temporalités différentes.
- L’ambiance terriblement mélancolique et plutôt triste qui se dégage tout au long de l’histoire.
- Le coté envoutant, lié fortement à la fumerie d’opium, où le spectateur finit par se dire qu’une bonne partie de ce qu’il voit à l’écran n’est peut-être que le songe éveillé de Noodles ?
 
Points Négatifs :
- A moins de détester les films de gangsters, je ne vois pas quels défauts on peut trouver à ce film ?
- L’intrigue, ici, n’est pas présentée dans l’ordre chronologique et il se peut que certains aient un peu de mal avec ce choix narratif, même si, reconnaissons le, l’histoire en elle-même soit assez simple à suivre.
 
Ma note : 10/10

mardi 7 janvier 2025

Jackie Brown


Jackie Brown
 
Jacqueline « Jackie » Brown est une hôtesse de l'air dans une petite compagnie mexicaine. Pour arrondir ses fins de mois, elle sert de passeuse du Mexique aux États-Unis pour un trafiquant d'armes, Ordell Robbie. Elle emporte dans ses bagages de l'argent liquide pour le compte de ce truand. Ordell apprend qu'un autre de ses passeurs, Beaumont Livingston, est arrêté. Pensant que Livingston va fournir des informations à la police pour éviter la prison, Ordell s'arrange pour le faire libérer sous caution par le chargé de caution Max Cherry, puis il met Livingston dans une voiture et l'assassine. Beaumont, ayant partagé des informations avec la police, un comité d'accueil intercepte Jackie à l'aéroport de Los Angeles : un agent de l'ATF, Ray Nicolette accompagné d'un policier du LAPPD, Mark Dagus. Jackie revient du Mexique avec de l'argent liquide qui appartient à Ordell et 50 grammes de cocaïne dont Jackie ignoré l'existence pour cette dernière. Ils espèrent obtenir son aide pour piéger le trafiquant. Initialement, Jackie refuse de coopérer et elle est envoyée en prion pour possession de stupéfiant dans le but d'en faire commerce. Ordell estime que Jackie peut devenir une menace pour lui pouvant devenir informateur, Ordell s'arrange pour la faire libérer sous caution.
 

Jackie Brown
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino, d'après le roman Punch Créole d'Elmore Leonard
Musique : Divers artistes
Production : A Band Apart, Miramax Films
Genre : Policier, Drame, Gangsters, Blaxploitation
Titre en vo : Jackie Brown
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 25 décembre 1997
Durée : 154 mn
 
Casting :
Pam Grier : Jacqueline « Jackie » Brown
Samuel L. Jackson : Ordell Robbie
Robert Forster : Max Cherry
Bridget Fonda : Melanie
Michael Keaton : Ray Nicolette
Robert De Niro : Louis Gara
Michael Bowen : Mark Dargus
Chris Tucker : Beaumont Livingston
Lisa Gay Hamilton : Sheronda
Sid Haig : le juge
Hattie Winston : Simone
Tom Lister, Jr. : Winston
Quentin Tarantino : la voix du répondeur téléphonique de Jackie
Denise Crosby : Avocat commis d'office
Helmut Berger : Nanni Vitali
Marissa Mell : Giuliana Caroli
Council Cargle : Drew Sheppard
Tony Curtis : lui-même
 
Mon avis :
 Après Reservoir Dogs puis le cultissime Pulp Fiction, œuvre qui fit beaucoup pour la renommée d’un certain Quentin Tarantino, il est grand temps de m’attaquer à un autre long métrage de l’excellente filmographique du fantasque réalisateur américain, Jackie Brown. Bon, déjà, pour être tout à fait franc et presque trois décennies après sa sortie au cinéma, je dois avouer que ce ne fut bien plus tard que j’ai eu l’occasion de voir ce film ; les raisons, bien entendu, sont multiples mais comme j’ai eu l’occasion de le dire sur ce blog, au départ, je n’étais pas très attiré par le sieur Tarantino et ne m’y suis véritablement intéresser que sur le tard. Honte sur moi, bien sur, quoi que, du coup, cela me permet, encore aujourd’hui, de découvrir des œuvres vue et archivues par la majorité des gens, comme quoi, il y a toujours un point positif a retirer de ma bêtise initiale. Et justement, puisque je vous parle de points positifs, force est de constater que ce Jackie Brown en fourmille car oui, et comme certains le savent très bien depuis belle lurette, les aventures de cette hôtesse de l’air qui réussit à arnaquer a la fois trafiquants et policiers sont une formidable réussite. Déjà, pour l’ambiance générale qui se dégage de ce long métrage : dialogues savoureux (à voir en vo bien entendu), personnages hauts en couleur, bande originale omniprésente et parfaitement représentante d’une époque, les années 70, et d’un style désuet depuis longtemps, cette fameuse Blaxploitation dont la savoureuse Pam Grier, formidable ici, en était l’une des plus belles égéries. Car bien entendu, à chaque film de Tarantino nous avons droit a son hommage personnel et après les films de gangsters dans Pulp Fiction et les films d’arts martiaux dans Kill Bill – Volume 1, dans Jackie Brown, c’est la Blaxploitation qui est mis a l’honneur, genre cinématographique qui, dans les années 70, revalorisa enfin le rôle des noirs sur grand écran, les acteurs et actrices de couleur ayant enfin droit a des rôles majeurs. Et, forcément, histoire de pousser l’hommage jusqu’au bout, Tarantino donna a Pam Grier, ancienne gloire du genre, l’occasion de revenir sur le devant de la scène, et que de fort belle manière d’ailleurs… Car que l’on soit adepte ou pas des films de Tarantino (et encore, ici, le déroulement scénaristique se fait dans l’ordre donc, du coup, il est plus facile a suivre), comment ne pas reconnaitre que dans ce Jackie Brown, Pam Grier brille de milles feux !? La quarantaine rayonnante, comme le dit, au cours de l’intrigue, Robert Forster, complètement sous le charme et, accessoirement, lui aussi acteur sur le retour, Pam Grier est tout simplement excellente et on ne voit quasiment qu’elle dans ce film, et ce, alors que, le reste du casting, Samuel L. Jackson en tête, est lui aussi fortement inspiré, c’est pour dire… Indéniablement, pour moi, Jackie Brown n’est pas le meilleur film de Tarantino – j’ai vraiment une préférence pour le dytique Kill Bill – mais il n’en est pas loin : savoureux, captivant, dosé d’un certain humour, moins violent que d’autres productions du maitre, il nous démontre que même avec une intrigue pour le moins simple – après tout, c’est juste une arnaque – Tarantino réussit le tour de force de sublimer le tout, mais cela, bien entendu, ce n’est plus une surprise depuis longtemps…
 

Points Positifs
 :
- De toutes façons, à un moment donné, je pense que les choses sont claires : il y a-t-il un mauvais film de Tarantino ? Eh bien c’est non, tout simplement. Et plus que cela, tous ces films sont des bons voir de très bons films, et cela, ce n’est pas donné a tous les réalisateurs ; du coup, ce Jackie Brown ne vient que confirmer tout cela, une fois de plus.
- Au sein d’un casting exceptionnel – mine de rien, il y a  Samuel L. Jackson, Robert de Niro, Robert Forster, Michael Keaton – et au top, Pam Grier réussi l’exploit d’être au dessus de tout le monde. Bien sur, le film est basé sur elle et la met en avant, cependant, briller de milles feux de cette façon alors que les autres sont excellents, ce n’était pas si évidant a la base…
- Bien entendu, on retrouve tous les éléments qui font la force du cinéma de Tarantino comme les dialogues, une certaine dose d’humour, certaines situations ubuesques, des personnages hauts en couleurs même quand ils sont complètement paumés (sur ce point, De Niro excelle), une bande son qui colle a l’intrigue et, principalement, ce qui ressort le plus a chaque fois, la manière dont le réalisateur traite d’un genre et qui ressemble presque a de l’amour…
- Un bel hommage a un genre, la Blaxploitation, très peu connu sous nos latitudes.
- Histoire a priori simple – il s’agit d’une arnaque – mais captivante au possible.
- Ici, l’intrigue est proposée dans l’ordre de son déroulement scénaristique, donc, vous ne pourrez pas dire que vous allez vous perdre…
 
Points Négatifs :
- Peut-être justement le fait que l’histoire soit un peu trop simple. Bien sur, Tarantino en tire le meilleur mais ce n’est qu’une arnaque après tout…
- Jackie Brown dure près de deux heures et demie et, curieusement, j’ai eu la sensation vers la fin qu’il manquait quelque chose ?! Trop court ? Hum, ce n’est peut-être qu’une impression ?!
 
Ma note : 9/10