Affichage des articles dont le libellé est Kevin O'Neill. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Kevin O'Neill. Afficher tous les articles

lundi 30 juin 2025

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – La Tempête


La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – La Tempête
 
Après les divers évènements qui ont marqué la League, Mina Murray, Orlando et Emma Night fuient en passant par la fontaine de jouvence de la cité perdue de Kor. Leur objectif est de rejoindre l'île de Lincoln ou s'est réfugié Jack, le dernier Nemo. En parallèle, Bond qui dirige dorénavant le MI5, est toujours à la recherche d'Emma, il apprend l'existence de Kor ou il se rend afin de redevenir lui aussi jeune et immortel, puis il détruit la fontaine ! Dans le Dossier Noir, il découvre le Blazing World ou se sont progressivement réfugiés toutes les créatures fantastiques, au fil des siècles ! Encore une fois, il prend la décision de détruire l'île. Pendant ce temps Satin, qui vient du futur avec comme objectif d'empêcher une catastrophe sur Terre qui aura des répercutions jusqu’à Mars, retrouve son ancien camarade des Seven Stars, Marsman, pour tenter d'empêcher le pire… Ils entreprennent de retrouver leur ami Vull…
 

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – La Tempête
Scénario : Alan Moore
Dessins : Kevin O'Neill
Encrage : Kevin O'Neill
Couleurs : Ben Dimagmaliw
Couverture : Kevin O'Neill
Genre : Super-héros, Fantastique, Etrange
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The League of Extraordinary Gentlemen – The Tempest
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Parution : 07 janvier 2020
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 04 mars 2020
Nombre de pages : 224
 
Liste des épisodes
The League of Extraordinary Gentlemen – The Tempest 1-6
 
Mon avis : 
Oui, j’ose, j’affirme, je le crie sur tous les toits, La Tempête, dernier volet de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, est, sans aucune discussion possible, un pur chef d’œuvre, quelque chose d’énorme, de parfait de bout en bout et qui, plus de deux décennies après les débuts d’une saga décidément pas comme les autres, aura confirmer, de fort belle manière, non seulement pourquoi celle-ci fut l’une des plus importantes de ces vingt dernières années, mais aussi, a quel point le sieur Alan Moore, toujours accompagner d’une main de maitre, aux dessins, par un Kevin O’Neill en état de grâce, est un génie, indéniablement, le plus grand auteur de comics qu’il m’a été donné de connaitre, et ce, de loin, de très loin ! Bien entendu, nombreux seront celles et ceux qui seront en total désaccord avec moi, qui affirmeront, selon eux, que Moore n’aura jamais été aussi prétentieux, aussi illisible et que La Tempête n’aura été que la confirmation que cet ancien génie n’est plus que l’ombre de lui-même, ne cessant de s’autoparodier, encore et encore, son style, ses œuvres, ne plaisant plus qu’a un public tout aussi prétentieux. Cet avis est le leur et comme tous les gouts sont dans la nature, j’en prends acte, cependant, je ne peux être d’accord et je persiste et signe : oui, mille fois oui, La Tempête est une œuvre exceptionnelle et oui, elle conclut à merveille une saga qui, depuis ses débuts, aura sut choisir son public, c’est-à-dire, un lectorat que l’on peut qualifier de plus connaisseur que la moyenne, qui sait que les comics ne sont qu’un genre parmi tant d’autres, que ceux-ci ont une histoire, bien plus longue qu’on pourrait l’imaginer et que, surtout, celle-ci, encore de nos jours, s’inscrit au sein d’une pop culture bien plus vaste qui, dans les grandes lignes, va de la musique au cinéma en passant par la littérature, le sport, le théâtre, les séries, etc. Ainsi, depuis ses débuts, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires est un formidable mélange des genres où Moore fait cohabiter tout un tas de protagonistes issus de divers médias de la culture mondiale et où, par la force des choses, les références se multiplient à l’infini, l’auteur nous en distillant tellement que, en toute franchise, rares sont ceux qui sont capables de toutes les notées – plusieurs lectures étant nécessaires, et encore. Ainsi, dans La Tempête, nous avons droit à tellement de références culturelles, tellement d’hommages, que certains crieront au génie, d’autres prendront leurs jambes à leur coup. Bref, une œuvre à ne pas mettre entre toutes les mains, qui n’est absolument pas grand public mais qui n’en reste pas moins un incontournable, surtout pour celles et ceux qui apprécient les comics d’Alan Moore et qui, ma foi, osons le dire, ne se satisfassent pas uniquement des productions bêtasses de chez Marvel. Un chef d’œuvre, donc, en guise de conclusion pour une saga quasiment parfaite de bout en bout et qui, ma foi, me manquera, mais bon, quelque part, mieux vaut finir en beauté que de tomber dans la médiocrité, lot commun de tellement de séries…
 

Points Positifs
 :
- La conclusion parfaite d’une œuvre qui, depuis ses débuts, il y a une vingtaine d’années, nous aura prouver que l’on peut encore être original dans l’univers des comics mais aussi, que l’on peut nous proposer un formidable mélange des genres, de tous les genres de la pop culture, ce, avec talent. Bref, si vous êtes fans de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires depuis ses débuts, La Tempête sera la conclusion que vous attendiez, c’est-à-dire, à la hauteur de vos espérances !
- Les références, bien sur, très nombreuses, plus nombreuses encore que d’habitude et qui jalonnent toutes les pages de cet album. Bien évidement, bien malin celui qui les découvrira toutes et il faudra moult relectures et bien des connaissances pour espérer y parvenir…
- Malgré toutes ces références et le coté élitiste de la chose, Alan Moore reste un auteur accessible dans son propos, finalement, bien davantage qu’un Grant Morrison que j’apprécie pourtant beaucoup.
- Un des plus beaux hommages qu’il m’a été donné de lire a l’univers des comics mais aussi, a ses hommes et ses femmes de l’ombre qui ont fait de lui ce qu’il est devenu.
- Le style de Kevin O’Neill est particulier, mais quant on y est habitué, force est de constater que celui-ci est plutôt plaisant, de plus, dans cet album, l’artiste alterne lui aussi les genres et il faut reconnaitre qu’il s’en sort fort bien et que c’est un pur régal que de passer a des planches conventionnelles a d’autres qui flirtent bon les pulps d’autrefois, les comics d’horreur, les passages en 3D, etc.
- Une couverture dans la lignée des précédentes de la saga mais qui n’en reste pas moins parfaite dans son style inimitable.
 
Points Négatifs :
- J’adore les œuvres bourrées de références mais le problème avec Moore, c’est qu’avec lui, à moins d’être britannique et, accessoirement, d’une intelligence et d’une culture supérieure, il est impossible de toutes les comprendre. Bref, vous l’avez compris, La Tempête est, comme le reste de la série, une œuvre élitiste qui fera fuir la plupart des lecteurs…
 
Ma note : 9/10

dimanche 22 juin 2025

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Nemo


La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Nemo
 
En 1925, sur les quais de New-York, Janni Dakkar, fille du capitaine Nemo, et ses hommes du Nautilus dérobent les biens de la reine de Kôr, une principauté d'Afrique centrale. La souveraine particulièrement en colère et mandate un magnat de l'édition pour qu'il récupère tout cela. Ce dernier engage trois aventuriers connus pour leur génie de l'invention afin qu'ils mettent la main sur la fille de Nemo, qui en a d'ailleurs assez de jouer les pirates et n'a qu'une idée en tête : faire mieux que son père. Pour cela, elle se met en tête de réussir là où Nemo a échoué, dans la traversée de l'Antarctique. Sur le continent glacé, une course poursuite entre les membres du Nautilus et les mercenaires engagés par la reine Kôr se dessine...
 

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Nemo
Scénario : Alan Moore
Dessins : Kevin O'Neill
Encrage : Kevin O'Neill
Couleurs : Ben Dimagmaliw
Couverture : Kevin O'Neill
Genre : Super-héros, Fantastique, Etrange
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The League of Extraordinary Gentlemen – Nemo
Pays d’origine : Angleterre, Etats-Unis
Parution : 12 mars 2013
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 30 septembre 2020
Nombre de pages : 176
 
Liste des épisodes
The League of Extraordinary Gentlemen – Nemo – Heart of Ice
The League of Extraordinary Gentlemen – Nemo – The Roses of Berlin
The League of Extraordinary Gentlemen – Nemo – River of Ghosts
 
Mon avis :
 Paru au début des années 2000, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires du génial, loufoque et inimitable Alan Moore est non seulement l’une de ses œuvres les plus célèbres mais aussi celle qui connut le plus de suites. Ainsi, entre Le Dossier Noir ou Century, j’ai déjà eu l’occasion de vous parler de certaines d’entre elles sur ce blog. Cependant, comme je l’avais souligné auparavant, ce n’était pas tout à fait finit et, justement, aujourd’hui, il est temps que je m’attaque à la fameuse trilogie Nemo, une mini-série qui, comme Century, est paru en un seul album, un énième volet des aventures de la Ligue qui, vous vous en doutez, s’avère être indispensable pour les fans de celle-ci, même si, il faut le reconnaitre, qualitativement parlant, c’est peut-être le volet le moins aboutit de la saga. Sans grande surprise, donc, et comme son nom l’indique, Nemo nous permet de suivre la vie de la fille du célèbre capitaine, une certaine Janni Dakkar dont on avait découvert les débuts dans Century 1909, première partie de Century. Désormais sur les traces de son père, un peu malgré elle, la nouvelle capitaine du Nautilus va, au long des décennies, connaitre bien des aventures et nous entrainera de l’exploration d’une cité perdue en Antarctique qui renvoie, naturellement, à l’une des plus célèbres nouvelles du grand Howard Phillips Lovecraft, Les Montagnes Hallucinées, a la jungle amazonienne où l’on retrouve des nazis qui flirtent allègrement avec les séries Z – voir érotiques – des années 70, en passant, naturellement, par la Seconde Guerre Mondiale et la réplique d’un Berlin qui nous rappelle le Metropolis de Fritz Lang. Dans sa structure, Nemo renvoi bien entendu à Century, les deux œuvres étant faites, grosso modo, dans le même moule, de plus, Alan Moore oblige, nous avons droit, une fois de plus, à un florilège de références culturelles qui seront parfaitement identifiables pour les connaisseurs mais qui risquent d’en perdre plus d’un. Cependant, malgré tout le savoir faire du sieur Moore, il faut reconnaitre que ce Nemo fonctionne un peu moins bien que Century et même s’il est loin d’être mauvais – loin de moi une telle idée qui ne serait qu’une pure hérésie – il est clair que la magie, ici, est un peu moins au rendez vous. Quoi qu’il en soit, si vous êtes fan de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, la lecture de Nemo n’en reste pas moins indispensable : d’abord, car vous serez ravis de retrouver un univers toujours aussi captivant, ensuite, parce que ce nouveau volet est indispensable pour comprendre la suite mais aussi, ne l’oublions pas, car, Moore oblige, même quand celui-ci est un peu moins en forme, il est encore capable de nous pondre un truc énorme, inclassable et qui, ma foi, mérite le détour, et cela, ma foi, ce n’est pas donné à tout le monde…
 

Points Positifs
 :
- Le plaisir de retrouver un univers, celui de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, qui est peut-être l’un des plus réussis parmi toutes les créations d’Alan Moore, surtout que, si dans Century et Le Dossier Noir, on savait ce qu’il était advenu de Mina Murray et Quatermain, la fille de Nemo était un peu perdue de vue…
- Alan Moore oblige, nous avons droit, comme de coutume, à un florilège de références culturelles où l’on retrouve, dans le désordre, Lovecraft, Fritz Lang, Metropolis, Le Dictateur, les films – érotiques ou non – sur les nazis survivants qui étaient à la mode pendant les années 70 comme le classique qu’est Ces Garçons qui venaient du Brésil et tout un tas d’autres…
- Si Janni Dakkar ne possède bien évidement pas le charisme de son père, le Capitaine Nemo, force est de constater qu’elle est loin d’être inintéressante, loin de là.
- Cœur de Glace et Les Roses de Berlin sont franchement excellents !
- Pour ce qui est des dessins, on reste en terrain familier avec un Kevin O'Neill égal a lui-même, c’est-à-dire, excellent même s’il possède un style pour le moins particulier de prime abord…
 
Points Négatifs :
- Même si Nemo, dans l’ensemble, est plutôt réussi, il faut reconnaitre que celui-ci est peut-être le volet le moins aboutit de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires…
- Fleuve de Fantômes est un peu décevant, malgré quelques bonnes idées.
- Euh, je l’aime bien Kevin O'Neill mais tout de même, par moments, il y a de quoi être perplexe avec certaines planches : ainsi, elle fait vachement jeune la fille de Janni dans le dernier volet alors qu’elle est censée approcher de la cinquantaine…
- Le problème avec ce Nemo ou, dans un sens plus large, une œuvre de Moore en général, c’est que, vu la complexité de la chose, sa folie, on adhère totalement ou pas du tout : ici, pas de demi-mesure et certains fuiront le plus loin possible ce qu’ils estimeront être un truc complètement incompréhensible !
 
Ma note : 7,5/10

mardi 17 juin 2025

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Century


La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Century
 
Dans les arcanes du British Muséum, en 1910, Thomas Carnacki, détective spécialiste de l’étrange, est assailli par des cauchemars et des visions mêlant ésotérisme et apocalypse. Il y est question « d’un enfant de lune », mystérieux objet susceptible de faire plonger le monde dans l’âge des ténèbres. Réveillé en sursaut, les autres membres de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires le rejoignent : Mina Murray, Quatermain junior, A.J. Raffles, et Orlando. Ces rêves prémonitoires inquiètent la fine équipe remobilisée à l’occasion par Miss Murray. Les services secrets anglais, en la personne de Mycroft Holmes, confient une nouvelle mission à la ligue : retrouver le gourou de la secte occulte dont à rêvé Carnacki, et l’empêcher de mettre en œuvre son plan diabolique : anéantir l’humanité…
 

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Century
Scénario : Alan Moore
Dessins : Kevin O'Neill
Encrage : Kevin O'Neill
Couleurs : Ben Dimagmaliw
Couverture : Kevin O'Neill
Genre : Super-héros, Fantastique, Etrange
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The League of Extraordinary Gentlemen – Century
Pays d’origine : Angleterre, Etats-Unis
Parution : 10 juillet 2010
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 24 novembre 2021
Nombre de pages : 256
 
Liste des épisodes
The League of Extraordinary Gentlemen – Century 1910
The League of Extraordinary Gentlemen – Century 1969
The League of Extraordinary Gentlemen – Century 2009
 
Mon avis :
 Il est, bien entendu, inutile de présenter le sieur Alan Moore, génial et loufoque scénariste britannique qui, en son temps, nous a offert des œuvres aussi marquantes et originales que Watchmen ou La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, et, puisque je cite cette dernière, c’est celle-ci qui nous préoccupe à présent puisque, après avoir lu Le Dossier Noir, suite de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, j’aborde un autre volet de cette saga, Century, mini-série en trois parties, chacune s’intéressant a une période donnée des aventures de la Ligue. Regroupé ici dans un seul et unique album, les trois volets de Century, 1910, 1969 et 2009 sont, sans grande surprise, il faut le reconnaitre, dans la lignée de leurs prédécesseurs, mais aussi, dans un sens plus large, dans celle des nombreuses créations du sieur Alan Moore. Ainsi, dans cet album, on retrouve, sur trois époques différentes, la suite des aventures des membres de la Ligue qui ont affaire à une secte occulte dont le but est de faire naitre ni plus ni moins que l’Antéchrist en personne, et, ma foi, force est de constater que c’est toujours aussi efficace ! Naturellement, le lecteur qui aura lu et apprécier le premier volet de la Ligue sera en terrain familier puisqu’on y retrouve certaines figures connues ou, du moins, plus ou moins en rapport avec ceux-ci : Mina, Alain Quatermain Jr, un Nemo vieillissant, la fille de ce dernier – qui, pour la petite histoire, aura droit, elle aussi, à sa propre trilogie par la suite dans un certain Nemo – ainsi que quelques nouveaux protagonistes dont le plus important est, bien entendu, Orlando, curieuse créature immortelle à la fois homme, à la fois femme et qui, après avoir traversé les siècles, est désormais le nouveau membre d’une Ligue bien différente de celle du premier volet puisque seuls subsistent Mina et Alain Quatermain Jr. Naturellement, les figures marquantes de la Ligue originale manquent un peu, cependant, fort heureusement, le talent et la folie d’Alan Moore, toujours aussi génial, toujours aussi loufoque, font passer la pilule et l’on adhère facilement à cette traversée du vingtième siècle qui nous propose un scénario bourré de bonnes idées et de multiples références culturelles – comme il est de coutume avec Moore – et qui, de ce début de vingtième siècle où la fille de Nemo fait parler d’elle pour la toute première fois au début du vingt-et-unième où nos héros ont affaire à un Antéchrist qui ressemble fortement à Harry Potter en passant par les années 60 et un groupe qui nous rappelle les Rolling Stones, le lecteur va, une fois de plus, en prendre plein les yeux – naturellement, Kevin O'Neill est aux dessins – mais aussi et surtout, être captiver comme jamais par un récit hors-norme qui permet, de la plus belle des manière, de prolonger l’existence de cette équipe décidément, pas comme les autres !
 

Points Positifs
 :
- Le plaisir de replonger une fois de plus dans l’univers original de ce qui est l’une des œuvres les plus cultes du génialissime Alan Moore. Du coup, on se plait à retrouver certains personnages, apprendre ce qu’il est advenu des absents, l’évolution du monde depuis la fin du premier album, ainsi que, bien évidement, la curiosité de la découverte des nouvelles figures.
- Un scénario toujours aussi complexe mais génial ! Ainsi, au fil des décennies, nos héros vont avoir affaire à une secte occulte et un sorcier qui change de corps comme de chemise et dont le but et de faire naitre l’Antéchrist. Mais ceci n’est que le fil rouge principal auquel s’ajoute tout un tas de sous-intrigues tout aussi captivantes.
- Alan Moore se plait une fois de plus à user de moult références à la culture historique ou populaire du XXème siècle. Ainsi, tout au long des trois parties de Century, on retrouve, pèle mêle, des références au mouvement occultiste, a l’âge d’or des super-héros, aux Rolling Stones – d’ailleurs, la façon dont Alan Moore parodie ceux-ci et plus particulièrement Mick Jagger est un vrai régal – le concert hommage à Brian Jones à Hyde Park, Dr Who, James Bond – et pourquoi ce dernier change d’identité au fil des ans, fallait y penser – mais aussi Harry Potter, Mary Poppins, sans oublier, l’hommage à L'Opéra de quat'sous…
- La mise en avant d’Orlando, nouveau membre de la Ligue et qui est un protagoniste loufoque mais franchement réussi.
- L’importance prise par la fille de Nemo dont on suit l’évolution en filigrane du scénario principal et qui aura droit, par la suite, à sa propre trilogie.
- Moore aura fait baver son trio de héros – Mina, Orlando et Quatermain – et, mine de rien, jamais ces derniers n’auront été autant au trente-sixième dessous, cependant, du coup, ils n’ont jamais été aussi attachants, humains…
- Un petit brulot d’un auteur désabusé sur notre époque actuelle, la société du spectacle et la pauvreté flagrante de sa culture.
- Pour ce qui est de la partie graphique, on reste en terrain familier avec un Kevin O'Neill égal a lui-même.
 
Points Négatifs :
- Le problème avec une œuvre comme Century ou, dans un sens plus large, une œuvre de Moore en général, c’est que vu la complexité de la chose, sa folie, on adhère ou pas : ici, pas de demi-mesure et certains fuiront le plus loin possible ce qu’ils estimeront être un truc incompréhensible et cérébral du genre des trucs qui passent sur Arte…
- Un casting moins sexy que le précédent : il faut dire qu’il était difficile de remplacer des têtes d’affiches comme Némo, Quatermain (quoi que), l’Homme Invisible ou Mr Hyde.
- Seul Alan Moore pouvait s’inspirer de L'Opéra de quat'sous dans l’une de ses œuvres, c’est une bonne idée, par contre, ce n’est pas évidant a la lecture par moments.
- Les fans d’Harry Potter n’auront pas aimé que Moore s’en prenne à leur icone sacrée.
 
Ma note : 8,5/10

samedi 14 juin 2025

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Le Dossier Noir


La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Le Dossier Noir
 
Une nuit de 1958 à Bayswater Road à Londres, un type en costard, plutôt bel homme, rentre dans un bar et commande un verre. Accoudée au comptoir à côté de lui, il observe une jeune femme blonde et très attirante. Jimmy essaie d'engager la conversation mais celle-ci fuit, faisant fi des tentatives d'approche de son vis à vis. Elle quitte ensuite l'établissement, suivie de près par Jimmy, qui lui avoue être un agent secret. Pour l'impressionner, il la conduit dans le quartier général du renseignement militaire. L'endroit est en travaux et il n'y a personne. Jimmy profite de cet instant pour avoir des gestes déplacés vis à vis de la jeune femme. Heureusement, un autre individu les a suivi discrètement et assomme Jimmy. Allan Quatermain aime jouer les sauveurs, surtout lorsque la victime n'est autre que Minna Murray. Les deux membres de la défunte ligue des gentlemen extraordinaires cherchent le dossier noir, des documents contenant des réponses qu'ils cherchent désespérément depuis fort longtemps...
 

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Le Dossier Noir
Scénario : Alan Moore
Dessins : Kevin O'Neill
Encrage : Kevin O'Neill
Couleurs : Ben Dimagmaliw
Couverture : Kevin O'Neill
Genre : Super-héros, Fantastique, Etrange
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The League of Extraordinary Gentlemen – Black Dossier
Pays d’origine : Angleterre, Etats-Unis
Parution : 14 novembre 2007
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 16 octobre 2013
Nombre de pages : 216
 
Liste des épisodes
The League of Extraordinary Gentlemen – Black Dossier
 
Mon avis :
 Il faut reconnaitre que, avec La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, le duo composé d’Alan Moore au scénario et de Kevin O’Neill aux dessins, a sut nous offrir ce qui restera comme étant l’un des comics les plus marquants de ces vingt dernières années, une œuvre culte pour beaucoup, d’une richesse impressionnante et dont la complexité, ne le nions pas, en aura fait fuir plus d’un. Cependant, en dehors de la bande dessinée originale, paru au tournant des années 2000, La Ligue connut quelques suites : Century, Nemo, mais aussi, le fameux Dossier Noir, véritable Bible de l’univers de la création de Moore et d’O’Neill. Car oui, dans le cas présent, nous ne pouvons pas parler de BD a proprement parlée car si celle-ci n’est pas totalement absente de cet album, avant toute chose, et comme son nom l’indique, Le Dossier Noir est un dossier, un rapport que nos héros, Mina et Allan, récupèrent au sein des services secrets britanniques et découvrent, au même temps que le lecteur, au fil des pages. Le résultat, plutôt étonnant, parait de prime abord être un sacré fourre tout où l’on retrouve un peu tout et n’importe quoi, ce qui, là-aussi, en fera fuir plus d’un, pourtant, les familiers de la Ligue, eux, s’ils s’accrochent, comprendront tous les liens existants entre ces fausses pièces de théâtre, ces longues pages de texte, ces cartes postales, ces textes écrits « a la manière de » (celui de Jack Kerouac est d’ailleurs un véritable défit), ces passages en 3D – les lunettes sont fournies avec – et ces centaines de références, des plus évidentes aux plus obscures, qui enrichissent indéniablement l’univers oh combien complexe crée par Alan Moore et où l’on retrouvera, pèle mêle, les œuvres de Lovecraft, 1984, James Bond, William Shakespeare, Chapeau Melon et Bottes de Cuir, Metropolis, Fantomas, Jules Verne, Jack Kerouac et bien d’autres encore – d’ailleurs, ces références sont tellement nombreuses que bien peut de lecteurs les saisiront toutes. Bien évidement, devant la complexité de la chose, certains estimeront qu’Alan Moore a peut-être exagéré et il est clair que, par moments, la lecture n’est pas évidente, mais bon, il me semble évidant que Le Dossier Noir n’est pas une œuvre commune, qu’il faut savoir prendre son temps pour la lire et que, pourquoi le cacher, sans un certain bagage culturel derrière, c’est tout simplement impossible de s’y plonger. Alors, une œuvre élitiste que ce Dossier Noir ? Hum, oui et non, disons plutôt qu’il s’agit d’un album très exigeant, qui n’est pas destiné a tout le monde mais qui, pour peu que l’on s’accroche et que l’on soit fan des fameux Gentlemen Extraordinaires, vaut vraiment le coup, ne serais-ce que pour sa richesse et son coté inclassable !
 

Points Positifs
 :
- Il est clair que La Ligue des Gentlemen Extraordinaires et ses suites étaient déjà, en soit, des œuvres particulières et pas faciles d’accès, cependant, avec Le Dossier Noir, Alan Moore franchit encore un palier dans la complexité et nous offre une véritable encyclopédie de l’univers qu’il a crée mais a sa manière, c’est-à-dire, en mariant les genres, les styles d’écriture, ce qui donne, au final, une œuvre complètement inclassable, presque folle par certains cotés.
- La facilité avec lequel l’auteur alterne entre les styles et saute de la BD pure a la pièce de théâtre en passant par de longs passages écrits, des publicités, des cartes postales et même une nouvelle écrite « a la manière de » Jack Kerouac. D’ailleurs, pour ce qui est de cette dernière, chapeau bas à Alan Moore pour son imitation oh combien réussie.
- Les références, bien sur, très nombreuses, et qui jalonnent toutes les pages de cet album. Bien évidement, bien malin celui qui les découvrira toutes !
- Le Dossier Noir vient apporte la touche finale de crédibilité a un univers fort original, légèrement barré par moments, et ce, en faisant moult révélations sur celui-ci : histoire, sort de certains membres de la Ligue, etc.
- Le style de Kevin O’Neill est particulier, mais quant on y est habitué, force est de constater que celui-ci est plutôt plaisant, de plus, dans cet album, l’artiste alterne lui aussi les genres et il faut reconnaitre qu’il s’en sort fort bien sur certaines planches – le plus étonnant étant bien évidement les dernières pages, en 3D.
 
Points Négatifs :
- Même en étant fan de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, il faut reconnaitre que certains passages sont pour le moins ardus a lire, je pense principalement a celui où Moore se prend pour Jack Kerouac car s’il représente bel et bien une réussite en tant que figure de style, allez donc y comprendre quelque chose, voir, tout bonnement, ne pas abandonner en court de route !
- J’adore les œuvres bourrées de références mais le problème avec Moore, c’est qu’avec lui, à moins d’être britannique et, accessoirement, d’une intelligence et d’une culture supérieure, il est impossible de toutes les comprendre.
- Les gouts et les couleurs ne se discutent pas et si vous n’êtes pas fan de Kevin O’Neill, vu son style tout de même particulier…
- Certains trouveront incontestablement que tout cela n’est que le délire d’un vieux égocentrique où l’on trouve tout et n’importe quoi et fuiront cet album en courant…
 
Ma note : 8,5/10

dimanche 8 juin 2025

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires


La Ligue des Gentlemen Extraordinaires
 
1898. Mina Murray, ex-victime du comte Dracula, divorcée de son mari Jonathan Harker, est chargée par les services secrets britanniques de retrouver plusieurs hommes « étonnants », qu’elle doit convaincre de lutter ensemble contre les dangers nombreux et toujours plus aberrants qui menacent la couronne, à l’aube du XXème Siècle, ère de tous les dangers humains et scientifiques. Elle est aidée dans sa tâche par le mystérieux et impitoyable capitaine Némo, dont le sous-marin, le Nautilus, va la conduire à travers le monde. En Egypte tout d’abord, pour retrouver Allan Quatermain, célèbre chasseur et explorateur, psychiquement et physiquement anéanti par la drogue. À Paris, ensuite, où sévit une terrifiante créature mi-homme, mi-bête, tueuse de prostituées. Et pour finir... dans une institution anglaise, dont les jeunes pensionnaires semblent victimes d’un violeur invisible...
 

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires
Scénario : Alan Moore
Dessins : Kevin O'Neill
Encrage : Kevin O'Neill
Couleurs : Ben Dimagmaliw
Couverture : Kevin O'Neill
Genre : Super-héros, Fantastique, Etrange
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The League of Extraordinary Gentlemen
Pays d’origine : Angleterre, Etats-Unis
Parution : Janvier 1999 – Novembre 2003
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 09 janvier 2013
Nombre de pages : 416
 
Liste des épisodes
The League of Extraordinary Gentlemen 1 – 1-6
The League of Extraordinary Gentlemen 2 – 1-6
 
Mon avis :
 Les choses sont souvent mal faites et, justement, dans le cas qui nous préoccupe à présent, il est tout de même dommage que lorsque, sur Google, on tape La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, il apparaisse en premier lieu des photos du film qui est, au demeurant, un navet que l’on peut qualifier, sans exagération aucune, de monumental, plutôt que des images de la bande dessinée, œuvre bien plus excitante, comme le savent si bien les connaisseurs. Car bon, comment dire, si le film est bel et bien un plantage complet, au point même d’avoir dégouter définitivement Sean Connery du cinéma, c’est pour dire, il en est tout autrement de la BD. Œuvre du génial Alan Moore, auteur d’un certain Watchmen, paru il y a de cela, sensiblement, deux décennies, au tournant du siècle, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires est un comics culte pour beaucoup, et, d’un point de vu personnel, une œuvre que je souhaitais lire depuis longtemps. En effet, en partant d’un synopsis a la foi basique mais fort réussi, Moore nous narre les péripéties d’une équipe de super-héros (jusque là, rien d’original) dans l’Angleterre Victorienne (ah, ça c’est nouveau) et dont les membres sont des personnages de fiction bien connus puisqu’on y retrouve le Capitaine Némo, l’Homme Invisible, Mina Murray (Dracula), Allan Quatermain et le Docteur Jekyll et Mister Hyde. Une équipe hétéroclite, plutôt originale, et qui, dans un univers où se mêle réel et imaginaire avec un petit saupoudrage de Steampunk, doit affronter des adversaires eux aussi issus d’œuvres datant de la fin du XIXème siècle comme un certain Fu Manchu, le professeur Moriarty, voir carrément les martiens de La Guerre des Mondes, rien que ça ! Bref, un cocktail pour le moins détonnant où se bouscule moult références (sincèrement, a moins d’être britannique, vous ne les saisirez pas toutes) et qui devient très rapidement captivant, la patte scénaristique de Moore, toujours aussi anticonformiste, fonctionnant a plein régime. Ajoutons a cela les dessins de Kevin O'Neill qui peuvent choquer de prime abord mais qui s’avèrent très rapidement le complément idéal du synopsis de Moore et l’on obtient au final une œuvre franchement excellente et qui, de mon point de vu, justifie amplement tout le bien que j’ai put entendre a son sujet depuis des années. Petite cerise sur le gâteau pour finir : cette édition de Panini regroupe les deux premières saisons de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires et propose moult couvertures, dessins et récits liées a l’œuvre principal, bref, un fort beau produit comme on aimerait en voir plus souvent et qui représente une belle entrée en matière dans un univers riche et captivant.
 

Points Positifs
 :
- Bien entendu, nous avons ici affaire a une œuvre culte et sur laquelle tout a été dit ou presque. Après lecture de ces deux premières saisons de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, je ne peux que confirmer tout le bien dit au sujet de cette bande dessinée depuis une quinzaine d’années.
- L’utilisation, par Alan Moore, de personnages fictifs issus de la littérature de la fin du XIXème siècle fonctionne fort bien et cette équipe de super-héros avant l’heure a franchement de la gueule.
- Univers cohérant et réussi, personnages, intrigue, références multiples, par moments, ce melting-pot frôle l’overdose mais, heureusement, la sortie de route n’a pas lieue et la lecture de cette BD nous fait passer un fort bon moment.
- Le style de Kevin O'Neill peut laisser perplexe de prime abord mais, assez rapidement, on se prend a l’apprécier jusqu’au moment où ce dernier devient indissociable de l’œuvre.
- Une excellente intégrale que nous avons là et qui fourmille de couvertures, de dessins et même de deux récits type nouvelles du plus bel effet ; accessoirement, on a même droit a une… espèce de jeu de l’oie !
 
Points Négatifs :
- Là, nous touchons aux gouts de tout a chacun et si je pense qu’un tel univers me convient parfaitement, certains n’accrocheront pas a ce côté par moments fourre tout et assez complexe. De même, le style de Kevin O'Neill est assez spécial et risque de déplaire a ceux et celles qui préfèrent les dessinateurs plus conventionnels…
- Attention, j’ai aimé La Ligue des Gentlemen Extraordinaires mais, et cela est important de le rappeler, ce n’est pas un chef d’œuvre absolu comme Watchmen par exemple. Après, cela reste excellent mais je dis cela pour que certains ne se fassent pas une montagne de la chose et ne finissent par être déçus…
 
Ma note : 9/10